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CHAPITRE II. — TRAITEMENT. I7H

Art. 2. — Appareil instrumental. — Blépharostats et ophth,almostats.

Les instruments avec lesquels on opère sur l'appareil de la vision doivent être d'une exécution parlai le, garantie que Ton ne possède que quand on s'est adressé à un habile fabricant. 11 importe surtout que les instruments piquants et tranchants destinés à agir sur le bulbe ne soient point sales, rouilles, ébréchés; la prudence exige qu'on s'assure de leurs qualités avant de s'en servir sur le vivant. Les conditions vicieuses d'un instrument peuvent entraîner des lenteurs dans la manœuvre, rendrê l'opération défectueuse, la faire même manquer entièrement. La pointe des aiguilles à cataracte et des kératotomes doit, tout en étant solide, flé chir modérément quand on l'appuie obliquement sur l'ongle, puis reprendre sa position primitive, dès que la pression a cessé; cette extrémité reste-t-elle recourbée, l'instrument est impropre au service. Les instruments piquants et tranchants doivent franchir sans résistance et sans bruit le canepin tendu; il faudrait les rejeter s'ils n'y entraient qu'en faisant entendre un certain craquement. Si l'on tentait, par exemple, de pénétrera travers les membranes oculaires avec une aiguille à pointe émoussée, on courrait le risque, dans les efforts auxquels on se livre, d'entrer trop brusquement dans l'organe. La conservation de ces appareils exige qu'on les tienne enfermés dans une boîte convenablement garnie, et disposée de telle sorte que nul d'entre eux ne puisse- vaciller dans le lieu qui lui a été assigné; la face interne du couvercle, également garnie, doit presser mollement sur eux et contribuer à leur imprimer la fixité désirable; quelque position qu'on donne à un tel étui fermé, on évite sûrement le froissement des tranchants et des pointes. Ces instruments ne seront essuyés qu'avec un linge lin et sec: le calicot usé convient parfaitement pour cette destination.

Le clignotement des paupières et le blépharospasme, presque inévitables dans les opérations oculaires, ont donné lieu à l'invention d'une foule d'instruments (blépharostats, refouleurs des paupières), destinés à démasquer largement le globe, tout en maintenant solidement les voiles palpébraux contre l'arc orbitaire qui correspond à chacun d'eux. Ils sont surtout utiles lorsque les yeux sont profondément enfoncés dans l'orbite, que les paupières sont courtes et tendues et quand on se voit forcé de se faire assister par un aide peu habitué à ce genre d opérations. Désignés sous le nom d'élévateurs, lorsqu'ils s'adressent à ^paupière supérieure, d'abaisseurs lorsqu'ils sont destinés à l'inférieure, les blépha restais sont pourvus d'une extrémité crochue, dont lu gouttière reçoit le bord "Dre. C est surtout la paupière supérieure qu'il est difficile de fixer convenable ment; on ne saurait atteindre plus commodément ce but qu'en se servant d'un élévateur plein (pl. 1, fig. 3), dont il faut avoir deux modèles de grandeurs di erente. Ils m'ont suffi pour tous les cas individuels; l'un, d'ailleurs, " " v.r d'élévateur et l'autre d'abaisseur. Comme le crochet de cet i,.stl, , , puie uniformément sur les tissus, son application est moins pénible pour le ladeques.cetteport.onolfraitdeuxou trois tiges métalliuues Z ,ue,qucspointsdou,ou

i80 MVHK I. — tfONSIDKRATIONS GÉNÉRALES.

disposition qu'on rencontre dariBwélévateur de Pellier (pl. I, fig. 1), appareil jadis fort employé, et qui présente un double lil d'argent, recourbé à ses deux extrémités sous forme d'une S majuscule. Jœger a fait ajuster, à une plaque de corne ou d'ivoire, une portion du double fil métallique de Pellier, de manière à n'avoir qu'un crochet taisant l'office de blépharostat (pl. 1, fig. 2). Ce professeur affecte la plaque à la résection des bords palpébraux, à l'opération des tumeurs tarsiennes des paupières et à quelques autres usages. Je me sers souvent, pour l'extraction des corps étrangers, pour l'extirpation du slaphylôme, pour la strabotomie, etc., du bléphareirgon , ou dilatateur palpébral de Kfilley-Snowden (pl. i, fig. 5), instrument ingénieux, dont la double gouttière reçoit d'une part la paupière supérieure, et de l'autre la paupière inférieure. Ces voiles se trouvent fortement écartés quand les deux branches, cessant d'être comprimées l'une vers l'autre, sont revenues sur elles-mêmes, par suite de leur élasticité, et en occupant d'ailleurs fort peu de place; le chirurgien, dès lors, peut agir en toute liberté sur l'œil.

Dans l'emploi d'une autre catégorie d'instruments, auxquels Lecat a donné le nom à' ophthalmostals , on a pour but de remédier à la mobilité du globe pendant les manœuvres chirurgicales. Quelques-uns, armés dégriffés, de crochets, etc., saisissent un repli de la conjonctive et du fascia sous-conjonctival, et l'organe est assujetti à la faveur de tractions exercées sur ce repli. C'est à celte combinaison qu'appartiennent la fourchette de M. Lûer et l'ophthalmoslat de M. Rothmund (de Munich). Ce dernier fixateur consiste dans une pince croisée, dont chaque branche aboutit à un crochet très-fin et recourbé en debors. M. Rothmund conseille d'appliquer l'instrument très-près du limbe de la cornée , point dans lequel la conjonctive scléroticale est plus intimement accolée aux parties sous-jacentes que partout ailleurs; deux piqûres résultent de cette application. L'indication qui a présidé à l'invention de cette catégorie d'instruments peut être tout aussi commodément remplie à l'aide d'une pince à dents de souris (pl. 6, fig. 1), qui devra toujours saisir, avec la conjonctive, le fascia qui la double, pour que l'instrument soit solidement implanté, et que le tissu; conjonctival ne soit point douloureusement lacéré pendant la manœuvre. Dans le premier temps de l'extraction de la cataracte, on place généralement la pince dans la région scléroticale, vers le grand angle, et à un ou deux millimètres de I circonférence de la cornée. Bonnet, qui se sert d'une pince munie d'un coulant pour qu'elle ne puisse pas lâcher prise pendant l'opération, implante cet instrument vers l'insertion du muscle abducteur, c'est-à-dire un peu au-dessus d l'angle externe des paupières, et à 4 ou 5 millimètres du limbe kératique. Dans le procédé du chirurgien de Lyon, un aide, debout derrière le ma* lade, soulève la paupière supérieure avec un.élévateur tenu d'une main, tandis qu'avec la pince, confiée à l'autre main, il s'oppose à la fuite de la cornée vers le grand angle. «11 faut avoir vu pratiquer cette opération, dit Bonnet, pour se faire une idée de la promptitude, de la précision et de la facilité extrême avec laquelle on l'exécute. Toujours l'incision suit le contour de la cornée; jamais l'iris n'est blessé; jamais, si les aides sont attentifs, il ne sort une quantité d'humeur aqueuse assez considérable pour

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