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CHAPITRE V. — STRABISME

L'histoire de l'opération du strabisme a ses temps héroïques, dans lesquels la myotomie oculaire paraît avoir été imaginée, exécutée même sur le vivant, sans que les procédés suivis se soient transmis jusqu'à nous; elle était tombée dans l'oubli. A des époques plus rapprochées de nous, elle semble avoir été entrevue par plusieurs chirurgiens, dont les titres ne sauraient être acceptables pour rétablissement d'une priorité en faveur de leurs auteurs, car ils n'ont surgi qu'après que la découverte de Stromeyer eût attiré l'attention du monde scientifique. L'honneur de la priorité revient de droit à l'illustre chirurgien de Hanovre ; il ne saurait lui être refusé.

C'est en 1838 que Stromeyer a fait connaître ses idées sur la section des muscles de l'œil 1. La première application de la ténotomie oculaire a été pratiquée avec succès par Dieffenbach, le ^6 octobre 1839, sur un enfant de sept ans atteint d'un strabisme convergent. Il fit part de ses tentatives, en février 1840, à l'Académie des sciences de Paris; lors de l'envoi d'une autre lettre adressée à la même Académie par le chirurgien de Berlin, dans la première quinzaine de mai de la même année, il avait redressé déjà plus de deux cents louches. Ce n'est que depuis cette dernière communication que l'opération du strabisme commença à être exécutée parmi nous.

indications et contre-indications. — Il ne faut opérer le strabisme que quand il est confirmé, c'est-à-dire quand il existe depuis longtemps. Toute déviation récente doit être traitée suivant la nature de la cause à laquelle elle semble liée. S'est-elle manifestée chez un jeune sujet, il y aura lieu d'avoir en vue la présence très-probable d'une complication vermineuse. On prescrira les anthelmintiques, même quand l'enfant n'aura pas encore rendu de vers. Maintes fois, dans les circonstances de ce genre, j'ai vu le strabisme s'évanouir avec une rapidité surprenante, sous l'influence d'une expulsion de lombrics dont on n'avait pas soupçonné l'existence.

Les strabismes qui se qualifient le mieux pour l'opération sont ceux qu'on a nommés idiopathiques, essentiels ou spasmodiques. Comme la très-grande majorité des déviations du bulbe présentent ce caractère, il en résulte que la plupart des louches peuvent être opérés.

Il est prudent de consulter l'état de la santé générale avant de procéder à cette tentative. Elle devrait être différée, si l'œil était frappé de phlogose. 11 faut éviter le temps des menstrues. Le docteur Bonnet cite le fait d'une jeune fille atteinte d'un strabisme convergent double, et qui se soumit à l'opération, sans prévenir qu'elle était à l'époque de ses règles. Aussitôt après, celles-ci s'arrêtèrent, puis il survint une très-vive ophthalmie, accompagnée de chémosis.

La ténotomie est contre-indiquée lorsqu'un œil est atteint d'une cataracte centrale et de strabisme. Il en est de même quand on a affaire à une déviation que la nature a établie pour améliorer le jeu d'une pupille artificielle, d'une ou

oplique)PUPlllaire dépkCée ^ reffet d'Une Synéchie antéricure; etc. (strabisme Opérer des sujets trop jeunes, c'est s'exposer, pendant la manœuvre, à des

1 Beitrage znr opcrativen Orthopiiclic. Hannover, 1838.

tjt)4 UVKK 111.— MALADIES DES ANNEXES UK l/uUL.

embarras qu'on peut, à la rigueur, éviter avec le chloroforme (p. 186). Les difficultés seraient plus sérieuses s'il s'agissait, après l'opération, de recourir à quelques pratiques supplémentaires et à des expédients de gymnastique oculaire propres à en assurer la réussite l. Bonnet, qui signale la production du strabisme inverse comme le principal inconvénient qu'on puisse redouter après l'opération chez les enfants, conseille de ne couper, dans de tels cas, qu'avec les plus grands ménagements. Je crois que ce n'est guère qu'à dater de l'âge de huit ou dix ans, et quand la déviation dure déjà depuis longtemps, qu'il est permis de songer'à la combattre par l'instrument tranchant. Trop de précipitation pourrait être suivie de regrets et de mécomptes, tandis que la temporisation n'offre aucun inconvénient, l'opération réussissant tout aussi bien plus tard.

La vieillesse ne contre-indique pas la myotomie de l'oeil; dans la période extrême de la vie, toutefois, peu de malades se soucieraient de s'y soumettre. Dieffenbach l'a pratiquée avec succès jusqu'à l'âge de soixante-cinq ans; ses observations prouvent que la vue peut se bonifier chez les gens âgés, tout aussi bien que chez les autres malades; ce n'est que fort rarement enfin que les vieillards affligés de strabisme convergent, et débuchés par Dieffenbach, ont été atteints d'une déviation inverse consécutive. Le même auteur a remarqué que la plupart des sujets de cette catégorie présentaient, dans les tissus sur lesquels il agissait, une rigidité plus grande qu'on ne l'observe dans d'autres périodes de l'existence. La conjonctive étant moins élastique et plus dense, les parties sous-jacentes étaient plus fermes et plus étroitement unies au muscle rétracté; ce dernier luimême était plus fibreux, fléchissait peu sous l'action du crochet mousse, et on le trouvait, dans la section, plus dur et plus résistant.

Si, dans quelques cas de strabisme interne, une ténotomie umoculaire suffit i Nous devons plus particulièrement signaler femploi des verres prismatiques. On lit dans le traité de M. Mackenzie : « Le docteur Kurke a récemment conseille , de placer devant l'œil dévié une lentille prismatique dont la base, c'est-à-d.re le bord le p us épi est placée du côté vers lequel l'œil doit se diriger. Au moyen de cet e lenuUe prismatique l'image, qui se produit sur la rétine de l'œil qui louche, est dirigée d fa nTprï re la Pour éviter cet inconvénient, le malade est obhgéde

mette en ac "on le muscle .relâché, et, en persévérant ainsi a fairedes efforts pourévuer T oir les objets doubles, il arrive, dans les cas légers, à se guénr de la . difform te , Oudaue. moi du docteur Giraud-Teulon offrent à cet égard un grand intérêt pratique. ?KrqTlepïïme. oui. lentille concave prismatique, que l'on peut avec avantage 1^ oye d ns le même objet, est destiné à produire la diplopie, ce n'est pas dire sees employer oau* ie j gênante et assez voisine de la

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