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CHAPITRE IV. — MALADIES DK l'aPPARUIL LACRYMAL

ptôme caractéristique. Dans le dacryopsfist.ulosus, un pertuis, parlois infundibuliforme, et livrant passage à des larmes pures, s'ouvre à l'extérieur, sur la paroi cutanée du voile supérieur.

On désigne généralement sous le nom d'épiphora le larmoiement actif qui s'associe à certaines ophthalmies et accompagne toujours la présence d'un corps étranger dans l'œil ; le stillicidium lacrymarum, ou larmoiement passif, dérive d'un obstacle au cours des larmes dans le conduit lacrymo-nasal. Il y a, dans l'un, hypersécrétion du fluide; dans l'autre, ce dernier, versé physiologiquement au-devant du globe, n'est qu'insuffisamment absqrbé. Une certaine quanti té de sang peut se mêler aux larmes (dacryokœmarrhysis ; lacrymatio sanguinea), phénomène qui m'a toujours paru dépendre de la rupture de quelques vaisseaux de la conjonctive ou d'une tumeur fongueuse située au-devant de l'œil ou à la face interne des voiles palpébraux. Dans quelques cas, et plus particulièrement dans le scorbut et dans certains troubles de la menstruation, le sang paraît avoir sa source dans la glande lacrymale elle-même, mais comme le fait observer M. Mackenzie, on ne peut toujours décider si ce fluide provient de la glande lacrymale ou n'a pas la conjonctive pour point do départ.

TRAITEMENT DES FORMES QUI VIENNENT D'ÊTRE DÉCRITES. — Les purgatifs, le Calo-

mel, les saignées locales et les topiques mercuriels seraient les meilleurs expédients à employer, si l'on soupçonnait la présence d'une dacryadénite aiguë; l'invasion de la suppuration peut rendre urgente l'intervention d'un coup de lancette, suivie de l'application de cataplasmes émollients. La dacryadénite chronique, l'engorgement hypertrophique de la glande lacrymale seront combattus par des onctions mercurielles , iodées , par des préparations dans lesquelles on fera entrer le chlorhydrate d'ammoniaque, l'oxyde noir de cuivre, le camphre, l'extrait de ciguë, par les agents résolutifs, en un mot, dont l'efficacité a été démontrée par l'expérience.

Travers, M. Anderson (de Glascow), M. Halpin, ont publié des faits d'ablation isolée de la glande lacrymale, affectée d'induration squirrheuse ou supposée telle. Ellese pratique d'après les principes précédemment exposés pour l'extirpation des kystes orbitaires. M. Halpin rase le sourcil, tire fortement la paupière en bas, et divise ce dernier dans toute sa longueur en laissant du côté du front la moitié environ de sa hauteur. L'incision, qui décrit une courbe à convexité supérieure, commence au-dessus du tendon de l'orbiculaire et se termine à douze millimètres environ au-dessus de la commissure externe. M. Halpin réunit les lèvres de la plaie par quatre ou cinq points de suture1.

La dilatation préalable du pertuis morbide à l'aide de cordes à boyaux, el l'emploi consécutif d'injections irritantes (alcool; solution de sublimé corrosif; solution de potasse caustique), furent les premiers expédients dont usa Schmidt dans les fistules de la glande lacrymale ; comme ils restèrent infructueux il cautérisa, à plusieurs reprises, l'intérieur du conduit anormal, avec un crayon de pierre infernale, et obtint ainsi la guérison, au bout de trois semaines. Beer recommande également de chercher à agrandir le tube capillaire, par l'intro-

1 Gazelle médicale, année 4846, p. 723, et Annales d'oculistique, t. XIX, p. -159.

»M<i LIVRE III. MALADIES DES ANNEXES DE l'œIL.

duetion fréquente du stylet d'Anel ei par celle des cordes, puis d'appliquer le nitrate d'argent. Chez un paysan, dont la fistule s'étendait à cinq millimètres de profondeur, il porta avec rapidité, jusqu'au fond de l'ulcère, une aiguille à tricoter rougie à blanc, et en provoqua l'oblitération complète. D'après Jùngken, il faut dilater la fistule, comme l'enseignent Scbmidt et Beer ; ce résultat obtenu, on fend, à droite et à gauche, avec une sonde cannelée déliée et un bistouri étroit et pointu, les parois calleuses du nouveau canal, de manière à le converti] en une espèce d'entonnoir, qu'on cautérise avec la pierre infernale ; l'escarre détachée, on dirige les pansements de telle sorte que les bords de la plaie soient maintenus dans un rapprochement aussi exact que possible.

La rareté des kystes lacrymaux doit rendre très-incomplets les préceptes destinés à l'accomplissement de leur guérison. Il n'y a qu'un moyen d'y arriver, at-on dit, c'est de créer à la face interne de la paupière supérieure une ouverture durable par laquelle les larmes puissent avoir un libre cours. M. Bowman, dans un cas de ce genre1, traversa le dacryops en deux points, par une ligature dont chacun des chefs fut séparément introduit, avec une aiguille, de la paroi cutanée à la paroi muqueuse du voile supérieur; les deux extrémités du fil furent amenées à l'angle externe et maintenues fixées à la tempe, à l'aide d'un emplâtre adhésif. Au bout de quelques jours, on saisit avec des pinces la portion de peau à laquelle aboutissait l'orifice externe de la poche cystique, on la retrancha d'un coup de ciseaux, puis les lèvres de la plaie furent rapprochées avec deux serres-fines auxquelles on substitua, peu de temps après, des bandelettes agglutinatives. La solution de continuité de la peau guérit, dit-on, avec rapidité et le pertuis iistuleux de la conjonctive resta perméable. Le succès s'est-il maintenu? C'est ce que nous ignorons et c'est ce qui enlève généralement une grande valeur aux observations de ce genre. On lit, au tome XXXYI, page 269, des Annales d'oculistique, qu'un homme se présenta, en 1853, à l'hôpital ophthalmique de Londres, portant une tumeur élastique, indolente, qui se montrait aux regards dès qu'on soulevait la paupière supérieure. La protubérance, qu'on voyait également à l'extérieur sous forme d'une petite fève, correspondait aux conduits delà glande lacrymale. M. Wallon renversa le voile supérieur, souleva, avec des pinces, la poche cystique ainsi que la conjonctive qui la limitait, et en effectua la résection. Un fluide légèrement louche s'épancha au dehors. Dans ,v cas encore, on annonce une guérison complète.

Le traitement de l'épiphora et du stillicidium lacrymarum ne demande aucun développement, puisqu'il se rattache à celui de la maladie dont ils ne sont au'une manifestation symptomatique.

1 Annales d'oculistique, t. XLIII, p. 37.

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