CHAPITRE II. — TIUITKMI'.NT. 4Jg
une pâte de celte subst&pce (parties égales de chlorure de zinc cl de farine) un cylindre de 5 ou 6 millimètres de diamètre, cl d'une longueur un peu plus considérable que celle des parties qu'il se propose de traverser. Sur ce cylindre on assujettit des fils de coton qui le dépassent de la ou 20 centimètres; la mèche est ainsi composée d'une partie formée de coton seul et d'une autre où les lils de coton sont accolés au caustique. Cet appareil est introduit dans un canal ouvert par le passage d'une aiguille à séton d'un diamètre un peu moindre que celui du cylindre caustique; le canal est de la sorte exactement rempli par le corps étranger, condition qui prévient toute hémorrhagie. L'inflammation consécutive reste locale et ne cause ni érysipèle ni abcès dans les parties limitrophes. Après un séjour de vingt-quatre heures, le caustique a produit une escarre ayant la longueur des tissus traversés, et 2 centimètres environ de diamètre. Une suppuration s'établit; l'escarre est habituellement éliminée du douzième au quinzième jour. La plaie qui lui succède a la forme d'un conduit recouvert par un pont de peau intacte; elle se ferme au bout de deux ou trois semaines.
M. Philipeaux signale une circonstance dont il importe d'être prévenu • c'est que les maux de tête et les irritations sanguines et nerveuses que l'on a pour but de combattre sont constamment exaspérés pendant les premiers jours qui suivent 1 application du séton; la plupart des malades même qui jouissent encore d'un certain degré de vue la perdent momentanément. Ce n'est, en général qu'à la chute de la mortification que l'amélioration surgit. L'on en constate chaque jour des lors, la gradation successive. '
Plusieurs aveugles, atteints d'amaurose, ont recouvré la vue par des applications successives du fer rouge sur le cuir chevelu. Bien qu'il n'ait que rarement produit des effets funestes, on ne saurait disconvenir que la chaleur qu'il transmet a 1 encéphale ne soit un inconvénient à redouter. L'ouverture de trois cadavres a montré à de Haën et à Pouteau l'os perforé et un commencement de suppuration a la dure-mère, dans l'endroit ducràne où avait eu lieu l'application du cautère actuel. Ces mêmes reproches peuvent s'adresser aux moxas Ton Jrsuadaunjour au célèbre Dclpech (de Montpellier), dit Réveillé-Parise > 1 e moxa sur e sourcil opérait des merveilles pour redonner la vue aux aman tiques; il céda à cette persuasion et en fit la triste épreuve sur deux maladeÏl " danS - ™ce » l'hôpital Saint-Éloi. L'épreuve fut posiuVe car pa« de emps après ces deux individus périrent, chacun victime' l'une s i
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laquelle De lpech laissa publier ces observations fait honneur à son caraJL Z
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L oculiste Faure fait observer qu'on voit de, imhJ ,„ « •
1 voit des malades à qui non-seulement on
1 Bulletin de thérapeutique, t. IX, p.
ii brûlé la peau du crâne ; mais celle encore de la ligure, et qui n'en sont pas moins aveugles, étant plus défigurés. Quelques-uns même, ajoute-t-il , sont morts de ces sortes d'applications. Trois joui s après avoir été cautérisé sur la région sincipitale, et au 1er rouge, parGondret, l'un de mes clients, atteint d'amblyopie, fut soudainement assailli, dans un cabinet de lecture, par une bémorrhagie violente de la plaie céphalique. il fallut plusieurs heures de soins assidus pour que l'on se rendit maître des accidents.
Le chirurgien prudent substituera avec avantagea ces fers incandescents d'un fort volume, et aux moxas, la cautérisation dite pointillée non suppurante, suivant les vues de MM. Guérin et Sédillot. Ce procédé , qui , mis en œuvre sur la région péri-orbitaire, m'a fourni quelques bons résultais dans le traitement des paralysies oculaires, consiste dans l'application instantanée sur la peau, à l'aide d'une sorte de percussion élastique, de l'extrémité mousse d'une tige d'acier, d'or ou d'argent, ayant 2 ou 3 millimètres de diamètre, et qu'on rougit à blanc. On toucbe ainsi légèrement le tégument externe , sous forme de points en nombre.' variable, à la distance les uns des autres d'environ 1 centimètre.
§ 3. — Pédiluves. — Manuluves. — Sinapismes. — Ventouses Junot.
Les bains de pieds chauds, avec ou sans addition de farine de moutarde, de cendres, de sous-carbonate de potasse, de sel de cuisine, de vinaigre, etc., appellent presque instantanément une forte masse de sang vers les régions inférieures. Leur durée sera de quelques minutes. Le résultat est obtenu lorsque les pieds sont d'un rouge vif et que les veines, gorgées de sang, se dessinent sous forme de cordes noueuses qui roulent sous le doigt. Des praticiens pensent accroître l'efficacité de l'immersion en lui associant une ligature à la jambe, audessus des malléoles. J'ordonne fréquemment, et avec succès, contre les congestions céphaliques, des bains de pieds irritants, pendant la durée desquelsle malade conserve sur les yeux, le front et les tempes une compresse imprégnée d'eau froide ; cela fait, on applique aux extrémités inférieures des cataplasmes sinapisés, qui ont le double avantage de soutenir l'effet de la dérivation qu'a engendrée le pédiluve et d'empecber une réaction vers la tête. Les bains de pieds et de jambes, additionnés de 250 grammes de farine de moutarde et de 125 grammes de savon noir, méritent d'être conseillés comme fort énergiques.
La présence de varices aux jambes ou de quelque autre condition , dont on a lieu de redouter l'aggravation par les pédiluves, milite pour qu'on leur substitue les manuluves , auxquels on peut également ajouter des ingrédients- irritants. « A la faveur de ces bains, dit l'abbé Dcsmonccaux, j'ai souvent obtenu, dans les maladies des yeux, des succès au delà de mes espérances. »
Appliqués aux extrémités inférieures ou supérieures, les cataplasmes sinapipisés, composés de farine de graine de lin et de farine de moutarde, fonctionnel! à l'instar des pédiluves ou des manuluves; il y a toutefois cette différence eut les deux topiques, que le bain de pieds agit plus rapidement que le sinapisme dont l'effet se prolonge, par contre, davantage. La moutarde peut ètreremplae' par d'autres substances pourvues de propriétés identiques, comme le poivre, I