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CHAPITRE 11. — TRAITEMENT

été opéré de la cataracte par extraction ; la lentille peut remonter, s'il a été opéré par abaissement. Les érnéliques, si préconisés par Scarpa dans le traitement des amauroses, sont d'un emploi fort restreint aujourd'hui dans la pratique ophthalmologique.

Article 4. — Mercuriaux. — Oxyde noir de cuivre.

Ce n'est pas seulement comme antivénériens que les mercuriaux jouissent d'une efficacité puissante dans la thérapeutique des affections oculaires ; leur utilité, comme auxiliaires du traitement antiphlogistiqne, est démontrée par l'expérience de chaque jour. Les deux principaux agents que Ton emploie pour l'accomplissement de cette indication sont le calomel et l'onguent napolitain. Diverses opinions se sont produites pour en expliquer le mécanisme physiologique. Le mercure, passé dans le torrent de la circulation, agit chimiquement sur le sang, d'après le plus grand nombre des observateurs : il lui enlève sa plasticité; il le liquéfie, en d'autres termes, de telle sorte que le fluide sanguin appauvri se rapproche de celui du scorbut , condition morbide diamétralement opposée à l'inflammation. Pour Giacomini et ses disciples, les préparations hydrargyriques donnent. lieu à l'hyposthénisation du système lymphatico-glandulaire. D'autres se demandent si elles n'imprimeraient pas une stimulation aux absorbants. Quoi qu'il en soit de ces théories, et n'envisageant la question qu'à son point de vue pratique, nous devons dire que, d'une utilité très-secondaire dans les phlegmasies de la conjonctive, le mercure doux et la pommade hydrargyrique en ont une des plus manifestes dans les kératites, dans les inflammations des tissus internes du globe, dans toutes les phlogoses actives qui tendent à engendrer des organisations anormales, telles que fausses membranes, concrétions lymphatiques. Une bonne moitié des yeux, atteints d'iritis, seraient mis hors de service par une oblitération de la pupille, sans les hydrargyriques, et vous trouveriez, dans l'autre moitié, des brides pupillaires, source d'inflammations sans cesse renaissantes.

Nous prescrivons habituellement le calomel aux doses fractionnées de 12 à 25 milligrammes (d'un quart à un demi-grain) , plusieurs fois dans la journée, de telle sorte que la masse totale, ingérée dans l'estomac, soit, chez les enfants, d'environ 5 ou 10 centigrammes dans les vingt-quatre heures. Chez les adultes,' dans les phlogoses très-aiguës et menaçantes pour l'organe visuel, nous en portons les doses quotidiennes jusqu'à 20 ou 25 centigrammes. 11 faut se souvenir que le mercure a surtout une influence salutaire, quand il a été absorbé; si de la diarrhée se manifeste, c'est que l'action du remède a été trop prompte pour que son assimilation paisse s'effectuer convenablement.

Nous unissons d'ordinaire le calomel au sucre ; quelques-uns le donnent avec la magnésie calcinée. Nous faisons prendre chaque paquet dans de l'eau sommée. Pour en atténuer l'action sur la membrane muqueuse gastro-intestinale, et en même emps, comme moyen sédatif, on y joindra avec avantage la poudré d opium, dont la dose pourra être formulée en quantité double de celle de l'ex- Irait de ce narcotique.

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D'après le docteur Mialhe , le calomel, corps insoluble et partant inabsorbablc, ne doit ses ott'cts thérapeutiques et toxiques qu'à sa transformation partielle en sublimé corrosif. La masse de bicblorurc produite n'est point en rapport avec la proportion de calomel employée; elle dépend de la quantité de cblorurcs alcalins que nos humeurs renferment. Ainsi s'explique l'action si variable de ce médicament. Puissante chez les marins et les grands mangeurs de sel, elle est moins prononcée, par contre, chez les convalescents, dont les humeurs ont été déchlorurées par l'usage des boissons aqueuses. La tolérance des jeunes enfants pour le calomel dépend de leur alimentation lactée, qui ne fournit (pie peu do sel marin nécessaire à la transformation mercurique.

Nous avons appelé déjà l'attention de nos confrères sur les effets avantageux qu'on retire de l'emploi du sublimé corrosif dans le traitement d'un bon nombre d'affections amaurotiques1. La communication suivante, faite au congrès opbtbalmologique de Bruxelles par le docteur White Cooper, vient corroborer nos assertions. « On a souvent accusé, dit-il,- et l'on accuse encore les praticiens anglais de faire un usage inconsidéré du calomel ; mais, comme pour la saignée, il est maintenant d'un emploi comparativement peu fréquent, et, en tout cas, on le prescrit à doses beaucoup moindres. Sa place, comme agent constitutionnel, a été, en grande partie, prise par le bichlorure de mercure. Ce médicament, à petites doses, à un douzième, un seizième, un vingtième de grain, combiné de diverses façons, constitue un moyen justement considéré comme très-puissant. Combiné avec la teinture de quinquina, il exerce réellement sur les inflammations insidieuses et les épanebements profonds une influence qu'aucun autre médicament ne possède au même degré. »

Les frictions sur le front et les tempes, avec de l'onguent napolitain, sont d'un emploi journalier dans la pratique ophthalmologique. On y associe souvent l'extrait de belladone dans des proportions qui varient. Notre formule la plus babituelle comprend 3 parties de pommade mercurielle et 1 partie d'extrait. Pour donner plus d'homogénéité à ce remède ef éviter les grumeaux auxquels sa préparation est sujette, le docteur Gaillard ( de Poitiers) propose de formuler parlies égales d'extrait et de cérat, mélange auquel on unit ensuite quantité suffisante d'onguent mercuriel.

Des indications peuvent motiver l'association du camphre, du laudanum, de l'extrait gommeux d'opium, de l'extrait de ciguë à l'onguent napolitain. Celuici se faisant peu accepter dans quelques familles, nous le remplaçons souvent par une pommade au précipité blanc, que nous combinons avec les adjuvants précédemment indiqués. Plusieurs malades se sont plaints que chaque application d'onguent napolitain donnait inévitablement lieu chez eux à dos douleurs dans la région fronlo-tcmporale et mèmedans les globes oculaires, avec exaspération des accidents phlegmasiques , motif qui m'a parfois déterminé à arrêter l'emploi du remède.

Le docteur Chassaignac parait avoir remarqué1 que. la région supérieure du

i Union médicale, année I8o2, p. IJ2.

3 Bulletin de thérapeutique, t. XXVllI, p.2M.

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