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CHAPITRE 11. — MALADIES DES SOURCILS ET DES PAUPIERES

Dans d'autres, elle reconnaît pour cause une tumeur quL développée dans l'orbite ou dans l'épaisseur même de la paupière, a fait graduellement dévier celle-ci de sa situation naturelle, à mesure qu'elle a augmenté de volume. Le globe, partiellement ou totalement dégénéré (staphylômes, fongus médullaire, etc.), peut lui donner lieu.

Rosas m'a dit avoir rencontré, à la suite d'ophthalmo-blennorrhées chroniques, des ectropions supérieurs produits par une hypertrophie et une extrover • sion du tarse, disposition que je n'ai jamais constatée. La paupière supérieure est alors saillante en devant et dépasse de beaucoup le bord libre du voile inférieur. L'opération d'Adams, que nous décrirons tout à l'heure,, est considérée par le professeur de Vienne comme le meilleur procédé à employer dans de telles circonstances. Reil avait avancé déjà, vers la fin du dernier siècle, qu'un changement dans la configuration du tarse, cause assez fréquente d'entropion, pouvait le devenir aussi du renversement des paupières en dehors i. Nous signalerons encore l'ectropion lié à une condition spasmodique de l'orbiculaire, forme morbide contre laquelle on a conseillé la section de ce muscle. Nous avons donné des soins à un homme atteint de conjonctivite chronique et chez qui les paupières entraient de temps h autre dans une sorte de convulsion nerveuse, qui se manifestait souvent plusieurs fois dans la même heure. Ces organes se resserraient alors à l'instar des cordons d'une bourse; les bords orbitaires des tarses se rapprochaient, et les quatre voiles palpébraux, luxés en dehors, laissaient voir un large bourrelet muqueux.

L'ectropion est l'une des infirmités les plus choquantes et les plus incommodes. Une inflammation chronique du globe, qui devient douloureux et photophobe, le pannus, l'ulcération de la cornée, la perte de l'organe, peuvent en être les tristes conséquences.

traitement.— L'ectropion, susceptible de surgir dans le cours d'une ophthalmo-blennorrhée suraiguë, s'évanouit, en général, à mesure que la diminution de la phlegmasie et la résolution de l'engorgement œdémateux tendent à ramener la conjonctive boursouflée à ses limites naturelles. J'ai activé, dans quelques cas, la réduction des paupières par des scarifications effectuées à leur face interne. L'excision même d'un repli muqueux peut être avantageuse, lorsque la saillie de la conjonctive a atteint un degré très-élevé et que les autres moyens sont impuissants à en triompher.

4° ECTROPION PAR EXUBÉRANCE ET RELACHEMENT DE LA CONJONCTIVE. C'est

de toutes les variétés d'extroversion chronique celle qu'on guérit généralement avec le plus de facilité. Les expédients opératoires qui s'y rattachent sont la cautérisation et l'excision de la tunique fongueuse.

Cautérisation.— Elle est plus particulièrement indiquée dans les cas où le renversement est peu considérable et le bourrelet conjonctival peu saillant. Les chirurgiens arabes, et plus tard Guy de Chauliac, Pcrcy, se montrèrent grands partisans, dans cette occurrence, du cautère actuel, qui, de nos jours, estgénd-

i Consultez J. T. Dreyer, Nova blepharoplastim melhodus. Vienne 183-1 n 17

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ralemeul délaissé. L'acide sulfurique, adopté) par Guthrie, le nitrate acide de mercure et le nitrate d'argent fondu sont les principaux, caustiques potentiels que les auteurs recommandent. J'accorde la préférence à la pierre infernale, dont on peut mieux maîtriser et limiter l'action que celle des caustiques liquides. Le nitrate acide de mercure a toutefois triomphé dans quelques cas où le caustique lunaire s'était montré insuffisant.

La cautérisation se pratique de la manière suivante. Le malade étant assis, la tète fixée par un aide, l'opérateur renverse le voile altéré et l'éloigné fortement du bulbe, puis laboure, d'un angle à l'autre, les parties dégénérées, avec l'extrémité d'un crayon de pierre infernale, qu'il tient assez longtemps en contact avec les tissus pour donner lieu à une escarre. 11 doit respecter le point lacrymal. 11 évitera également la commissure externe, de crainte d'anchyloblépharon, et le repli rétro-tarsien, de peur d'un symblépharon; cette dernière précaution est essentielle. Cela fait, il quitte le crayon, lotionne soigneusement la région cautérisée avec une petite éponge ou un linge fin imbibé d'eau, y porte même, ce qui n'est point indispensable (p. 193), une solution de sel marin, puis, pendant que la face interne du voile continue à demeurer fortement extroversée, et que le malade dirige son œil dans le sens opposé, la paupière est plongée dans un vase rempli d'eau froide. La cbute de l'escarre est abandonnée à la nature. Après son élimination et à mesure que la cicatrisation s'opère, la paroi muqueuse se raccourcit, et la paupière tend à reprendre sa direction normale. Si la première cautérisation n'a pas réduit l'exlroversion, ce qui arrive presque toujours, on doit réitérer à plusieurs reprises l'emploi du caustique, . des que l'irritation engendrée par l'opération antécédente a disparu.

Excision. — La paupière est-elle fortement déviée par un bourrelet très-proéminent, dur, pourvu de végétations volumineuses, le sel infernal est insuffisant : les applications nombreuses qu'on serait forcé d'en faire prolongeraient la cure, enflammeraient l'œil, produiraient des cicatrices offensantes pour le bulbe; l'excision de la tumeur formée par la membrane muqueuse est un expédient plus certain et mille fois plus prompt. Pour la pratiquer, je me sers habituellement de deux pinces, dont l'une, que je tiens de la main gauche, saisit l'une des extrémités du bourrelet muqueux, tandis que l'autre, livrée à un aide, s'implante dans l'extrémité opposée du repli; cela fait, la racine de ce dernier est retranchée d'un angle à l'autre avec des ciseaux courbes sur le plat, tenus de la main droite, et dont la convexité est dirigée contre la paroi palpébrale. Les dimensions à fournir au lambeau devront être approximativement calculées d'après l'intensité de l'extroversion et le degré probable de renversement en sens inverse qu'exige la réduction de l'organe. Dans quelques cas où la conjonctive ne peut être convenablement soulevée, il suffit d'appuyer contre elle la face convexe de ciseaux courbes sur le plat et de couper ce qui dépasse les branches qui compriment le tissu.

C'est surtout quand il s'agira d'exciser un large segment de conjonctive qu'il pourra être avantageux de passer préalablement sous elle deux ou trois iils introduits à l'aide d'aiguilles courbes à suture, qu'on fait cheminer du bord libre au bord adhérent de la paupière. Trois pinces, au lieu de deux, destinées à sou-

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