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CHAPITRE II. — MALADIES DES SOURCILS ET DES PAUPIERES

les extirpe successivement par une traction Porte et subite. Il faut avoir soin que le poil tombe perpendiculairement sur la ligne droite qu'offre l'extrémité de la pince; obliquement saisi, il pourrait se rompre. C'est, pour rendre cet inconvénient moins fréquent que M. Luer a donné une configuration en demilune à l'extrémité de chacune des surfaces qui terminent les pinces; le poil est ainsi convenablement enclavé, quel que soitle mode suivant lequel onl'aborde.

Lorsque l'introversion des cils ne provient que de conditions passagères, leur arrachement peut amener une guéri son radicale, rien ne supposant à ce qu'ils repoussent normalement. Mais, si des modifications importantes sont survenues dans les dispositions du sol pilifère, l'avulsion ne procure habituellement qu'un soulagement momentané, les causes anatomiques de la déviation, dans lesquelles rien n'est changé, continuant à imprimer aux appendices nouveaux la direction vicieuse qu'elles donnaient aux anciens cils. Dans quelques cas néanmoins, qu'il faut regarder comme très-exceptionnels, les organes dans lesquels s'effectue l'élaboration du poil ayant été atrophiés ou détruits par les avulsions répétées, les cils cessent de se reproduire.

L'opération qui précède est indiquée, quand la déviation n'affecte que quelques cils isolés qu'on n'a pu redresser avec un instrument mousse ; il arrive fréquemment, par exemple, qu'on soit dans l'obligation d'arracher des poils renversés contre le globe, pendant le cours d'une blépharite, après la guérison de laquelle les cils nouveaux contractent leur inclinaison naturelle. Dans les conditions plus graves d'introversion, qu'il s'agisse d'un entropion ou d'une simple trichiase, il faut encore avoir recours à l'avulsion des cils, comme moyen prompt de soulagement, toutes les fois que la volonté du malade ou toute autre circonstance s'oppose à l'exécution immédiate d'un procédé opératoire jugé plus favorable.

2° redressement des cils.— Quelques ressources propres à raccourcir légèrement la paroi cutanée de la paupière trouvent leur indication, quand des cils peu nombreux, qui ont été plusieurs fois extirpés, ont persisté à repousser vicieusement, ou quand, un trichiàsis étant chroniquement étendu à une grande quantité de poils ciliaires, il suffit d'un renversement léger du bord libre en dehors, pour qu'on éloigne du globe ces appendices. Le procédé d'Helling (p. 881) m'a souvent ici rendu service. Celui de Solera tend au même but. Il consiste dans la cautérisation de la peau palpébrale, à 2 millimètres à peu près du bord ciliaire et parallèlement à la direction de ce dernier, avec un cylindre de potasse caustique enduit de gomme-laque; au moment de l'opération, on le taille comme un crayon de manière à n'en découvrir que 2 ou 3 millimètres vers la pointe. Comme pour ['entropion, on peut recourir encore à l'excision cutanée, généralement circonscrite dans d'étroites limites. Rien de plus avantageux, pour la réduction d'un ou deux cils introverséS, comme de pratiquer, dans la région cutanée qui les côtoie cl aussi près que possible des poils déviés, une petite excision verticalement ovalairc comme celle, de Janson (p. 882), mais n axant à peu près que les dimensions d'une lentille. La plaie sera, couverte d un tra-me nt de taffetas d'Angleterre; on l'abandonne parfois à elle-même. Nous mantèuvroiis habituellement avec des pinces et des ciseaux; ou peut, connue le conseille

89*2 i.ivkk m. — maladies des annexes de l'œil,

M. Desmavres, soulever le pli de peau avec la double érjjgne de Richler (pl. [

fig. 7), et le réséquer avec le kératotome.

Procédé du professeur Schauenburg (èe Bonn). — Dans cet expédient (méthode dite par cicatrisation sous-cutanée), on se sert d'une! aiguille à large Ici' de lance pour pratiquer à la base des cils, dans un sens opposé à leur inclinaison, des ponctions ayant en profondeur 2 ou :j millimètres. Le nombre des canaux de ponction est variable, suivant la quantité des cils déviés. Cette opération fort rationnelle offre l'avantage d'établir la rétraction aux limites elles-mêmes du bulbe pilifère; elle ne saurait entraîner aucune difformité et mérite d'autant plus d'être expérimentée qu'elle a procuré des guérisons solides à son auteur.

3° excision d'une partie de l'épaisseur du boiu) palpébral. — Ce procédé, qui appartient à Jseger père, s'est montré une ressource précieuse, pour délivrer le globe des aiguillons qui l'irritent, dans les dégénérescences profondes et étendues du bord libre. Nous avons dit que ce bord présentait deux crêtes : l'une postérieure, offrant le point lacrymal et les orifices de décharge des follicules de Meïbomius ; l'autre antérieure, d'où sortent les cils. C'est la zone bornée par cette dernière crête qu'on extirpe, dans l'opération que nous allons décrire.

Les instruments dont Jaeger se sert sont : 4° un bistouri convexe sur le tranchant ; 2° une forte pince, pourvue, à l'extrémité de l'une de ses branches, d'une petite arête conique que reçoit un sillon creusé vers le bout de l'autre tige; 3° la plaque de corne qu'il a adaptée à l'élévateur (pl. I, fig. 2). Celle-ci, concave du côté qui doit correspondre au bulbe et convexe au côté opposé, est munie, sur cette dernière face et à une petite distance de son extrémité libre, d'une rainure transversale en arc de cercle, destinée à recevoir la lèvre postérieure du bord palpébral.

Manuel opératoire. — Le malade étant assis, la tête contenue par un aide placé debout derrière lui, le chirurgien procède à l'application de la lame de corne. Pour cela, et nous supposerons qu'on opère à la paupière supérieure droite, le chirurgien commence par soulever cette dernière, de bas en haut, avec le pouce droit, et glisse ensuite sous elle la palette tenue de la main gauche; dès qu'elle est introduite, la seconde phalange du pouce gauche est amenée sur la paroi antérieure de la paupière, à l'endroit des cils, et assujettit l'organe contre la face convexe de la plaque; la main droite quitte alors la paupière. Verticalement placée entre le pouce gauche, dont le dos regarde en avant, et les autres doigts de la même main posés, par leur région dorsale, contre la joue, la palette doit être disposée de telle sorte que son extrémité supérieure s'éloigne assez du globe pour que la partie du voile, qui correspond au boni libre, soit déployée sur l'instrument; l'aide entraînera les téguments vers le Iront, afin de seconder cette tension, qui facilite la manœuvre. Puis l'opérateur saisit le bistouri de la main droite et pratique sur les téguments une incision qui, distante de 3 millimètres environ du bord palpébral et parallèle à ce bord, commence au-dessus de la commissure externe et finit vers le point lacrymal supérieur. Cette section doit intéresser les tissus jusqu'à la face antérieure du fibro- cartilage. Cela fait, Jaeger continue à maintenir la paupière étendue sur la plaque, et pendant que la plaie devient béante, sous l'influence des tractions exercées en sens opposés par

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