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CHAPITRE II. — MALADIES DBS SOURCILS ET DES PAUPIERES

sans lésion ni tiraillement du fragment cutané. Dans un cas où il y avait conservation dubpfd ciliaire, l'un des bouts des ligatures traversa ce dernier, et les deux chefs de chaque fil furent attachés ensemble au-devant du lambeau.

mkthode espagnole. — Le professeur Hysern (de Madrid) a fait connaître, en 1834, une méthode nouvelle, qu'il a appelée blépharoplastie temporo- faciale. Le but que s'est proposé M. Hysern est de restituer au voile mutilé et la portion de peau qui lui manque et des cordes musculaires propres à en seconder la mobilité. 11 forme, à cet effet, très-près de la brèche palpébrale et sur le côté de la face, un lambeau qu'il cherche à obtenir doublé de fibres provenant de l'orbiculaire. Les ligures 3 et 4 de la pl. XXIX de M. Serre donneront une idée exacte des coupes de M. Hysern. Le professeur de Montpellier attache une haute importance à cette méthode, que je n'ai pas vu mettre à exécution en Allemagne, et qui, à ma connaissance; n'a pas été non plus expérimentée parmi nous 1.

Fig. 34.

BLÉPHAROPLAST1E PAR GLISSEMENT DU LAMBEAU OU METHODE FRANÇAISE (fig. 34). —

Le fait suivant, extrait de l'ouvrage de M. Serre, indique le mode d'après lequel il conseille d'agir à la paupière inférieure. L'un des avantages les plus précieux que l'auteur attribue à son procédé est que le lambeau qui sert à réparer l'organe couvre toutes les surfaces dénudées, aucune plaie ne restant vouée à la suppuration.

Observation XCIX. — « Jeanne Teis^onnière, âyée de cinquante-un ans, avait toujours joui d'une bonne santé, lorsqu'il se manifesta, sur la pommette du côlé gauche, un petit bouton qui, après avoir été longtemps indolent, devint le siège d'un sentiment de démangeaison qui incommodait de plus en plus la malade, et l'obligeait à le gratter avec les doigts. Quinze mois après son apparition , ce boulon avait acquis le volume d'une cerise. C'est alors qu'un médecin, ayant jugé à propos de pratiquer plusieurs cautérisations, favorisa sans s'en douter les progrès de l'ulcère, à tel point que, lorsque la femme Teissonnière vint à l'hôpital Sainl-Eloi de Montpellier, il avait au moins un pouce et demi d'étendue dans son plus petit diamètre. Sa forme était à peu près celle d'un quadrilatère, et son fond sale grisâtre, laissant s'écouler à chaque instant une matière ichoreuse, indiquait assez quelle était la nalure du mal. Le mode opératoire à suivre

i Serre, Traité sur l'art de restaurer les difformités de la face. Montpellier cl Pari année 1 8 i 2 , p. 407.

910 LIVRE UI, MALADIES DES ANNEXES DE l/lKIL.

était tout naturel. Je n'eus qu'à pratiquer une série d'incision BG, CF, BC, DE, de manière à enlever la totalité des parties ulcérées et à détacb er en dessous, dans l'épaisseur de la joue, un lambeau carré DG, EF, auquel je Ds subir un mouvement d'ascension qui ramena la ligne DE a la bauleur de la ligne BC. Quelques points de suture entrecoup/ t suffirent pour maintenir tous ces tissus en contact, et réparer ainsi la perle de substance que j'avais faite. Lorsque la malade sortit de l'hôpital, on voyait à peine sur sa figure trois cicatrices linéaires. Celte opération ne suscita pas le plus léger dérangement. »

procédé de warton jones ou de sanson. — Le mode opératoire suivant, que Serre attribue à Warton Joncs et que Rosas et Ritterich désignent sous le nom de procédé de Sanson, n'est, à vrai dire, qu'une modification de la méthode de glissement. 11 est applicable à l'ectropion par rétraction de la paroi externe de la paupière.

Supposez qu'une bride cutanée tire en bas la paupière inférieure. Le chirurgien, l'aide et le malade étant placés comme dans les opérations ordinaires, on tend le voile sur la palette de l'élévateur, qu'un aide maintient entre cet organe et le globe, puis on fait, de haut en bas, deux incisions qui, n'intéressant que la peau et débutant près des cils, vont se réunir au haut de la joue, sous un angle plus ou moins aigu. Il faut, en général, que la hase du V soit large el que celui-ci comprenne dans l'écartement de ses branches la plus grande partie du bord palpébral. Le second temps du manuel a pour objet la dissection du lambeau. La plaque peut rester en place; on la retire, si on le juge plus commode. Le fragment ayant été engagé par son sommet entre les mors d'une pince, on le détache avec précaution jusqu'à une petite distance de la ligne des cils, d'où il résulte que le bord libre peut remonter à sa place naturelle. Dans le troisième temps, enfin, pendant que le lambeau est soulevé par un aide, on ferme, de bas en haut, dans une étendue plus ou moins considérable et au moyen de deux ou trois points de suture, une partie de la plaie qui provient de l'extraction du fragment. De cette manière, il ne reste plus, au-dessus de la portion verticalement réunie des deux lèvres de la solution de continuité, qu'une surface triangulaire rétrécie, dans laquelle le lambeau, qui a conservé ses dimensions, se loge lâchement, et avec laquelle il est destiné à contracter adhérence. Ce travail accompli, la couche externe du voile, qui n'est plus tendue, cesse, dès lors, de brider le bord libre. On favorise la cicatrisation du lambeau, dans ses nouveaux rapports, par la suture.

Fig. 35.

méthode dk JJ5GER.— Lorsqu'un ectropion est lié à la présence d'une cicatrice,

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