‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 435 sur 501 · DES PAUPIERES · texte numérisé non relu

DES PAUPIERES

Article 1.— Chromhydrose et éphydrose palpébrales.

La chromhydrose ou chromocrinie ne figure encore dans aucun traité d'ophthalmologie. Quelques cas fort rares de cette bizarre altération ont été observés} en Angleterre, en Irlande et ailleurs ; Brest, toutefois, semble le lieu où elle| se développe plus particulièrement. A quelle influence cette ville doit-elle ce fâcheux privilège? Ce problème n'a point encore été résolu; il y a là, il faut en convenir, quelque chose de mystérieux, qui excite vivement aujourd'hui! l'attention du corps médical. M. Leroy de Méricourt, professeur à l'école de médecine navale de Brest, a décrit le premier la chromhydrose et a fait à cet égard une communication à l'Académie impériale de médecine (séance du 31 août 1858). L'altération consiste dans la sécrétion d'une matière colorante accidentelle à la surface de la peau ; elle se loge, sous forme d'unef poussière très-ténue, dans les sillons aréolaires et dans les plis du tégument, externe. Un linge blanc, mis en rapport avec la tache, se colore d'une nuance pareille ; le linge est-il imbibé d'huile, la substance colorante est entraînée, mais ne tarde pas à se reproduire. L'analyse chimique a démontré dans cet enduit la présence du carbone et du fer; le chlore, tant à chaud qu'à froid, n'a] aucune action sur lui. La chromhydrose, dans la majorité des cas, se localise aux paupières inférieures ; elle peut envahir les deux supérieures, une partie du front, des joues et s'associer à des taches analogues sur- d'autres régions dej l'économie. Le plus communément, une teinte noire ou d'un bleu foncé s'étend! graduellement à partir de l'angle interne ; son intensité est sujette à varier j elle est parfois assez foncée pour simuler l'application d'une couche de noir de fumée. Ce phénomène ne s'est montré jusqu'à ce jour que chez des lilles ou déjeunes femmes (de 16 à 32 ans), presque toutes chlorot.ques et hyslenj ques ; M. de Méricourt l'envisage comme une expression symplomatique dune] perturbation générale causée par la diminution ou la suppression du flir^ mensuel ; il y a lieu de penser, d'après lui, qu'on a affaire à une sécrétion anormale de pigment accidentel provenant de la matière colorante du sang. La lésion une ibis établie peut se perpétuer des années. Son traitement n est soumis encore à aucune règle. M. de Méricourt recommande les expédients capables de régulariser la menstruation et de favoriser la circulation de la peau . M . Hardy, qui a également observé la chromocrinie à Brest, se demande si l'on ne reli remit

Page 1