CHAPITRE 11. — MALADIES DES SOURCILS ET DES PAUPIERES
xmnolime tanière, quand il coexiste avec une tumeur suspecte sur un autre point de l'économie.
Article 5. — Milium et phlyetènes des paupières.
caractères atomiques et physiologiques.— Le milium est une petite tumeur qui occupe le bord libre de l'une ou de l'autre paupière, est grosse comme un grain de millet ou de chènevis, indolore, toujours stationnaire, et présente, renfermée dans une coque, pelliculaire blancbàtre, une matière sébacée plus ou moins consistante et ressemblant souvent à du riz bouilli. Nous avons vu un milium dont le contenu était malléable et analogue à de la cire; un autre nous offrit un concrément pierreux. Le milium n'occasionne habituellement aucune incommodité ; il peut toutefois gêner, quand, ce qui est rare, il froisse le bulbe, dans les mouvements de la paupière. Les tumeurs marginales des voiles palpébraux se présentent, dans d'autres cas, sous forme de vésicules délicates et remplies de sérosité (phlyetènes des paupières). Nous lisons dans des auteurs allemands qu'il peut y avoir des rapports de causalité entre ces petites ampoules et une affection hémorrhoïdale, opinion qui nous paraît singulièrement hasardée.
traitement. — Pour faire disparaître ces tumeurs, sans retour, il suffit de les fendre avec une aiguille à cataracte ou la lancette, d'en faire sortir le contenu et de réséquer l'enveloppe épidermique avec les ciseaux de Cooper. Il sera toujours prudent de toucher, avec la pierre infernale, le point qu'occupait le petit kyste, bien que des malades, chez lesquels cette précaution a été omise, aient le plus souvent guéri. Les productions sébacées, qui ressemblent au grain de millet et qu'on rencontre parfois encore sur la face cutanée des paupières, seront attaquées suivant le même mode.
Article 6. — Kystes et tumeurs tarsiennes des paupières.
Les tumeurs, désignées sous le nom de kystes ou de loupes des paupières, se montrent très-fréquemment dans la pratique. Elles sont superficielles ou souscutanées, profondes ou sous-musculaires.
caractères anatomiques et physiologiques. — 1° Kystes superficiels. — Infiniment moins communs que les tumeurs profondes, ils siègent presque constamment à la paupière supérieure. Vous reconnaîtrez que la production morbide est logée dans le tissu celluleux qui sépare la peau du muscle orbiculaire, à une protubérance arrondie, plus ou moins élastique, flottant sous le doigt. La laxité de ses connexions est parfois telle que la tumeur, fatiguée pendant quelques jours avec les doigts, se luxe au point qu'elle peut être refoulée vers l'arc supérieur de l'orbite. Rosas donne même le conseil d'avoir recours à ces tentatives préalables pour en faciliter l'extirpation. Il est encore un moyen de diagnostic différentiel qui peut être de quelque utilité. Invitez le malade à fermer énergiquemcnl les paupières, ou, si c'est un enfant, contemplez ces organes, pendant les Cris du jeune sujet. Il résulte des contractions de l'orbieulaire que la tumeur
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devient plus saillante, si elle esl sous-cutanée, tandis qu'elle s'aplatit, si elle es! placée derrière les libres «lu muscle. Sphériques ou ovalaîres, ne dépassanl que rarement, au maximum de leur développement, le volume d'un gros pois ou d'un noyau «le cerise, les kystes superficiels contiennent tantôt une substance aihéromateuse, stéatomateuse, etc., plus ou moins concrète, tantôt un fluide variable et quelquefois glaireux comme du blanc d'œuf. 11 peut arriver encore bien que très-rarement, qu'un foyer sanguin, épanché sous le tégument palpébral par suite de l'impression d'une cause traumatique, sollicite les lamelles voisines à un travail qui les tasse, les colle, les épaissit, leur ravit leur perméabilité, d'où la production d'une tumeur enkystée. Tel était le cas d'un soldat, dont parle Marc-Antoine Petit, et qui portait, depuis trois années, à la paupière supérieure, qui couvrait entièrement le globe, une tumeur indolente ayant pour origine l'explosion d'un caisson. Elle était grosse comme une amande et de couleur violacée. Petit extirpa le corps morbide, dans lequel il reconnut un kyste celluleux contenant un caillot de sang, puis affronta les lèvres de la plaie par trois points de suture. Dix jours après, la paupière jouissait de la liberté de ses mouvements.
2° Kystes profonds. — Les tumeurs développées sous le muscle palpébral produisent également une saillie vers la peau, mais ne jouissent en général d'aucune mobilité ou ne se prêtent qu'à des mouvements obscurs, car elles sont soudées au tarse, disposition qui leur a valu, de la part des Anglais, le nom de tumeurs tarsiennes des paupières. C'est la tumeur meïbomienne de M. Walton, l'adénite meïbomienne, de M. C. Bendz, le ebalazion de plusieurs auteurs (p. 857). Il est digne de remarque que les protubérances dont il s'agit surgissent presque constamment à une certaine distance du bord palpébral, tandis que le grêlon occupe le bord palpébral lui-même. Une circonstance qui fournit pour le traitement un indice utile, c'est que, si vous retournez la paupière affectée d'une tumeur tarsienne, vous trouverez fréquemment, sur la face interne du fibrocartilage, aux limites du mal, une portion de la conjonctive plus rouge que ne l'est le reste de cette membrane, phénomène que vous ne rencontrez pas quand vous avez affaire à une tumeur sous-cutanée, car la muqueuse offre alors, dans le point qui répond au kyste, sa coloration naturelle. Dans un grand nombre de cas, une tache jaunâtre ou une légère excavation existe au centre de la plaque injectée de la conjonctive palpébrale ; un stylet aigu, qui franchit cette tache ou la dépression, tombe immédiatement dans la cavité de la tumeur. Les phénomènes qui viennent d'être signalés ont été interprétés d'une double manière par les pathologistes. Pour Jœger père et d'autres praticiens, les productions qui nous occupent ont pris naissance dans la couche celluleuse qui unit le muscle orbiculaire au tarse, et le point jaunâtre qu'offre la face interne, de cet organe est la conséquence d'un amincissement partiel, d'une usure de son tissu, par suite de la compression qu'a exercée sur lui la masse morbide. Un grand nombre d'oculistes semblent se ranger aujourd'hui à l'opinion qui, considérant les glandes de Meïbomius comme enchâssées dans la substance propre du tarse (p. 21), envisage ces tumeurs comme une dégénérescence particulière d'un ou de plusieurs de ces follicules, condition associée à l'obstruction de leurs orifices.