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CHAPITRE t. DIAGNOSTIC

Il n'a jamais constaté que ces indices persistassent plus de vingt-quatre ou trente-six heures, à moins (pie l'acte ne lut renouvelé avant l'écoulement du temps qui vient d'être livé.

L'irrégularité de la pupille, chez les sujets adonnés à l'onanisme, est également signalée par Jûngken; mais habituellement, d'après lui, elle offrirait un angle ohtusen dehors et en haut. Jl ajoute qu'elle perd alors son éclat et contracte une teinte grisâtre, phénomène, d'ailleurs, qu'il ne reconnaît pas comme constant.

Le signe indiqué par M. Pétrcquin nous a fait défaut dans un grand nombre de cas, où la pratique de la masturbation était évidente; dans d'autres circonstances, il nous a été d'une utilité réelle. Une fois, entre autres, je signalai la probabilité d'une habitude vicieuse à un homme qui me consultait pour son enfant affligé d'un assez haut degré d'amaurosc. Le père se récria, affirmant que j'étais bien certainement dans l'erreur. Deux jours après, il vint me revoir et m'annonça que, découvrant tout à coup son fils, pendant la nuit, il trouva sous la couverture et entre les jambes de son enfant un écureuil qu'il affectait à ses plaisirs. Dès lors, le doute n'était plus permis, et les mesures de toutes sortes que nous adoptâmes furent couronnées d'une réussite complète.

L'iritis, le ptérygion ne se manifestent guère que chez les adultes. C'est vers l'âge de cinquante ans qu'apparaissent habituellement les prodromes de la cataracte. Les femmes après la ménopause, les gens avancés en âge sont sujets aux congestions profondes de l'oeil qui constituent les affections glaucomateuses ou arthritiques de l'ancienne école allemande.

Si, comme le dit Cicéron, la vieillesse elle-même est une maladie, senectus ipso morbus est, il est difficile que l'organe le plus délicat de l'économie ne participe pas aux infirmités qui en sont le triste apanage. Plusieurs causes ici concourent à altérer la vue. La diminution de quantité des humeurs de l'œil entraîne celle de la force réfringente de l'organe, d'où il résulte que le vieillard ne distingue plus nettement les objets rapprochés, et qu'il est obligé, pour les apercevoir, de les éloigner beaucoup de ses yeux et de recourir aux verres convexes. L'opacité jaunâtre ou ambrée, qui envahit le noyau du cristallin à cet âge, émousse toujours un peu l'éclat des rayons de lumière, qui, vers le fond du globe, ne sont plus qu'insuffisamment absorbés à cause de l'affaiblissement de la teinte noire de la choroïde. Par suite enfin de la diminution de la sensibilité générale du système nerveux, les objets font moins d'impression sur la rétine, les nerfs optiques transmettent moins énergiquement cette impression au cerveau, et celui-ci est moins capable de la recueillir. Nous verrons aussi que la vieillesse est sujette à une conjonctivite essentiellement chronique et torpide, l'ophlhalmie séuile.

Les deux sexes semblent à peu près également enclins à la plupart des maladies des yeux : la conjonctivite, la kératite, l'iritis, le glaucome, la cataracte, etc. Certains auteurs sont d'avis que les femmes sont le plus disposées à l'amaurose, ce qu'ils ont attribué à la chlorose, au retard susceptible de se manifester dans l'établissement de la menstruation, aux irrégularités si fréquentes du flux, périodique, aux orages de la grossesse, à ceux qui peuvent la suivre, aux accidents

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de l'Age climatérique. Celle opinion, satisfaisante jusqu'à un certain point en théorie, se rallaelie à l'un de ces problèmes qui ne reçoivent jamais de solution. Quelques-uns même, Lassus par exemple, ont avancé que les hommes étaient plus souvent frappés de celle affection que les femmes. On a aussi produit des cjjjffres tendant à démontrer que la cataracte était plus fréquente chez les hommes que chez les femmes. Le rapport serait de 100 à 03, d'après une statistique de Jaeger; de 100 à 70, d'après celle de llasner; de 100 à 8(5, d'après Fabini.

Article 2. — Idiosyncrasies. — Diathèses.

Chez quelques sujets, une disposition particulière détermine, dans l'impression produite par certaines conditions internes ou par des agents extérieurs, des phénomènes tout à l'ai t différents de ceux qui se passent chez la plupart des autres individus dans des circonstances analogues. Des enfants, par exemple, sont frappés de cécité amaurotique, sous J'influence des vers. Souvent, par suite d'une idiosyncrasie, un médicament reste sans action ou en produit une tout à fait contraire à celle qu'on est en droit d'en allendre. Un collyre très-léger de sulfate de zinc ou d'acétate de plomb exaspère constamment une conjonctivite chez quelques malades, tandis que chez d 'autres, une solution très-énergique de l'un ou de l'autre de ces sels engendre à peine une réaction appréciable. Telle était la sympathie qui unissait les yeux cl les organes urinaires, chez un homme et chez une femme à qui Jûngken donna des soins, q\ie ces malades éprouvaient une urgente nécessité d'uriner, l'homme quand il instillait entre ses paupières quelques gouttes d'une solution de sulfate de zinc, et la femme lprsqu'elle pratiquait sur ses yeux des fomentations froides, à cause d'une ophthalmie traumatique. Chez l'un comme chez l'autre, le besoin était immédiat; quand même on y avait satisfait peu de temps auparavant, il se faisait de nouveau sentir.

Les idiosyncrasies ont également une large part dans les conséquences des opérations chirurgicales. Une femme, opérée d'une cataracte, unioculaire par Blandin, perdit rapidement l'œil , au milieu de cruelles souffrances. Ayant été appelé, quelques années après, à couper, chez elle, une bride qui gênait l'application d'un œil artificiel, la malade fut prise d'une inflammation suraiguë du moignon, et ses douleurs, me dit-elle, furent aussi vives à la suite de cette seconde tentative qu'après la première. Un homme, par contre, chez lequel je pratiquai l'extraction de la cataracte, se frappa l'œil dans la nuit qui suivit l'opération, pendant qu'il rêvait qu'il se hattait avec sa femme. Rien de fâcheux ne survint. Ayant eu l'imprudence, vingt jours après, de faucher longtemps au grand soleil, il fut atteint d'une iritis, qui abolit la vue dans l'œil opéré. Or, cette fonction se rélahlit bientôt sous l'influence du repos, de sangsues et de quelques prises de caloinel.

Un grand nombre de praticiens me paraissent par trop portés à imputer aux scrofules la plupart des maux qui viennent affliger l'humanité. Une particulaîité, fréquente dans l'oculistique, mérite, à cet égard, une mention spéciale. Quand une ophlhalmic est associée à un engorgement plus ou moins dou-

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loureux des ganglions parotidiens, il ne faut pas rattacher cet engorgement à un prétendu vice gcrofuleux et voir dans ce dernier la cause du double accident auquel on a affaire. Presque ppijstamment, dans l'espèce, l'inflammation ophthalmique est le point de départ de la tuméfaction glandulaire, que j'ai vue se manifester souvent chez les adultes les plus sanguins, et à l'occasion parfois d'une simple conjonctivite catarrhale. M. Velpeau fait observer que c'est à une irritatipn d'une région plus ou moins éloignée que doivent être attribués presque tous les engorgements ganglionnaires; il n'est point d'individu sur lequel il ne soit possible d'en taire naître artificiellement. La dermatose la plus légère comme l'inflammation la plus étendue, la vésicule la plus minime comme la carie la plus large du pied ou de la jambe, sont aptes à engendrer une tuméfaction des ganglions sous-inguinaux. Les affections de la verge, des fesses, des parois hypogastriques, ont leur retentissement aux ganglions de l'aine; les ganglions lombaires peuvent s'engorger, quand une maladie existe au testicule. Qu'on se pique le doigt, les ganglions sus-épitrochléens ou ceux de l'aisselle se prennent; il en est. de même des ganglions sus • cl avi cul aires, dans les affections du cou et de l'épaule. Examinez les sujets tourmentés par des engorgements ganglionnaires des régions parotidienne, sous-maxillaire ou cervicale, et vous constaterez, dans la plupart des cas, que les ganglions ne sont, gonflés que par suite d'une condition pathologique, passagère ou chronique, de quelque partie de la face ou de la tète : affections herpétiques ou autres de l'oreille; phlegmasies de l'œil, des paupières, des voies lacrymales, de l'orbite; irritations de la bouche, des gencives, notamment lors de l'éruption des dents; gourmes au cuir chevelu, etc. Ce qui peut induire en erreur, dit M. Velpeau, au point de vue de l'acceptation d'une dyscrasie, c'est que, souvent, l'irritation primordiale s'éiant évanouie, l'engorgement ganglionnaire n'en persiste pas moins et peut même continuer à se développer. Une ophthalmie disparaît, par exemple, laissant après elle la tuméfaction glandulaire qu'elle a fait naître , de telle sorte que , quand , au bout d'un long laps de temps, le praticien veut trouver la cause du mal pour lequel on le consulte, il ne le peut, et croit à un engorgement purement idiopatbique.

Quelques maladies, du ressort de l'oculistique, sont qualifiées de rhumatismales. Un rhumatisme me parait une affection du tissu musculaire, fibreux ou libro-séreux, affection d'un cachet spécial, d'une nature inconnue, et qui est susceptible de surgir sur tous les points où les éléments de ces tissus existent. Hufeland invoque, comme principe fondamental, la suppression ou le trouble de la fonction cutanée et la production, qui en résulte, d'une matière acre retenue dans les mailles du derme. Qu'on remarque bien, dit-il, qu'il ne s'agit pas seulement ici de la cessation de la sueur; l'on a surtout affaire à cette transpiration insensible, gazéiforme, moyen de purification le plus général et le plus important du corps humain, puisque c'est par son intervention que les deux tiers environ des matériaux détériorés sont entraînés hors de l'organisme; maintenue dans l'économie, elle doit constituer un principe morbifique essentiellement nuisible, et altérer à la longue, l'intégrité des humeurs. On a encore parlé d'inflammation, de névrose localisée dans les

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ramifications ou les expansions nerveuses les plus ténues, intercelluleuses ■ ntcrmusculaires, etc. Quelle que soit la valeur de ces théories, il faut avoi l'on vue la condition éliologiquc qui nous occupe, car elle peut fournir, dans quelques cas, des indications thérapeutiques spéciales.

De grands succès sont réservés à l'oplilhalmologistc imbu de ce principe • semper de vmere mspkandvm. La syphilis se présente à chaque pas dans l'ocuhstique, et souvent avec un masque trompeur. Vous la trouverez dans les membranes oculaires, aux paupières, sur la région du sac, dans le conduit lacrymo-nasal, dans le système nerveux dévolu au globe et à ses organes moteurs, et jusque dans les parois osseuses préposées à la protection de l'appareil visuel.

Quelques sujets atteints d'ophthalmie (iritis on kérato-iriditë) , qui fut attribuécàune syphilis héréditaire, ontprésentéà M. Hutcbinson une rntaillure des incisives supérieures, échancrées vers leur bord libre Cette circonstance, également vérifiée par M. Diday (de Lyon), a été fournie par M. Hutchinson comme un signe auquel il fallait avoir égard, quant à l'existence d'une syphilis congénitale tardive. M. Diday fait observer qu'il est d'autant plus important de décider si cet état doit être rapporté à la syphilis que, loin d'être l'une des formes précoces de la diathèse héréditaire, il s'observe habituellement à l'âge de huit ou dix ans. M. Hutchinson cite même des sujets de dix-huit, vingt et jusqu'à vingt-cinq ans. On comprend, ajoute-t-il, que la lésion se développant aussi tard, il soit assez difficile de constater les antécédents des parents. Il n'y a souvent alors, chez les sujets eux-mêmes, que des traces peu visibles des symptômes spécifiques qu'ils ont pu offrir au début de leur existence.

Le phénomène qui vient d'être noté s'est-il présenté comme une simple coïncidence fortuite ou bien a-t-il réellement la valeur qui lui a été assignée? C'est ce qui devra être décidé par l'observation clinique.

Article 3. — Hérédité. — Agitations morales. — Impressions de la mère

durant la grossesse.

J'ai soigné d'une double amblyopie une jeune fille dont le père et le frère étaient atteints d'amaurose et dont les deux oncles étaient morts aux Quinze- Vingts amaurotiques. Beer rapporte que, pendant trois générations, toutes les femmes d'une même famille furent attaquées de goutte sereine, à la cessation de leurs règles. Demours cite quatre sœurs qui ne voyaient que très-peu de l'œil droit; leur père offrait la même infirmité. Qui ne sait que cette disposition héréditaire est susceptible de s'étendre à beaucoup d'autres affections du çlobe et de ses annexes : héméralopie, myopie, épicanthus, blépharite ciliaire, etc. De nombreuses observations m'ont démontré qu'on devait placer à juste titre l'hérédité au nombre des causes les plus communes de la cataracte. Il peut arriver qu'elle soit héréditaire congénitale, ou, ce qui a lieu le plus souvent, qu'elle

Gazelle hebdomadaire; année 1 860, p. 120.

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