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CHAPITRE II. — LÉSIONS TRAUMAT1QUES DE L'ŒIL

temps la lutte. La solution de chlorhydrate d'ammoniaque, additionnée de teinture d'arnica, est le topique qui m'a le mieux réussi dans les conditions de ce °*6nr6*

° Les paupières peuvent être le siège de plaies envenimées qu'ont occasionnées des piqûres d'insectes; la tuméfaction phlegmoneuse produite par celles de l'abeille, de la guêpe, etc., a/ dans quelques cas, été suivie de la suppuration et même de la gangrène de ces voiles. Ces animaux portent un dard muni à sa hase d'une vésicule remplie de venin, dont l'aiguillon est le conducteur; si l'on ohlige la mouche à se retirer brusquement, dit Rognetta, l'aiguillon , qui est comme accroché, se rompt et reste dans la plaie. Cet ophthalmologiste rapporte qu'un postillon , ayant culbuté d'un coup de fouet une ruche qui se trouvait sur son chemin, fut atteint d'une telle quantité de piqûres aux paupières et sur toute la face qu'il ne tarda pas à succomber, en proie à des accidents encéphaliques. Les morsures de scorpions, dans les pays méridionaux, sont beaucoup plus graves. A Constantinople, où j'ai longtemps séjourné,, il n'est pas rare de voir ces animaux apparaître dans les appartements, et ils inspirent en général une grande frayeur.

Lorsqu'on est appelé pour la piqûre d'une abeille, d'une guêpe, il faut en rechercher le dard, en s'armant, au besoin, d'une loupe, et l'extirper; la pince à trichiasis peut convenir dans ce but. Que le dard ait été enlevé ou non, on porte sur la partie piquée une goutte d'ammoniaque ou un peu de perchlorure de fer liquide, et l'on prescrit des fomentations froides.

Les paupières peuvent être brûlées à des degrés qui varient. Les gaz enflammés, l'eau bouillante, l'alcool en combustion, n'occasionnent habituellement que la rubéfaction de leur paroi cutanée, avec ou sans développement de phlyctènes, tandis que les acides minéraux, surtout à l'état d'ébullition, les métaux incandescents ou en fusion, donnent lieu à des mutilations plus profondes, et amènent très-fréquemment la mortification du derme, et par suite l'ectropion ou la lagophthalmie, après que l'inflammation éliminatoire a séparé les escarres d'avec les tissus vivants. On a vu chez de jeunes sujets , chez des gens affligés d'épilepsie, etc., des chutes sur des charbons ardents déterminer la carbonisation de ces voiles.

L'eau végéto-minérale, le Uniment oléo-calcaire , la glycérine, peuvent être avantageusement conseillés dans les conditions de ce genre. On préviendra, dans les cas graves, les accidents cérébraux. La cicatrisation des plaies doit être surveillée avec une attention scrupuleuse. On s'efforcera, par l'extension permanente des parties, de rendre le raccourcissement aussi faible que possible; si les bords libres sont ulcérés l'un et l'autre, on fera en sorte d'éviter l'ancbyloblépharon. Plus tard, quelqu'une des opérations décrites aux articles Ectropion, Blépharoplastie, etc., peut devenir urgente.

Les plaies simples, par piqûre ou incision des parois du sac, se ferment d'ordinaire avec facilité, sous l'influence d'un pansement adhésif; mais si ces parois ont été fortement contuses ou lacérées, elles peuvent devenir le siège de suppurations qui entraînent la listulc de ce réservoir, l'extroversion de la paupière inférieure vers le grand angle, etc.

1030 LIVHE IV. VICES T)E CONFORMATION. PROTHESE OCULAIRE.

Lorsque les régions qui avoisincnl l'orbite ont eu à subir un choc violent, l'état des surfaces osseuses devra, entre autres complications , attirer l'attention du chirurgien. C'est ainsi que l'os de la pommette peut être brisé, souvent avec dépression des fragments vers le bulbe oculaire et déformation de la base de l'orbite. On a vu des fêlures s'étendre sur la voûte de cette cavité, de l'arc osseux supérieur à la fente sphénoïdale. (Voy. p. 35.) On se gardera de prendre pour des lésions de toute l'épaisseur de la boîte crânienne certaines fractures de l'ar~ cade sourcilière, avec enfoncement de la paroi antérieure des sinus frontaux. Des fistules aériennes de ces dernières cavités (p. 854) en sont les conséquences les plus communes. Un projectile lancé par la poudre à canon, un coup de pied de cheval, une chute sur la face, etc., peuvent encore, en brisant et écrasant les os carrés du nez et l'apophyse montante du maxillaire supérieur, produire des difformités choquantes et un dérangement dans l'excrétion des larmes, par l'effet de la déformation du canal osseux qu'elles sont destinées à parcourir.

Des cicatrices adhérentes, profondes, fréquemment accompagnées d'ectropion, sont une suite commune des plaies de la région péri-orbitaire compliquées de fractures des os. Dans quelques cas où l'os malaire avait été déprimé vers la cavité de l'orbite , on a réussi à le ramener à sa position naturelle en agissant sur les bords de l'os; dans d'autres où il y avait en même temps solution de continuité aux téguments, le bout du manche d'une spatule, un levier quelconque, introduits à travers la plaie, ont utilement concouru à l'obtention de ce but. Dans toutes les fractures du nez avec enfoncement, Rognetta conseille de conduire dans le canal nasal, par son orifice inférieur, la sonde de Gensoul, et de l'y maintenir pendant quelque temps en place.

Les lésions traumatiques de la région sourcilière ont parfois amené des accidents très-graves, tels que des mouvements convulsifs, le coma, le délire, des paralysies ; dans quelques cas, qui ont entraîné la mort, on a constaté des épanchements sanguins , des dépôts purulents dans le cerveau et les méninges, des fractures par contre-coup de la base du crâne, etc. Nous avons déjà formulé notre opinion sur l'origine des troubles visuels dans les conditions de ce genre (p. 679).

Une exophthalmie peut avoir lieu par suite de la présence d'une suffusion sanguine dans la cavité orbitaire (p. 830). On a vu l'organe hué par l'invasion de corps étrangers dans cette même cavité. Les muscles et les autres liens qui contribuent à le maintenir en place sont-ils divisés plus ou moins, le globe subit quelquefois une telle propulsion qu'il vient pendre, au dehors (ophthalinoptose traumatique). Les mesures à prendre dans les cas de ce genre consistent dans la réduction du bulbe , dans l'application d'une compression modérée destinée à le fixer derrière les paupières, dans des fomentations réfrigérantes et dans l'administration enfin d'un traitement antiphlogistique énergique. Son ablation

peut être indiquée (p. 803).

Dans une observation qu'a relatée le docteur Bodkin, il s'agit d'une femme dont l'œil frappa sur l'anneau d'une clef qui se trouvait à une serrure, dans une chute faite pendant l'obscurité de la nuit. Le nerf optique, presque tous les liens musculaires et fibro-celluleux avaient été rompus; le globe pendait sur la joue,

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