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MALADIES DE L'APPAREIL LACRYMAL

MALADIES DES ORGANES SÉCRÉTEURS DES LARMES (DACRYADÉNITE , INDURATIONS BENIGNES ET MALIGNES, FISTULES DE LA GLANDE LACRYMALE, DACRYOPS, LARMOIEMENT).

Si nous sommes journellement consultés pour des altérations ayant leur siège gans les organes excréteurs des larmes, celles des organes générateurs do ce fluide ne se présentent que très-exceptionnellement à notre observation et sonl généralement d'une symptomatologie fort obscure.

Je n'ai jamais diagnostiqué une inflammation franche de la glande lacrymale (dacryadénite) ; je ne l'ai vue jamais non plus diagnostiquer dans une clinique ophtalmologique. La dacryadénite, a-t-on dit, peut êtic aiguë ou chronique On a indiqué, comme traits principaux de la da^yadétiite aiguë, qui peut, da.lleius, être occas.onnée par une contusion, un refroidisseraenl etc.,

D42 LIVHB III. -^-MALADIES DES ANNBXRB DE l'<1UL.

la présence d'une tuméfaction progressive au-dessus de l'angle externe de l'œil. Le sourcil est soulevé vers son extrémité temporale; la conjonctive est injectée; le tissu ccllulo-adipeux de l'orbite participe plus ou moins à la souffrance du corps glanduleux ; l'œil est sec (xérophlhalmie) ; le sujet éprouve de la tension et des douleurs lancinantes dans la région compromise. Si la maladie n'est pas arrêtée dans son développement, le globe est poussé en avant et refoulé en môme temps vers l'angle interne. Elle peut se terminer par résolution ou par suppuration, condition dans laquelle de la fluctuation se manifeste dans la tumeur, le pus s'échappant ensuite, tantôt vers le grand pli correspondant de la conjonctive, tantôt à travers la paroi cutanée du voile supérieur. La forme chronique de la dacryadénite a été plus particulièrement notée chez les sujets strumeux. Un gonflement indolent de la glande et un œdème, qui surgit de temps à autre à la paupière supérieure, la caractérisent. Parfois, eij. soulevant ce dernier voile, on constate par la vue et surtout par le toucher une saillie constituée par la glande accessoire (page 34).

En extirpant le globe, dans des cas d'affections cancéreuses, on a trouvé la glande lacrymale augmentée de volume et squirrheuse. On a encore cité des exemples dans lesquels la dégénérescence était bornée à la glande seule, d'où la nécessité d'en entreprendre isolément l'ablation. Dans la plupart des faits relatés, y avait-il squirrhe véritable, ou bien engorgement chronique, hypertrophie ou induration simple? L'admission de ces dernières conditions me paraît infiniment plus probable1.

La fistule de la glande lacrymale (fistule lacrymale vraie) a été notée comme conséquence possible de la dacryadénite suppurative. Cette forme morbide trèsrare n'est point décrite dans les anciens auteurs ; Ad. Schmidt et Beer en firent connaître les premiers quelques observations cliniques et en indiquèrent le traitement chirurgical ; elle a trouvé place dans les écrits plus récents de Chelius. Jûngken, Rosas, etc. Elle consiste dans un conduit accidentel qui aboutit, d'une part, à la gland elle-même, et d'autre part, à la face externe de la paupière supérieure, vers l'angle temporal de l'œil. Le plus souvent, l'orifice extérieur est tellement ténu qu'il est à peine visible ; par là se fait un suintement de larmes qui humectent la face cutanée de la paupière , de manière que le malade y porte de temps en temps la main ou son mouchoir, pour essuyer ce voile.

On a rapporté des cas de lilhyase, d'hydatides, de kystes de la glande lacrymale. Le dacryops est considéré par Benedict comme le résultat de la dilatation d'un conduit excréteur de la glande lacrymale ; il serait ainsi à ce canal ce que la grenouillette est à l'un des conduits de Warthon. Je crois plutôt que le dacryops n'est qu'un kyste à l'intérieur duquel aboutissent un ou plusieurs des conduits excréteurs de la glande lacrymale. 11 offre une protubérance globuleuse située dans la région de ce corps glanduleux ; la pression la vide habituellement du côté de la face interne de la paupière supérieure ; l'augmentation de la poche cystique, sous l'influence du larmoiement, a été considérée comme son sym-

* Voir, pour un cas d'hypertrophie congénitale de la glande lacrymale, les Annales d'oculislique, t. \ Mil. p. 445.

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