CHAPITRE 11. — MALADIES DES SOURCILS ET DBS PAUPIERES. S8r
cute trouve un point d'appui sur le bord de la traverse en contact avec la paroi interne de la paupière. L'on retire ensuite les pinces, et l'on ramène l'organe à sa position naturelle.
La résection d'un repli cutané transversal (fig. 26, D), qui constitue le troisième temps, se pratique avec les pinces d'Adams et les ciseaux, suivant le mode décrit, dans l'article qui précède. On termine en affrontant par deux points de. suture les deux lèvres de la plaie ovalaire laite à la peau. Quelques bandelettes de taffetas d'Angleterre, un peu de charpie anglaise, enduite de cérat, une compresse et le monocle complètent le pansement.
Il est facile de saisir le mécanisme suivant lequel fonctionne ce procédé, pour corriger l'incurvation tarsienne. i° Le lambeau libro-cartilagineux peut être aisément éloigné du bulbe, en vertu de la mobilité que les trois premières sections lui^assurent ; 2° il tend à conserver la direction qui lui a été imprimée, à cause du frein qu'oppose à une nouvelle introversion le raccourcissement de la paroi externe de la paupière ; 3° l'incision des fibres marginales de l'orbiculaire sollicite l'écartement de celles-ci et affaiblit les contractions dans la partie redressée.
Crampton (de Dublin) pratiquait vers chaque angle les incisions verticales ci-dessus indiquées, et maintenait ensuite le voile quelque temps relevé, à l'aide d'un crochet analogue à celui de Pellier, jusqu'à ce que les deux sections se fussent cicatrisées lentement. Gutbrie, qui les associait à l'ablation d'un repli horizontal de la peau palpébrale, réunissait par deux points de suture les lèvres de la solution de continuité qui en était le résultat ; puis, à l'aide des fils de la ligature, fixés au-dessus du sourcil, il maintenait la paupière élevée et l'empêchait de se trouver en contact avec le globe. Elle restait dans cette position jusqu'cà ce que les fils se fussent spontanément détachés. Le procédé aux quatre sections, dont l'application mérite surtout d'être recommandée, paraît avoir été imaginé par W. Adams.
Le tarse est-il raccourci et fortement recourbé par atrophie, on ne peut guère conserver d'espoir de le ramener à son attitude normale. Dans de telles circonstances, on arrachera les cils de temps à autre, pour diminuer autant que possible l'inflammation du bulbe. Toutefois, l'extirpation partielle du bord palpébral (procédé de Jœger) et mieux encore l'ablation de ce bord dans toute son épaisseur (voy. l'article suivant), me paraissent, dans l'espèce, les expédients qui méritent le plus d'être conseillés.
3° entropion spasmodique. —Collodion, serres- fines, etc. L'on arrive parfois à vaincre la prédominance des contractions de l'orbiculaire à l'aide de tractions longtemps continuées sur ses fibres. On les distend de la sorte- on leur ravit une partie de leur énergie contractile, d'où le redressement de la paupière. Une pratique qui m'a réussi consiste à déprimer souvent avec force le voile inférieur, son bord libre étant en même temps porté en dehors. Des introversions,
moins de temps. Le malade, en se plaçant en face d'une glace, écarte,
avec un
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de ses doigts, la paupière affectée, en ayant soin de ne pas la laisser rentrer, lorsqu'il est obligé de changer de position, car cet échec ferait perdre, en grande partie, le fruit du temps précédemment employé. Il faut qu'il reste la nuit assit dans son lit, ayant toujours son miroir devant lui, et qu'à son réveil, s'il a été obligé de céder au sommeil, il reprenne sa paupière. Je ne crois point que personne ait indiqué avant moi ce procédé, qui m'a souvent réussi. J'ai vu son succès dépendre de l'intelligence du malade et de son envie de guérir; j'en ai vu qui, pour ne pas lâcher leur paupière, ne prenaient que des aliments liquides. Au milieu de beaucoup d'autres exemples, je trouve dans mon journal celui d'une dame de 70 ans, qui était affligée de cette incommodité depuis quatorze ans, et qui en fut délivrée, par ce procédé, en deux jours et une nuit. Dans cet intervalle, elle ne se laissa aller au sommeil qu'une seule fois, et ne dormit que deux heures. »
D'autres moyens tendant au même but, mais d'une application moins assujettissante, méritent d'être connus. Lawrence et Middlemore indiquent un fil métallique, double et vrillé, auquel on imprime la forme de la monture d'une paire de lunettes. La partie médiane de l'appareil s'appuie sur le nez, et l'une des branches est disposée de telle sorte qu'elle comprime la paupière inférieure dont elle renverse le bord libre en dehors. On a eu également recours à des bandelettes de taffetas d'Angleterre destinées à retenir le bord palpébral dans une rectitude continuelle. Un malade dont parle Demours et qui, depuis quatre années, était affecté d'un entropion à la paupière inférieure, gauche, en fut délivré, dans l'espace de vingt jours, par les bandelettes emplastiques ; Demours apprit, dix ans après, que cet homme n'avait éprouvé aucune nouvelle atteinte de cette infirmité . Le collodion est propre surtout à rendre les plus grands services dans des circonstances pareilles. On promène un pinceau, imbibé de cette préparation, sur toute la longueur de la peau palpébrale, près du bord ciliaire ; on donne à cette couche, dans laquelle nous comprenons habituellement les cils, 8 ou 40 millimètres de hauteur; le collodion se dessèche, et le racornissement, qui s'empare de la peau, retourne le bord palpébral en dehors. L'application de la couche est réitérée tous les deux ou trois jours, à mesure que la masse s'écaille et se détache. Pour qu'il n'en résulte qu'une modification légère dans l'aspect ordinaire de la face, on a proposé de colorer l'enduit avec de là cochenille. Des essais tentés avec des solutions éthérées de gutta-percha ou de caoutchouc se sont montrés infiniment moins favorables.
Des entropie-™ ont cédé à un expédient qui consiste à maintenir, pendant un temps plus ou moins long, un repli cutané entre des serres-fines. Pour que ces petits appareils n'altèrent pas la peau, M. Goyrand recommande de les changer de place, en les appliquant tout près de l'endroit d'où on les a«nlevés, toutes es 36 ou 48heures'. Quand, après six ou huit jours, on retire définitivement les serres-fines, la peau et le tissu cellulaire de la paupière sont légèrement tumenes, mais le gonflement s'évanouit avec rapidité.
Ligature.— I* mode opératoire suivant, appliqué à la paupière inférieure,
1 Bulletin de thérapeutique, t. XLIII, p. 77.