CHAPITRE IV. MALADIES DE L'APPAREIL LACRYMAL. 9f
crétées. Le rétrécissement des conduits lacrymaux est, dans certains cas, imputable à des brides qui opposent un obstacle à la progression des instruments explorateurs. Une tumeur, développée dans les parties voisines, peut rapprocher les parois des conduits et en rétrécir le diamètre.
extroversion des points LACRYMAUX. — Quand cette condition morbide est liée à un ectropion, elle est constatable au premier coup d'oeil. Dans d'autres cas, elle peut échapper à l'exploration, si l'on n'y apporte une certaine attention. Capable de donner lieu à un stillicidium plus ou moins abondant, cette extroversion peut être liée à deux causes principales existant seules ou associées à une ophthalmie. Tantôt une phlegmasie chronique a envahi la portion de la conjonctive qui côtoie le point lacrymal et cette partie devient le siège d'une hypéréraie et d'un épaississement qui suffisent pour effectuer le déplacement dont il s'agit ; tan loi la peau est occupée par une affection eczémateuse ou autre, d'oii une certaine rétraction et la luxation de l'orifice lacrymal. Cette déviation ne sera guère rencontrée qu'à la paupière inférieure dont le renversement a lieu sous l'influence de la cause la plus légère.
traitement bes formes qui viennent d'être décrites. — L'inflammation isolée onduits lacrymaux, analogue à celle dont nous avons relaté un exemple, sera combattue par des topiques astringents et par les injections avec la seringue d'Anel. 11 faudra, avant d'y procéder, vider la tumeur de son contenu par la pression.
S'agit-il d'une perforation fistuleuse, il est permis de l'abandonner à ellemême. Le point lacrymal congénère continuera à absorber une certaine quantité des fluides, et ces derniers ne peuvent-ils pas être aussi pompés par l'orifice accidentel, comme le démontre le procédé de M. Bowman.
Le cathétérisme forcé avec la seringue d'Anel a suffi, dans certains cas, pour vaincre des obstacles qui contrariaient le cours des larmes.
La lumière d'un conduit lacrymal est-elle bouchée par une membranule délicate, on peut, comme le conseille Chelius, la traverser avec un stylet et introduire, de temps en temps, au besoin, une sonde mousse dans le point lacrymal.
Un stylet à canule pour les rétrécissements des conduits lacrymaux, près de leur embouchure dans le sac, a été imaginé par M. Bowman, qui annonce avoir triomphé par la section de ces brides de larmoiements qui duraient depuis six mois à quatre années l. Un autre procédé du même opérateur est applicable "extroversion des points lacrymaux. Il est fondé sur cette considération qu'une exposition prolongée à l'air de la région qu'ils occupent peut à la longue l'épaissir, la dessécher, lui ravir ses attributs physiologiques; il suit de là que les larmes n'arrivent plus au sommet du mamelon lacrymal, mais affluent vers la
le point lacrymal inférieur; je l'enlevai d'un coup de ciseaux au niveau du point lacrymal, qui en était dilaté, et je portai sur la partie visible une petite pointe de nitrate d'argent. Les injections passaient dans la narine par le point lacrymal , même avant l'opération; en peu de jours tout rentra dans l'ordre naturel.
1 Voir, pour la représentation de l'instrument et l'explication du procédé les Annales d'oculistique, t. XXXIV, p. 141.
Caroncule, d'où elles s'épanchent sur la joue. Quoi qu'il eu soit de celle théorie M. Bowman incise avec le bistouri; sur un petit stylet cannelé, le conduit lacrymal jusque près la caroncule. Tous les jours, on passe, le long de la paupière, tant dans le sillon produit que dans le tronçon du conduit naturel, un stylet mousse destiné à prévenir ou à détruire les adhérences plastiques, à empêcher les hords de la plaie de se cicatriser entre eux et à tenir le canal béant] on donne ainsi lieu à une sorte de cutisation de la partie fendue, et peu de temps suffit, d'après M. Bowman, pour que le nouvel orifice, situé à une petite distance de la caroncule, reste perméable aux larmes. Les résultats que fournit ce. procédé ont porté ce chirurgien à conclure que les auteurs qui ont écrit sur l'appareil lacrymal ont attaché aux fonctions des points lacrymaux une trop* grande importance. Quelques atrésies partielles des conduits lacrymaux, dans' les cas surtout où l'oblitération ne s'étend pas trop avant dans ces canaux, pour^ raient militer encore pour l'exécution de cet expédient chirurgical.
Une atrésie complète de la totalité des conduits lacrymaux est au-dessus de 1 puissance de l'art, et les procédés imaginés par Monro, A. Petit, et d'autres! dans le but d'y porter remède, ne méritent aucune confiance. Le procédl de Monro consiste à fendre la paroi externe du sac et à faire passer dans l'épaisseur de la paupière, à l'endroit où siège le conduit lacrymal, unéj aiguille fine garnie d'un fil de soie ciré, qu'on laisse en place en guise de séton, après avoir retiré l'aiguille par l'orifice du sac. Le fil est maintenu dans 1 parties jusqu'à ce que le nouveau canal soit devenu calleux. Dans le procéda d'A. Petit, ancien professeur d'anatomie au Jardin des Plantes, on incise le sac du côté de la caroncule, et on place un corps étranger entre les lèvres de la solution de continuité, jusqu'à ce qu'elles soient revêtues de callosités.
Article 3.— Inflammation aiguë du sac lacrymal (dacryo cystite aiguë, dacryocystite phlegmoneuse).
caractères anatomiques et physiologiques. — Cette altération, très-fréquente dans la pratique et qu'il ne faut pas confondre avec l'anchylops (page 386 ),| s'annonce par de la rougeur, de la chaleur et des élancements douloureux dans' la région du grand angle. Une tumeur, d'un rouge foncé, se déclare ensuit» entre la racine du nez et la commissure interne ; le plus souvent, sa portioJ supérieure est séparée du reste de la protubérance par une dépression assez s sible, résultat de l'étranglement que fait subir au sac tuméfié le tendon dire du muscle orbiculaire, lequel croise, à angle droit, les limites antérieures decfl réservoir. Les douleurs sont d'ordinaire d'une acuité extrême, s'exaspèrent au moindre contact et s'irradient dans les fosses nasales et dans la tète. Les organej limitrophes participent plus ou moins à la souffrance du sac; la conjonctivi est injeclée, fréquemment atteinte d'un chémosis séreux. Je vois souvent lej ganglions parotidiens engorges. Quand la phlogose est arrivée à un haut degré d'intensité, la paupière inférieure et la joue sont quelquefois tellement protubérantes et rouges, que la tumeur, naguère circonscrite, se confond avec les parties gonllces qui l'environnent, et s'efface en perdant sa configuration rem-