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CHAPITRE 11. MALADIES TES SOURCILS HT DES PAUPIERES

Irvs-foiiimodôiiieiil cette opération avec les pinces de divers modèles figurées pl. IV et précédemment décrites (p. 870).

Un bon procédé consiste à faire trois ou quatre excisions rayonnantes auxquelles on donne la direction de la section de Janson. Si les plaies sont de petites dimensions, la suture devient inutile.

Dans le mode d'opérer proposé par M. Brach1, une incision transversale est faite d'abord aux téguments, vers l'arc supérieur ouinférieur de l'orbite, suivant qu'on agit à Tune ou à l'autre paupière. Puis, on pratique deux autres sections qui, n'intéressant également que la peau et convergeant entre elles, du bord adhérent du voile au bord libre, commencent chacune à l'une des extrémités de la solution de continuité horizontale, pour se terminer à une petite distance de la ligne des cils. Ces trois incisions, dont l'ensemble représente un triangle à sommet fortement tronqué, doivent être effectuées de telle sorte que la région cutanée comprise entre elles ait 12 millimètres environ à sa base et 6 millimètres à son sommet. Le lambeau ayant été détaché jusqu'à son pédicule voisin des cils, pédicule resté intact, puisque aucune incision n'y a été faite, on retranche, avec des ciseaux droits, à la base du fragment décollé et dans toute la continuité de cette dernière, autant de peau qu'il est nécessaire pour obtenir le redressement du bord palpébral, et l'on réunit parla suture la base nouvelle à la lèvre cutanée qui lui correspond. L'on peut encore, si on le juge utile, fixer par la suture les marges latérales du lambeau aux bords qui les avoisinent, à droite et à gauche. Ce dernier, suivant M. Brach, se cicatrise avec rapidité dans ses nouveaux rapports, sous l'influence du repos absolu auquel doit être soumis le malade et d'un appareil de pansement propre à empêcher les mouvements des paupières, et l'entropion, qui a disparu par la diminution qu'a subie la paroi cutanée de l'organe, ne pourra presque jamais se reproduire, à cause des connexions modulaires qui s'établissent entre le lambeau et les parties sous-jacentes. Cet avantage rend, d'après lui, son procédé supérieur à l'excision par la méthode ordinaire.

L'expédient de M. Brach est loin de valoir celui qu'a décrit M. Desmarres et que nous avons appliqué avec le plus grand succès à la paupière supérieure. Après avoir formé à la peau palpébrale un repli vertical disposé de telle sorte qu'il soit plus large près des cils qu'à son extrémité opposée, on le tranche d'un coup de ciseaux, du sommet à la base. Cette dernière, située à un ou deux millimètres de la marge ciliaire, est ensuite transversalement réséquée d'un second coup de ciseaux. On opère très-commodément et d'une manière précise, en saisissant transversalement, avec des pinces et près des cils, un repli cutané qui doit comprendre toute l'étendue qu'on se propose de fournir à la base du triangle; un aide soulève un petit repli de peau qui doit en constituer le sommet. Cela fait, on procède de haut en bas, pour la paupière supérieure, au coup de ciseaux vertical. L'extirpation du lambeau ayant été intégralement elfectuée, on se borne à réunir, à l'aide de la suture, les deux portions des lèvres de la plaie les plus rapprochées du sommet du triangle ; le reste de la solution de conti-

1 li. Zeis, Handbuch dur pkmlischen Chirurgie. Berlin, '1838, p. 392.

g£4 LIVRE 111. — MAI.AMKS DKS ANNKXKS DB l'œIL.

nui te est abandonné à lui-même. Un seul point de suture suffit le plus habituellement. Laguérison s'accomplitau bout de quelques jours.

2° enthopion pah incurvation du TARSE. — Les expédients destinés à remédier à l'introversion de la paupière supérieure, par racornissement de son fibrocartilage, ont beaucoup exercé la sagacité des chirurgiens. Le problème était difficile, en effet ; désespérant même de le résoudre, Saunders a proposé l'extirpation du fibro-cartilage, opération qui n'a guère été exécutée que par son auieur et n'a trouvé aucun apologiste.

fig. 26.

fig- 27.

Procédé modifié de Crampton (fig. 26 et 27).-Nous décrirons ce procédé tel qu'il nous a été démontré par Jœger père et tel que nous l'avons pratiqué d'après les enseignements de cet illustre maître.

Les instruments nécessaires sont: une pince anatomique ordinaire; les pinces à bascule d'Adams (pl. IV, fig. 5) ; un petit bistouri convexe sur le tranchant, de forts ciseaux droits, à extrémité mousse.

Le manuel comprend quatre temps. Dans le premier, on fend partiellement la paupière par deux sections verticales; dans le second, on divise transversalement le fibro-cartilage ; dans le troisième, on retranche un fragment de la peau palpébrale ; dans le quatrième on fait la suture.

Les deux incisions verticales qui constituent le premier temps (fig. 26, A et B) sont successivement effectuées, l'une à une petite distance de la commissure temporale, l'autre en dehors du point lacrymal supérieur. On engage, a cet effet le bord .libre entre les branches de la pince anatomique, et l'on coupe le voile dans toute son épaisseur d'un coup de ciseaux, le long de la pince Ces sections ne devront pas s'élever plus haut l'une que l'autre, tant du cote de la peau que de celui de la conjonctive. Elles seront longues de 4 a 6 millimètres.

Puis on enclave le lambeau entre les traverses de la pince dÀdams qu on tient de la main droite, et dont l'une presse contre la face cutanée du fragment, tandis que l'autre est en rapport avec sa face muqueuse. Il importe que les bords antérieurs des branches transversales de l'instrument soient au même niveau que les extrémités supérieures des deux incisions verticales Cela ta. , le chirurgien conduit les pinces vers le front, pour retourner complètement la paupière! il les confie alors à sa main gauche, saisit le b.stoun de la main droite, et réunit, par une section transversale, les extrémités supér.eurcs des deux mcsions verticales, extrémités qui, par le renversement du voile, sont devenue, momentanément intérieures (lig. 27, C). Cette division horizontale doit intéresser la conjonctive et toute l'épaisseur du larse incurvé ; le couteau qui l exe -

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