‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 415 sur 501 · CHAPITRE II. — MALADIES DES SOURCILS HT DES PAUPIÈRES. X!».'J · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — MALADIES DES SOURCILS HT DES PAUPIÈRES. X!».'J

l'aide et par l'opérateur, celui-ci décolle à petits coups, avec le bistouri, la moitié supérieure à peu près dù lambeau; il retire ensuite la lame de corne, saisit l'une des extrémités du fragment, avec les pinces confiées à la main gauche, et achève de le détacher, avec le même bistouri, en rasant étroitement le tarse. La languette enlevée se compose de la peau, de quelques fibres du muscle orbicuMre, et des bulbes ciliaires avec leurs appendices. Si quelques cils subsistaient encore, après l'expulsion de la zone pilifère, il faudrait en extirper les racines, avec les ciseaux de Cooper, dont on tourne la convexité contre la paupière.

Le manuel adopté par Rosas diffère peu de celui que nous venons d'exposer. Ce chirurgien, après avoir établi sa plaque et effectué l'incision horizontale, livre la palette à un aide, engage l'une des extrémités du lambeau entre les mors d'une pince à disséquer saisie de la main gauche, et extirpe le fragment, d'un angle à l'autre, avec les ciseaux de Daviel, maniés de la main droite.

Suites de l'opération. — Des compresses imbibées d'eau froide sont appliquées sur la région affectée, les premières heures qui succèdent à l'opération. Le lendemain et les jours suivants, on la garantit de l'influence des agents extérieurs, à l'aide d'un morceau de toile qu'on laisse flotter devant les paupières. Rosas et Jaeger abandonnent la plaie à la nature, sans aucun pansement. Si quelque cil naissant venait à poindre à sa surface, pendant le travail de la cicatrisation, il faudrait l'arracher et en désorganiser le bulbe, en touchant le lieu qu'il occupe avec un crayon pointu de pierre infernale, ou avec un fragment de potasse caustique (Chelius, Jœger, Rosas). On doit aussi réprimer, dans quelques cas, des granulations trop considérables, afin d'obtenir une cicatrice aussi nette que possible. Il est à peine utile de dire que, s'il s'agissait d'appliquer la résection du bord libre à un trichiasis partiel, le lambeau ne devrait être formé qu'aux dépens de la région de la paupière qui correspond aux cils déviés.

4" EXTIRPATION DE TOUTE L'ÉPAISSEUR 1HJ BORD PALPEBRAL. NOUS avons VU

^(p. 870) que quelques dégénérescences malignes des voiles palpébraux pouvaient militer, pour l'exécution de cette opération. En ce qui concerne l'introversion ciliaire ce procédé, généralement considéré comme applicable aux cas qui se prêtent à l'emploi de celui de Jœger, me paraît plus particulièrement devoir être invoqué dans les entropions par atrophie et forte incurvation du tarse. L'œil n'est presque jamais exposé au contact de l'air à la suite de ces délabrements si merveilleusement réparés par la nature. A la longue même, quelques sujets sont exempts de larmoiement.

procédés divers.— Celse parle d'opérateurs de son temps, qui passaient à travers la peau, près du bord palpébral, et avec une aiguille, un cheveu de femme, dont ils nouaient ensuite les deux chefs, de manière à comprendre les poils déviés dans l'anneau qui résultait de cette ligature. Rbazès Irisait les cils introversés avec mw pince suffisamment chauffée. Bien que ce procédé soit loin de valoir le coHemerit des cils avec le collodion, il vient d'être soumis de nouveau à I attention des oculistes, par M. Anagnostakis (d'Athènes), quia fail confection ner, accl effet, un friseur par M. Lûer. L'avulsion .les cils combinée avec la cautérisation de leurs bulbes es) chose

894 L1VHH III. — MAI.ADIUS IIKS ANNKXES i)K l.'u'.ll..

connue depuis longtemps. Une lige métallique très-déliée, qu'on a rougieaufeu et dont on conduit la pointe à l'endroit où est logé le bulbe ciliaire, a paru à M. Champesmc peu propre à celte cautérisation, l'instrument ne gardant pas assez longtemps le calorique, sous une masse aussi petite. C'est pour obvier à cet inconvénient qu'il a adopté un cautère qui présente une sorte d'aiguille, longue de 9 millimètres, et soudée postérieurement à une boule pleine, de V.i millimètres de diamètre, boule formant réservoir de chaleur à la branche cautérisante qu'elle supporte. Carron du Yillards n'arrache pas au préalable les cils déviés; il s'en sert comme guides, dans celle opération délicate. « On peut agir4 dit-il, sur un ou plusieurs poils àlafois. On enfonce dansçbaque bulbe, en suivant la direction du cil, une épingle d'entomologiste; l'on doit au moins pénétrera une ligne et demie; puis, lorsque toutes les épingles sont implantées, on les réunit ensemble avec un petit nœud de fil d'argent bien recuit, et l'on saisit le. groupe avec un fer à papillotes rougi àblanc. Immédiatement, les épingles blanchissent, les bulbes et leurs produits sont détruits. » Yacca Berllnghieri dit avoir triomphé de la trichiase, en détruisant les bulbes ciliaires mis à nu, tout en conservant la couche externe du bord libre de la paupière. Il commence par séparer le long de ce dernier, comme dans le procédé de Jrcger (p. 892), mie languette tégumentaire dont il respecte les limites ciliaires; il découvre ainsi les bulbes pilifères qu'il excise, au moyen du scalpel ou des ciseau.\. ou qu'il cautérise avec un pinceau imbibé d'acide nitrique; cela fait, il réapplique le lambeau sur la plaie et l'y tient assujetti par une bandelette agglutinati\e. Lc> cils, dont les racines ont été détruites, tombent habituellement au bout de cinq ou six jours. Dans le procédé attribué par M. Mackenzieà James Hunter, le tartre stibié est porté par inoculation dans les bulbes ciliaires. Le but de l'auteur est de susciter dans le sol pilifère une inflammation pustuleuse comme celle de la variole, travail susceptible d'avoir pour résultat, comme dans celle dernière, l'alopécie des cils.

Les détails qui viennent d'être fournis témoignent des efforts auxquels se sont livrés les praticiens pour triompher d'une maladie qui fait le désespoir de tant de gens. Pensant avec juste raison qu'une préparation capable de détruire radicalement les poils déviés serait infiniment salutaire, M. II. Duval a jeté les yeux sur le dépilatoire de Martens que M. Dorvault considère comme agissant sur loules les productions pileuses avec une netteté et une rapidité remarquables. Il serait même, à cet égard, bien supérieur aux dépilatoires de iMcnk. de Delcroix et au rusma des Orientaux, préparations d'un effet incertain et d'un emploi dangereux à cause de l'arsenic qu'elles contiennent. M. Duval enduit le bord palpébral de sulfure sulfuré de calcium, après avoir suffisamment éloigné ce bord du globe oculaire ; le composé chimique est maintenu en place pendant cinq ou six minutes, puis on l'enlève avec un linge mouillé, et les parties sont lavées à grande eau. M. Duval a cité plusieurs laits de guérison qui lui sont propres et qui ne paraissent guère avoir édilié l'honorable praticien qui a rendu compte, de ce procédé au tome XLVIll du Bulletin de thérapeutique. « H y " quelques aimées, dit-il, l'une de nos clientes, jeune encore, voulut se débarrasser des vestiges de barbe dont son menton et ses joues étaient garnis ; du

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