CHAPITRE II. — MALADIES DES SOURCILS ET DES PAUPIERES
lever le bourrelet, peuvent seconder commodément lamanceuvre dans les circonstances de ce genre. Nous avons vu Jseger père procéder de la manière suivante à la paupière inférieure, sur laquelle on opère le plus communément. Le chirurgien harponne la partie médiane de la tumeur avec une érigne, qu'il confie à sa main gauche, la tend par quelques tractions modérées, et la détache avec un bistouri recourbé sur le tranchant, qu'il engage à plat sous la conjonctive exubérante, et qu'il fait cheminer d'un angle à l'autre, l'instrument étant tenu de la main droite. Il termine en coupant le lambeau près de l'endroit où la conjonctive se réfléchit sur le globe, et avec le même bistouri qui agit perpendiculairement sur la membrane.
L'intensité de la réaction ayant été modérée par des fomentations réfrigérantes, il suffira généralement, pour que les lèvres de la plaie se rapprochent et se cicatrisent, de replacer la paupière dans sa position naturelle et de tenir l'œil quelque temps fermé1. La pierre infernale pourra plus tard être d'un secours utile pour effectuer un raccourcissement plus considérable, si le voile n'était pas suffisamment redressé, ou pour réprimer des végétations fongueuses.
Fig. 28.
Fig. 29.
procédé de w. adams (fig. 28 et 29) . — Lorsque la paupière inférieure est longtemps restée renversée et pendante, son fibro-cartilage, accoutumé par degrés à une disposition vicieuse, a éprouvé une certaine altération dans sa forme, et Je relâchement des commissures palpébrales a contribué à donner un grand allongement au bord libre. Si, dans ces conditions, qu'on rencontre surtout chez les sujets avancés en âge, vous faites cesser momentanément l'extroversion en re-
i Lisfranc était dans l'habitude de maintenir la paupière inférieure relevée au moyen à une large bandelette de diachylon ayant la configuration d'un fer à cheval et ni I, dée sur divers points le long de son bord convexe. La concavité du fragment adhésif^ destinée a s appliquer contre le bord libre, tandis qu'une de ses cornes es. collée à h parue moyenne du front, et que l'autre corne est fixée à la tempe du côté malade fin! ou eux bandelettes, et au besoin des compresses graduées, placées infér u lent co.tnbuent, dans quelques cas, à assujettir le voile dans une situation propTcë '
000 UVRB 111. — MALADIES ii lis ANNEXES DE l'œil.
foulant on haut ;ivcc le doigt le voile affecté, vous voyez que son excès d'ampleur s'oppose à ce qu'il s'adapte convenablement à la convexité du bulbe. Ce mal, contre lequel la cautérisation et la résection de la conjonctive sont frappées d'une inefficacité presque absolue, faisait le désespoir des opérateurs, quand, en 1812, W. Adams indiqua le moyen de pallier avantageusement et de guérir même, dans un grand nombre de cas, l'infirmité dont il s'agit.
Dans cet ingénieux procédé , l'on a pour but de faire subir à la paupière une déperdition de substance en forme de Y, et de réunir par la suture les lèvres de la plaie.
1° Manœuvre avec les pinces et le bistouri. — Armé d'un petit bistouri convexe sur le tranchant, le chirurgien commence par pratiquer sur les téguments, audessous des cils, deux incisions AB et CB (fig. 28), longues chacune de 12 ou 45 millimètres. Le sommet du V, qui résulte de la réunion des deux sections, regarde la joue, tandis que sa base comprend la région moyenne du bord palpébral. L'étendue de cette base aura 8 ou 10 millimètres environ; elle sera d'autant plus longue que le bord libre aura eu à subir un plus haut degré d'allongement. Si le voile inférieur du côté opposé est doué de ses dispositions normales, mesurez-en avec précision la marge ciliaire; l'excédant de longueur qu'offre le bord libre de la paupière malade, sur celui de l'organe sain, indique les dimensions à donner à la base du lambeau. Il convient, pour plus de sûreté, de tracer préalablement les deux incisions avec de l'encre.
Le chirurgien saisit ensuite la base du triangle au point D avec des pinces à dissection qu'il tient de la main gauche, et dont une branche s'applique, par son extrémité, contre la face cutanée, et l'autre branche contre la paroi muqueuse de la paupière. Pendant que cette dernière est maintenue dans l'extension par une traction modérée qu'on exerce sur elle avec les pinces, de bas en haut et un peu d'arrière en avant , pour que la région médiane du voile soit légèrement éloignée de l'œil, l'opérateur porte un coup de bistouri, de haut en bas et obliquement, dans AB, puis un autre dans CB, un troisième dans AB, continuant ainsi de suite ses incisions alternatives à gauche et à droite, jusqu'à ce que le fragment triangulaire soit entièrement extirpé. Le lambeau comprend toutes les parties constituantes de la paupière, depuis le tégument externe jusqu'à la conjonctive inclusivement. En effet, à la faveur du redressement de l'organe qu'ont effectué les tractions sur D, la portion moyenne du tarse qui était dévié s'est normalement placée derrière le triangle cutané ABC, les lignes AE et CF de la surface conjonctivale devenant parallèles, la première à AB, la seconde à CB; cela étant, les coups de bistouri donnés dans la dircelion AB ont divisé AE, et ceux portés dans la direction CB ont atteint CF.
L'hémorrhagie arrêtée, l'on procède à la coaptation des deux lèvres de la solution de continuité à l'aide de la suture entortillée. Deux épingles suffisent habituellement; on débutera par l'application de l'épingle supérieure (p. 185), qu'on placera très-près du bord libre, afin d'éviter le coloboma. On traverserai avec les liges métalliques, toute l'épaisseur de la paupière redressée; l'on maintient en outre les parties à l'aide de bandelettes agglutinalives.
La fig. 20 représente le résultai de l'acte opératoire qui vient d'être décrit.