‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 473 sur 501 · CHAPITRE V. — STHAlilSME · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — STHAlilSME

ou moins fréquemment dans la journée. Ce.phénomène, que Dieffenbach a rencontré chez les enfants comme chez les adultes, se manifesta surtout chez ceux dontun strabisme convergent très-intense avait nécessité qu'on exerçât, avec le crochet mousse, de fortes tractions sur une corde musculaire roide et courte, avant d'en effectuer l'incision .

SECTION DES AUTRES MUSCLES DE l'(E1L. SECTIONS MULTIPLES.— LeS Considérations

qui précèdent rendent superflus les détails que nous pourrions donner ici sur la manœuvre réclamée par les sections des muscles droit externe, droit supérieur et droit inférieur. Les principes ci-dessus mentionnés leur sont applicables, sauf les modifications d'exécution manuelle qui sont liées à la position de ces organes, et qu'il est aisé de prévoir.

On n'a presque jamais effectué la myotomie du droit supérieur ni celle du droit inférieur, dans le but de porter remède aux strabismes frontal et jugal, la première de ces déviations étant fort rare et la seconde étant plus rare encore. Chez les nombreux malades qui se sont confiés aux soins de Dieffenbach, ce ténotomiste n'a rencontré qu'une seule fois le strabisme inférieur.

Jusqu'à ce jour, la division du grand oblique n'a été pratiquée, à ma connaissance du moins, que comme moyen auxiliaire d'autres sections strabotomiques (p. 30). Celle du petit oblique, pour remédier à la myopie (procédé de Bonnet),

a été décrite p. 783.

Je cherche vainement, dans les travaux sur le strabisme, quelque règle sur laquelle tout le monde tombe d'accord, en ce qui concerne les sections multiples des muscles de l'œil.

La division du droit interne a-t-elle été insuffisante pour redresser un globe atteint de strabisme convergent, et s'agit-il de compléter le redressement par quelque section supplémentaire, un bon nombre de chirurgiens taillent le quart, le tiers, la moitié des insertions oculaires du droit supérieur et du droit inférieur, dans les parties qui avoisinent le -muscle adducteur; ils divisent, au contraire, les portions de ces mêmes muscles, qui côtoient l'attache du droit externe, si la section de celui-ci, dans un strabisme divergent, n'a pas ramené la cornée au centre de l'écartement interpalpébral. Bonnet, qui blâme la dernière pratique indiquée, prescrit d'agrandir la plaie de la conjonctive et de son fascia jusqu'auprès des droits supérieur et inférieur, et, en cas de non-r.edressement, de couper le petit oblique, chose vicieuse, d'après M. Phillips, qui n'a jamais vu la division de ce muscle faire disparaître la divergence de l'œil, alors qu'elle avait résisté à la section du droit externe. M. Baudens enfin, qui a poussé l'exécution des sections multiples jusqu'à couper cinq muscles sur le même œil, s'exprime de la sorte « On pourrait objecter que la section des muscles droits, externe,. Supérieur et inférieur, devrait toujours remédier infailliblement à la déviation externe, et que dès lors la division du petit oblique deviendrait nulle. Eh bien ! non : dans des cas où nous avions coupé d'abord les trois muscles, nous avons vu quelquefois persister une déviation en dehors et en haut, que nous ne sommes parvenu à vaincre qu'après avoir coupé le petit oblique. Voilà des vérités pratiques dont la priorité nous appartient, et que, j'espère, un ne nous contestera pas. »

1008 LIVRE III. — MALADIES DES ANNEXES DE l'œIL.

Au demeurant, les indications les plus précises, que nous offre l'état actuel de la question du strabisme, consistent à couper le muscle droit, agent de la déviation, et à appliquer, en cas de redressement incomplet, les ressources de gymnastique orthophthalmique précédemment signalées. Quant à l'opportunité de la section des muscles obliques, dans le strabisme, nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit p. 30.

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