‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 65 sur 501 · CHAPITRE II. — TRAITEMENT. lil · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — TRAITEMENT. lil

point être associée à l'azotate d'argent, qui se décompose au contact des matières organiques. La glycérine du commerce est trop impure pour être employée en pareil cas ; on ne doit user que de la glycérine Lien purifiée et parfaitement neutre. Des ophthalmies légères ont été heureusement modifiées par la glycérine pure.

Quelques collyres admettent, à titre d'adjuvants, un ou plusieurs éléments thérapeutiques, comme l'alcool camphré, l'eau distillée de laurier-cerise, le laudanum. Celui-ci peut être avantageusement uni à certains collyres salins, quand il s'agit d'une conjonctivite ou d'une taie déjà formée; il doit en être banni, en présence d'une cornée traumatiquement ou morbidement dénudée. Bien que, dans de tels cas, j'aie souvent vu cette addition n'entraîner aucune conséquence fâcheuse, il résulte des expériences faites par les docteurs Cunier et Pasquier, professeur de pharmacologie à l'Université de Bruxelles, que l'association du laudanum de Sydenham aux solutions de sulfate de zinc, de sulfate de cuivre, de sulfate de cadmium et de pierre divine, donne lieu, au bout d'un temps plus ou moins long, à une double décomposition ; il se forme d'une part un sulfate de morphine qui reste en dissolution, et, d'autre part, un méconate insoluble, qui se dépose au fond de la fiole, en entraînant avec lui les substances colorantes du laudanum Cette même addition aux solutions d'acétate de plomb et de nitrate d'argent engendre un dépôt plus abondant encore. Or, par l'agitation, le précipité se suspend dans le collyre, mais il se met en contact avec l'œil au moment de son emploi, et s'il existe une ulcération de la cornée, il peut s'y fixer et se couvrir plus tard d'un produit plastique. Ainsi se sont constituées de toutes pièces des taches, dites métalliques, contre lesquelles ont presque toujours échoué les ressources ordinaires de la thérapeutique, et ont réclamé L'intervention' de l'instrument.

Bien qu'on puisse formuler d'une manière générale les doses auxquelles il faut prescrire les agents qui forment la base des collyres, on est fréquemment obligé, surtout au début des traitements , de faire couper ces liquides d'une certaine quantité d'eau, car la sensibilité des individus n'est point identique , tel sujet n'éprouvant aucune sensation pénible d'un remède qui en incommode beaucoup un autre. Plus tard, quand la tolérance s'est établie, on peut user du collyre pur. L'addition de la gomme arabique, du mucilage de semences de coings, dans le but d'atténuer les propriétés irritantes de quelques liquides médicamenteux, a été adoptée par un grand nombre d'ophthalmologistcs. Pour pouvoir préparer d'une manière toujours identique les collyres où il entre du mucilage de coings, M. Garot a proposé de recourir à un mucilage sec, qu'il obtient des semences de coings, en les faisant macérer à deux reprises, et durant quelques heures, dans 30 parties d'eau à 50 ou 60°; on exprime, on évapore aux trois quarts à une douce chaleur; on termine la dessiccation à l'éluve. Dix centigrammes de ce produit, analogue par l'aspect à du blanc d'oeuf desséché, suffisent pour communiquer à 100 grammes d'eau une consistance demi-sirupeuse. Ces mucilages figurent peu dans nos formules; ils doivent être même généralement proscrits,

« AnnaltecVùtiulistiquê, t. JËfil, p. 224.

H| UVRK I. — CONSIDERATIONS GENERALES,

d'après M. Uialhe. Mis en présence de sels métalliques astringents, ils déterminent, suivant lui, un travail de (Jecompositipp qui diminue la puissance médicamenteuse du topique, s'il ne la détruit pas entièrement.

Les collyres s'appliquent en fomentations, en lotions, en instillations et en injeqlions.

Les fomentations trouvenllcur utilité dans les plilegmasies des paupières cl des parties limitrophes. On peut en tirer bpn parti dans les ophllialmo-blennorrhées. Quelques liquides antispasmodiques et calmants sont avantageusement employés, suivant le même mode, dans des ophlhalmies accompagnées de douleur et de photophobie. Les fomentations seront pratiquées avec des linges lins et plies en deux ou trois doubles. On fera en sorte que ces compresses n'incommodent pas par leur poids les parties mises en rapport avec elles.

C'est encore avec une petite pièce de linge ou avec une éponge fine qu'on effectuera les lotions sur les yeux; le malade, pendant cette opération , se livrerai quelques mouvements de clignotement , afin que le liquide pénètre aisément entre les bords des paupières et leur face interne. On peut aussi, après qu'un a imbibé l'éponge du liquide médicamenteux, la poser sur la fente pajpébraie; le remède la franchit dès qu'on l'enlr'ouvre, pendant qu'on comprime l'éponge. Quelques malades me demandent s'ils peuvent se baigner les yeux dans les godets de porcelaine ou de cristal , appelés œillères. Je n'y vois aucun inconvénient, pourvu que la baignoire oculaire soit spacieuse et reçoive commodément le globe, sans que les bords de l'instrument pèsent mécaniquement sur l'organe. Dans les conjonctivites chroniques, dans l'ophihalmie granuleuse, plus particulièrement, je fais prendre, avec différents liquides, des bains oculaires longtemps prolongés, médication dont j'ai constaté maintes fois la salutaire influence. Les bains oculaires sont encore utiles pour éloigner de l'œil la poussière qui y aura pénétré. L'appareil dont se servait Fabrice d'Aquapendente présentait un godet, qu'on assujettissait au-devant de l'œil à l'aide de plusieurs cordons qui faisaient le tour delà tête; la liqueur destinée à le baigner était versée dans le gofjet par un petit entonnoir fixé à sa partie supérieure. Cet instrument, incommode et vicieux, ne parait pas avoir eu grand succès.

Nous faisons souvent instiller les collyres avec une cuiller à café, recommandant à la personne chargée de ce soin de déprimer la paupière inférieure, pendant que le liquide est déposé ap-deyanl de l'oeil. Si'agit-il d'en introduire seulement quelques gouttes, on peut le faire aisément avec un petit pinceau trèsdoux; quelques-uns se servent, à cet elfet, d'une plume. D'autres appuient un doigt sur le goulot de la liole, qu'ils tiennent plus ou moins renversée, et en laissent échapper le nombre de gouttes nécessaire, pendant que le malade a la tête penchée en arrière. On peut encore employer la bouteille fermée, après en avoir entaillé le bouchon, de telle sorte qu'il ne permette que la chute graduelle d'une petite quantité du remède.

On a plus particulièrement recours aux injections dans les blennorrhées oculaires, avec un grand boursouflement de la conjonctive et un tel gonflement des paupières qu'il devient impossible de les écarter l'une de l'autre. On effectue cette opération avec une petite seringue de verre, dont le syphon, court et

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