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CHAPITRE II. — MALADIES DES S0UHC1I.S ET DES PAUPIERES

pêche même le travail adhésif, tandis que huit, dix, douze ou quinze minutes après, lorsqu'à l'écoulement sanguin succède un léger suintement séreux, lemomont de la réunion est arrivé.

11 convient que le lambeau soit doublé d'une couche de tissu cellulaire. Si 1 on formait avec les téguments seuls le fragment destiné à la restauration, les troncs des vaisseaux qui alimentent la peau seraient retranchés, et celle-ci, réduite a L ramifications vasculaires déliées, ne pourrait continuer à vivre.

M Denonvilliers établit comme règle générale de tailler les lamheaux de telle sorte que la cicatrice, qui doit les remplacer, soit perpendiculaire, autant que possible, à la direction dans laquelle la rétraction pourrait nuire au succès définitif. Grâce à cette précaution, le retrait inévitable du tissu cicatriciel sur luimême, bien loin de détruire les avantages obtenus immédiatement, a pour effet d étaler plus complètement le lambeau autoplas tique, et contribue, par conséquent, à la beauté du résultat.

La suture entrecoupée doit être considérée comme le mode le plus avantageux d'assujettissement du lambeau. Les points de suture seront nombreux; le fragment cutané, qui s'engorge plus ou moins, quelque temps après l'opération, donne lieu à des éminences et à des replis qui contrarieraient le collement de la pièce, si elle n'était pas suffisamment fixée sur toute l'étendue de ses bords. Le terme moyen pour l'ablation des fils est du troisième au cinquième jour. Le lecteur aura dû remarquer que la suture en pont; imaginée par le docteur Gaillard (p. 908), met à l'abri des vulnérations multipliées que le passage des fils fait subir au fragment cutané. A cet égard surtout, ce mode de pansement mérite d'être pris en considération sérieuse.

Le lambeau se gonfle-t-il par suite d'une congestion sanguine immodérée, il faut le scarifier (Dieffenbach) ou même appliquer, vers sa périphérie, une ou deux sangsues (Blandin, Lisfranc), de crainte de gangrène. Tous les auteurs conseillent d'y enrayer l'augmentation progressive du calorique par l'application des réfrigérants.

Un sujet, âgé de 61 ans, et qui avait été soumis à une opération blépharoplastique par M. Chassaignac, se représenta, sept mois après, à l'hôpital, avec une récidive du cancer, qui avait complètement respecté le lambeau. M. Chassaignac trouva dans ce fait la confirmation d'une opinion, émise par le docteur Martinet (de la Creuse), que les lambeaux autoplastiques sont réfractaires à la reproduction de l'affection cancéreuse.

L'érysipèle de la face est l'un des accidents les plus communs après les opérations blépharoplastiques ; aussi doit-on ne pas se livrer à quelque tentative de ce genre, s'il règne beaucoup d'érysipèles.

Article 6. — Anchyloblépharon et blépharophimosis.

CAïucTÈivES anatomiques et physiologiques. — L'anchyloblépharon est l'union contre nature des paupières entre elles. Quelques auteurs le distinguent en vrai et en faux, désignant par la première dénomination une. véritable adhérence, et par la seconde, une agglutination momentanée des bords palpébraux, au moyen de matières muqueuses desséchées.

L'anchyloblépharon vrai, qui nous occupera seul dans cet article, peut être congénital, ce qui est très-rare, ou acquis. Nous citerons, en première ligne au nombre des causes de l'anchyloblépharon accidentel, la variole et surtout les plaies des paupières occasionnées par le feu ou des agents corrosifs. L'inflammation dubulbe,qui provient de la lésion traumatique,donne lieu à une photophobie qui contraint les malades à tenir les yeux fermés; c'est alors que l'adhérence se forme. Le blépharospasme, qui accompagne certaines ophthalmies, favorise de même le développement de l'anchyloblépharon, quand les marges palpébrales sont en même temps excoriées.

L'occlusion complète de la fente des paupières n'a été observée que par trèspeu d'ophthahnologistes. Quant à l'anchyloblépharon partiel, il siège assez ordinairement vers l'angle externe, point dans lequel les bords palpébraux sont plus rapprochés que partout ailleurs. Cette lésion, ainsi localisée, est surtout commune chez les vieillards; elle provient des excoriations palpébrales qui accompagnent l'ophtlialmie sénile. Dans quelques cas, les deux paupières sont unies dans toute leur continuité, si ce n'est vers la commissure interne, où subsiste une ouverture qui sert à l'écoulement des fluides.

Lorsque l'anchyloblépharon est compliqué de symblépharon, tantôt le globe est immobile, tantôt ses mouvements ne sont que bornés. L'œil, dans cette dernière circonstance, entraîne avec lui la partie adhérente de la paupière qui se plisse légèrement dans ce point; en outre, si l'anchyloblépharon est incomplet, on peut, à l'aide d'une sonde fine qu'on introduit dans l'ouverture qui sépare les deux voiles, déterminer l'étendue de l'espace qui reste libre entre eux et le bulbe. Les autres altérations susceptibles de s'associer à l'anchyloblépharon, et qui, le plus souvent, ont été produites par la même cause, sont des cicatrices aux paupières, le recoquillement des tarses, l'oblitération des conduits lacrymaux, la phthisie du globe, etc.

traitement. — Il consiste dans la rupture de l'obstacle et dans l'emploi des moyens les plus propres à en prévenir la récidive. Le pronostic est meilleur. ?i l'on n'a affaire qu'à quelques brides filiformes ou rubanées, ou aune membrane mince, que lorsque les paupières sont intimement soudées l'une à l'autre. La guérison est difficile à obtenir, quand l'adhérence occupe l'angle externe, le rapprochement des bords palpébraux, vers la commissure temporale, favorisant la reproduction de la maladie. On devra avoir égard aux lésions concomitantes. Le symblépharon est une complication peu grave, quand la région scléroticale du globe est unie aux paupières par quelques liens faciles il diviser, le repli rétrotarsien de la conjonctive étant libre; le cas est plus fâcheux, quand la soudure intéresse ce repli (voir l'article suivant), quand les liens sont serrés et étendus et quand une partie de la cornée est comprise dans l'adhérence. Lorsque les conditions du bulbe ne permettent pas de songer à rétablir la vision par l'opération de l'anchyloblépharon, celle-ci peut être indiquée, si le malade désire porter un œil .artificiel.

\° Opération de V anchyloblépharon partiel. — On engage entre le globe et les voiles palpébraux, par la fente qui subsiste encore, une sonde cannelée, h laquelle on imprime la courbure qui s'approprie le mieux à la disposition des orga-

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