‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 63 sur 501 · CHAPITRE II. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — TRAITEMENT

des phlegmasies subaigttës de l'œil ou de ses annexes et dans des inflammations qui, de vieille date, demandent, pour ainsi dire, à être réchauffées, afin de prendre leur cours vers la résolution. Nous citerons les conjonctivites, le pannus et les opacités kératiqucs de toutes sortes, les blépharites, les dacryoblennorrhées. Il est digne de remarque qu'un grand nombre de pommades ophthalmiques devenues populaires, et applicables surtout aux conditions qui viennent d'être signalées, contiennent du camphre. Certaines tumeurs, des œdèmes des paupières, etc., trouvent encore dans l'emploi du campbre un secours résolutif utile. Uni à l'alcool, à l'éther, etc., il est parfois suivi d'effets avantageux dans quelques anesthésies des éléments nerveux de l'œil. Chez plusieurs de mes malades atteints d'amblyopie, l'introduction d'une pommade camphrée entre les paupières a été suivie d'une exaltation notable de la puissance visuelle.

La térébenthine est rangée par Ciacomini dans la classe des hyposHiénisants cardiaco-vasculaires; MM. Trousseau et Pidoux la placent dans celle des excitants balsamiques.

Carmicbael fut porté à employer l'huile essentielle de térébenthine contre l'iritis par l'influence de ce remède sur la péritonite, influence constatée par Brenan , par James Macabe et par quelques autres praticiens. Ces deux inflammations ne sont-elles pas liées par une grande analogie , d'après le médecin de Dublin, et ne donnent-elles pas lieu toutes deux à des résultats identiques, à des adhérences entre des surfaces destinées à être isolées l'une de l'autre? Les succès qu'il obtint le confirmèrent dans les idées que lui avaient suggérées ces inductions théoriques; il arrive parfois, d'après lui, qu'une amélioration surgit dès le lendemain du jour où le malade a commencé l'emploi du médicament. M. Petrequin nous apprend 1 que Guthrie eut à s'en louer dans les inflammations lentes de l'iris et de la choroïde; Flarer, professeur d'oculistique à Pavie, et Trinchetti, agrégé de la clinique, lui reconnurent des avantages, alors que d'autres remèdes avaient échoué. Nous citerons aussi le docteur Hoering (de Ludwigsbourg), qui paraît avoir conseillé avec succès le même agent dans deux cas d'iritis syphilitique qui s'étaient montrés rebelles aux hydrargyriques poussés jusqu'à salivation et -à l'iodure de potassium. Le professeur de Lyon ajoute que, d'après les expériences de Flarer et Trinchetti, l'essence de térébenthine calme l'état général de l'organisme, apaise la douleur locale, diminue la congestion oculaire , seconde l'absorption des collections lymphatiques épanchées dans la cornée ou dans les chambres oculaires. Au lieu de produire un effet évacuant , elle a le plus souvent engendré un résultat opposé.

La saveur si désagréable de cette substance, et son action irritante sur l'estomac, en ont surtout contrarié la propagation comme remède interne. Récamier s'efforçait d'en solliciter la tolérance en ajoutant à ses potions une forte proportion de laudanum. On a proposé de renfermer l'essence de térébenthine dans des capsules de gélatine. Le docteur Pétrequin annonce que le meilleur mode d'admm.stration a paru être son incorporation à une émulsion d'amandes I a dose vane de 2 à 16 grammes par jour pour 200 à 250 grammes ,1c véhicule

1 Bulletin de thérapeutique, l.XMI, p. 269.

130 LIVRE I. — C0N8IDKIUT10NS UKNIÎUAl.KS.

\aï formule do Cavmichael comprend 1<> grammes d'Imile ossenlic.He de téréhiMiihine, un jaune d'œuf, 125 grammes d'éniulsioii d'amandes, <>0 grammes ik sirop d'écorce d'orange et 3 ou 4 gouttes d'essence de cannelle. On administre cette potion dans la journée par cuillerées. Le moyen le pins efticace de prévenir les aigreurs consiste à associer au remède une petite quantité de sous-carbon île de soude.

J'ai soumis la térébenthine à quelques expérimentations qui m'ont démontré que son efficacité était loin d'approcher de celle d'autres agents plus répandus dans la pratique ophlhahnologique. Il est digne de remarque, d'ailleurs, que la belladone, la jusquiame, la ciguë, l'opium, etc., ont été conjointement prescrits avec la térébenthine par Garmichael.

Article 7. — Antilymphatiques.

Un grand nombre de praticiens font entrer les éléments de la médication antiscrofuleuse dans le traitement des affections oculaires, quelles qu'elles soient, qui viennent atteindre les sujets lymphatiques.

Le calomel, seul ou associé au soufre doré d'antimoine (poudre de- Plummer), les pilules bleues de la pharmacopée d'Edimbourg1, et d'autres préparations h\drargyriques, trouvent, dans ces cas des applications fréquentes. Le docteur Sichel parait avoir une grande confiance dans un remède que je n'ai vu conseiller que par cet oculiste : l'éthiops antimonial, ou sulfure noir d'antimoiue et de mercure. Il recommande celui de Maloin, qu'il est plus facile de trouver en Fiancé que celui de la pharmacopée prussienne. L'une des formules les plus usitées de M. Siebel comprend 2 grammes d'éthiops antimonial, 2 grammes de magnésie et autant de rhubarbe, mélange à diviser en dix paquets. On eu prend un matin et soir, dans un peu d'eau sucrée. La dose moyenne de l'éthiops antimonial , pour les enfants, est de o centigrammes chaque jour.

On connaît la vogue attachée à l'huile de foie de morue et à l'iodure de potassium, qu'on administre dans des tisanes dépuratives, dans- le sirop de gentiane ou de salsepareille, etc. On peut même, d'après le professeur Bonnet, guérir des ophthalmies qu'il qualifie de scrofuleuses , en pansant des vésicatoires éloignés des yeux avec une pommade d'iodure de potassium iodurée (deux parties d'iodure de potassium et une partie d'iode, sur 30 d'axonge).

Dans l'opinion du docteur Payan, le chlorure de baryum est un puissant antiscrofuleux; mais, pour qu'il opère efficacement, les indications de son emploi doivent avoir été bien saisies. Comme ce sel n'est point un tonique, qu'il est, au contraire, hyposthénisant, contro-stimulant, il ne peut rendre service que dans les maladies lymphatiques associées à des symptômes d'irritation ; on s'explique par là pourquoi, très-salutaire dans ces conditions, il ne saurait convenir

i Ces pilules, fort usitées en Angleterre, sont composées de la manière suivante: Mercure, 8 grammes; conserva de roses, 12 gtamnies. lileignez le mercure et ajoutez : Poudre de réylmc, 1 grammes. Fuites des pilules "le lë centigrammes. ha dose esl Ac 2 à ?> par jour»

Page 1