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CHAPITRE 11. — MALADIES DES SOURCILS ET DES PAUPIERES

Le procédé de M. Hays ne me paraît fructueusement applicable qu'aux brides simples et étroites. Je pense avec le docteur Vautrin 1 que ce n'est guère que dans les cas légers que le procédé de M. Pétrequin présente des chances sérieuses de réussite.

Il résulte de ces considérations que la chirurgie ne nous offre encore aucun élément curatif digne d'être recommandé avec confiance contre les symblépharons étendus et accompagnés surtout d'une soudure intime au cul-de-sac oculopalpébral. Les opérateurs devront se pénétrer des avantages et des inconvénients inhérents aux principaux procédés* connus, et en diriger l'application suivant les conditions pathologiques qu'ils ont à combattre et les chances les plus probables de réussite.

DU SÏMBLEPHARON AU POINT DE VUE DE LA PROTHESE OCULAIRE. J'ai été SOUVent

consulté par des sujets porteurs d'un moignon compliqué de symblépharon, et qui désiraient approprier l'organe perdu à l'application d'un œil artificiel. La règle suivante me paraît devoir être suivie dans les cas de ce genre. Existe-t-il un espace quelconque derrière la bride, du côté du repli rétro-tarsien, coupez-la et faites immédiatement porter un œil d'émail pour prévenir la reproduction de l'adhérence. Celle-ci s'étend-t-elle vers le pul-de-sac, de telle sorte qu'un stylet ne peut glisser derrière elle, il faut la respecter, et c'est à l'artiste de combiner son travail en conséquence. (Voy. Œil artificiel.) Il est vrai que, dans les premiers temps, la disparition de l'obstacle rend la prothèse exécutable, sans qu'on ménage une échancrure à la pièce, mais celle-ci est graduellement chassée, à mesure que la bride se reforme d'arrière en avant, et l'émail finit par ne pouvoir plus être logé dans l'orbite.

Le 21 juillet 1858, M. Legouest présenta à la Société de chirurgie un militaire auquel il avait pratiqué une blépharoplastie pour détruire un symblépharon partiel et placer un œil artificiel. On lit dans la Gazette des hôpitaux (n° du 3 août 1858) : « Le procédé suivi a consisté à plonger un bistouri, d'avant en arrière, dans l'épaisseur de la cicatrice, qui fut parcourue par l'instrument dans toute sa profondeur, au-dessous de la paupière supérieure, et à tailler deux lambeaux, l'un externe., l'autre interne, constitués tous deux par moitié de l'épaisseur de la bride cicatricielle et par une portion de la conjonctive empruntée au moignon de l'œil. Les deux lambeaux, appendus verticalement à la face postérieure de la paupière, furent relevés l'un vers l'autre, appliqués par leur surface saignante sur la paroi interne du voile palpébral, dans l'espace nouvellement formé par la restitution de son extensibilité, et maintenus en place au moyen de bourdonnets de charpie introduits dans la cavité orbitaire, en assez grande quantité pour faire bomber la paupière. L'indocilité du malade ne permit pas, comme l'opérateur se le proposait, de réunir par la suture les bords de la perte de substance delà conjonctive oculaire qui avait fourni une partie des lambeaux ; néanmoins, un mois après l'opération, la cavité conjonctivale restaurée put recevoir un œil artificiel et le contenir sans douleur, sans gêne et avec soli-

1 E. Vautrin, De l'adhérence anormale des paupières entre elles et avec le qlobe de l'œil. Thèse inaug. Paris, 1856.

L1V1VK III. — MALADIES DES ANNEXES I)E I/ŒU..

dité. Cet œil, aujourd'hui, trois mois après l'opération, est devenu trop petit, pl sera remplacé par un autre plus gros et plus en rapport avecla laxité des paupières. »

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