‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 482 sur 501 · CHAPITRE H. — LÉSIONS TUAUMÀTIOUES MU t/dSlL · texte numérisé non relu

CHAPITRE H. — LÉSIONS TUAUMÀTIOUES MU t/dSlL

sous l'arbre, au moment où on les abat, sont exposés à recevoir, dans l'œil les pointes qui hérissent l'enveloppe du fruit. Quand elles seront assez profondément fixées dans la cornée pour n'offrir aucune prise à l'instrument, il suffira souvent d'exercer, avec les deux extrémités d'une petite pince, une certaine pression sur la membrane, aux limites de la partie occupée par l'épine. Cette dernière, malgré le défaut de point d'appui derrière la cornée, ne tardera pas habituellement à se montrer un peu en dehors, d'où la possibilité d'en achever

l'extraction. ^

L'emploi de la poudre à canon, pour l'exploitation de certaines mines, expose beaucoup les ouvriers à des blessures de l'œil et à la pénétration de grains de poudre et de petits fragments pierreux dans l'épaisseur des membranes oculaires , de la conjonctive et de la sclérotique surtout. Une ophthalmie violente, le chémosis, la perte de l'organe, peuvent être les résultats de l'accident, si le praticien ne s'empresse pas d'y remédier. Bonnet nous a légué à cet égard quelques documents tirés de sa pratique, et dignes d'être connus. Lorsque le chirurgien est appelé de bonne heure et que les corps vulnérants ne sont ni trop nombreux ni enfoncés trop avant, il lui est souvent possible d'en entraîner la plupart en dehors. Mais si l'accident date déjà de la veille, ou seulement de quelques heures, et si les corps étrangers sont très-nombreux, le boursouflement inflammatoire, qui a envahi la conjonctive, s'oppose à tout essai d'extraction. Il ne faut point hésiter alors à exciser avec des ciseaux toute la portion de la conjonctive scléroticale qui est incrustée de grains de poudre. Cette membrane enlevée, on distingue souvent au-dessous d'elle des grains qui l'ont traversée pour pénétrer dans la sclérotique; on les extrait, sans désemparer, avec la pointe d'une aiguille à cataracte.

Lorsqu'on se propose de procéder à l'ablation d'un corps étranger entièrement engagé dans la chambre antérieure, on pratique avec le couteau-lance, droit ou courbe, une ponction dans la cornée, versle limbe de cette membrane, ponction dont la situation variera suivant le point occupé par le fragment. Quand l'évacuation de l'humeur aqueuse n'en a point provoqué l'élimination, on l 'effectue avec la curette ou des pinces fines. Si l'on est mandé peu de temps après l'accident, il est quelquefois possible d'extraire l'obstacle par la brèche cornéale qui lui a livré passage, en la débridant au besoin. La portion d'iris qui supporte le corps étranger serait excisée comme dans l'iridectomie, s'il y est trop solidement incrusté pour ne pouvoir être dégagé au dehors, sans crainte de déchirer gravement la membrane. Dans d'autres cas, qu'il est superflu de spécifier (p. 597), il y a indication d'établir la solution de continuité dans la sclérotique.

Les cils ou autres particules déliées qui se sont introduits à travers l'un des points lacrymaux seront extraits avec des pinces. Cet instrument est encore le plus propice pour l'avulsion des corps étrangers (échardcs, barbes d'épi, etc.) qui présentent une saillie suffisante pour pouvoir être saisis. Il faut; autant que possible, les entraîner dans la direction qu'ils ont suivie en pénétrant à travers les tissus, de peur qu'on ne les brise et qu'on n'en abandonne une portion dans l'œil.

Dans les cas les plus habituels} dès que le malade est délivré de l'obstacle qui

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l'incommodait, la rougeur, le larmoiement, etc., se dissipent d'ordinaire avec rapidité sous l'influence de fomentations réfrigérantes. Si la phlogosc reste intense, ce qui peut arriver lorsque le fragment vulnérant était profondément implanté, el a exige pour être arraché une manœuvre pénible, on doit avoir recours à une médication antiphlogistique en harmonie avec les circonstances. Les obscurcissements qui succèdent à l'ablation d'un corps étranger logé dans la cornée sont, dans le principe, purement inflammatoires, et contre-indiquent alors l'emploi des topiques irritants; ce n'est que quand la tache persiste après la cessation de la phlegmasie qu'il faut user des moyens recommandés contre les taies. Un conduit fistuleux peut encore se manifester à la cornée, à la suite de l'avulsion d'une épine, d'une écharde, etc., ou lorsque l'aiguille à cataracte dont on s'est servi a percé de part en part la membrane, ce qu'on doit, autant que possible , éviter. Peu de temps suffit habituellement pour l'occlusion de l'orifice.

Bien que le séjour des corps étrangers dans l'œil n'ait parfois donné lieu à aucun inconvénient, il y aura toujours prudence, à cause des éventualités contraires, à les extraire aussitôt après leur irruption dans l'organe, quand on est fondé à croire qu'une réussite doit couronner une telle tentative. Cette donnée s'applique surtout à ces fragments munis d'aspérités, de pointes, d'angles irritants, comme les débris de capsules fulminantes. Le chloroforme nous fournit aujourd'hui la possibilité de nous livrer avec calme à des manœuvres qui , dans les conditions de ce genre, n'auraient pu être autrefois entreprises, sans exposer l'organe à des lacérations, suites inévitables de l'état d'éréthisme où il se trouve.

DE QUELQUES AUTRES LÉSIONS TRAUMATIQUES DE l'(EIL ET DE SES DÉPENDANCES.

1« globe oculaire. — Enfoncement et absorption de l'iris. Luxation sous-conjonctivale du cristallin, etc.— La conjonctive peut être meurtrie, déchirée plus ou moins par un éclat de verre, par un corps dur et anguleux; elle peut être cautérisée, excoriée parla chaux, la potasse, des liquides chimiques. L'opération du ptérygion, l'application du nitrate d'argent à la paralysie des nerfs moteurs de l'œil (p. 753) démontrent que les vulnérations de ce genre n'entraînent pas généralement de résultats sérieux. Les conditions les plus fâcheuses sont celles où une substance caustique a simultanément corrodé le feuillet palpébral et le feuillet sclérotical de la membrane, cas dans lesquels il faudra avoir en vue, dans le traitement, la formation d'un symblépharon. L'ecchymose sous-conjonctivalea été signalée déjà à l'attention du lecteur (p. 329).

Quand la sclérotique vient d'être atteinte par un instrument piquant ou tranchant, un travail de réparation se constitue; de la rougeur, une vascularisation irrégulière s'établissent autour de la blessure; les tissus se boursouflent, s'in-

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