CHAPITRE II. TRAITEMENT
1 emeri, de sel ammoniac, de chaux éteinte, de cannelle en poudre, et d'huile essentielle de girofle.
Les vapeurs résineuses, généralement abandonnées aujourd'hui, ont été recommandées par Wcnzel, Demours et d'autres oculistes. On les obtient en faisant brûler sur de la braise allumée quelques pincées de matières résineuses (olihan, myrrhe, benjoin, etc.) ou môme du sucre. Pendant que ces substances se consument, on tient renversé sur elles un entonnoir en fer-blanc, la base en bas. L'œil fermé est exposé à la vapeur qui se dégage, l'organe étant tenu à deux ou trois pouces de l'orifice de l'entonnoir. On a encore conseillé contre les paralysies des yeux, contre l'œdème des paupières, etc., de faire brûler sur de la braise un mélange de mastic, d'oliban, de camphre, etc., mélange dont on reçoit la vapeur sur un gâteau de ouate qu'on applique sur les yeux.
Les affections chroniques des voies lacrymales trouvent dans les fumigations portées vers la cavité olfactive un remède dont l'efficacité a été constatée par Sabatier, Monlac, Lisfranc et par nous-même. C'est également par les fosses nasales que le docteur Lombard (de Genève) fait pratiquer les inhalations opiacées, moyen qui réussit merveilleusement, d'après lui, contre les névralgies taciales, quel que soit leur type. La dose moyenne, pour chaque fumigation, est de 10 centigrammes d'opium brut pulvérisé mêlé avec partie égale de sucre. Les fumigations sont répétées, sans inconvénient, deux ou trois fois par jour. Après avoir fait rougir au feu une plaque métallique, une pelle, par exemple, on recommande au malade de projeter la poudre, par petites pincées, sur le métal rougi, en ayant soin d'aspirer largement la fumée par les fosses nasales et par la bouche.
Les sachets, dits aromatiques, peu usités aujourd'hui, étaient jadis beaucoup employés en Allemagne dans la médication des ophthalmies torpides. Il est un cas surtout où ils me paraissent offrir quelque utilité, en excitant l'absorption par l'arome stimulant qu'ils fournissent, c'est l'œdème subaigu ou chronique de la conjonctive et des voiles palpébraux. On fait entrer dans ces sachets des substances médicamenteuses diffusibles, comme les fleurs de camomille, de sureau, de lavande, la menthe poivrée, la sauge, etc., agents auxquels on associe parfois le camphre. Confectionnés en vieux linge très-fin ou en mousseline, munis de peu d'épaisseur et ayant de 6 à 8 centimètres carrés de surface, ils doivent être piqués de telle sorte que la masse qu'ils contiennent reste uniformément répandue. 11 convient de les attacher à une bande frontale pour qu'ils soient suspendus devant l'œil, sans exercer aucune compression sur l'organe. On peut les chauffer avant de s'en servir.
Dans le traitement des affections paralytiques de l'organe visuel, Janson (de Lyon) conseille des sachets de camphre arrosé d'éther; Demours les fait remplir de café brûlé et moulu et additionné quelquefois d'anis et de camphre Le docteur Frédéncq a publié l'histoire d'une jeune femme atteinte depuis trois mois d'un assez haut degré d'amaurose pour qu'elle ne pût ni lire, ni reconnaître les traits des personnes. 11 conseilla des sachets de camphre que l'on tenait pendus, jour et nuit, devant les yeux, si ce n'est aux heures de promenade. Quinze jours après le début de ce traitement , la malade put lire quelques ligne,
l™6 LlvnR 1. — CONSIDÉRATlQNg GÉNÉRALES.
d'un journal ; au bout de deux mois cl demi, la guérison était, dit-on, complète Nous avons souvent prescrit de placer dans un sachet un mélange de chaux et de chlorhydrate d'ammoniaque; en se dégageant lentement , l'ammoniaque à l'état naissant agit continuellement sur l'œil. L'appareil doit être renouvelé dès qu'il cesse d'exhaler une forte odeur ammoniacale, c'est-à-dire tous les quatre ou cinq jours.
M. Max. Langcnheck a récemment fait connaître, sous le nom d'insolation de l'œil, un procédé qui consiste à solliciter la résorption d'obstacles pupillaires, tels que concrétions lymphatiques et débris de cataracte , à l'aide de l'action directe des rayons solaires concentrés vers ces obstacles par un système de lentilles convergentes l. Son appareil présente deux lentilles biconvexes, à court foyer, et disposées de telle sorte que leurs axes se confondent, en laissant entre elles un intervalle de quatre millimètres environ. Le sommet du cône lumineux doit tomber exactementsurles parties dontil s'agit d'effectuer la résorption; on aura surtout des chances de réussir, en entreprenant le traitement aux époques de l'année où la lumière solaire a le plus d'intensité. M. Langenbeck cite un malade chez lequel un exsudât adhérent à l'iris et fortifié par des fragments lenticulaires, se résorba de telle sorte qu'après la troisième séance, le sujet qui, depuis plusieurs années, ne voyait pas l'ombre de la main, fut en état de distinguer une pièce de monnaie. L'oeil avait subi ces épreuves sans aucune réaction inflammatoire. Deux amaurotiques paraissent s'être bien trouvés aussi de l'application de cet expédient. Quoi qu'il en soit, il faut reconnaître qu'il y a là une idée qui , fécondée par l'expérimentation , peut conduire à de précieux résultats.