CHAPITRE II. — TRAITEMENT
nel ; il peut ainsi graduer la compression à sa guise. Enfin, deux rubans attache's aux deux bouts delà tige bi-lemporale , rubans qu'on noue sous le menton, servent à fixer l'appareil sur la tête, qu'on couvrait préalablement d'une calotte. J.-L. Petit nous apprend que quelques-uns ont effectué la compression avec de la cire, d'autres avec des pièces en liège, en plâtre, etc. ; on s'est aussi servi de papier mâché. Dès que le véritable mécanisme qui préside au développement des tumeurs lacrymales lut connu, la compression dut être à peu près bannie de leur traitement. Les quelques rares indications de son emploi seront exposées plus tard.
La compression s'est montrée fort avantageuse dans ma pratique pour prévenir l'exophthalmos, à la suite de la strabotomie. Dans toutes mes opérations de strabisme, je n'ai jamais manqué d'y recourir, à l'aide d'une compresse fine, priée en plusieurs doubles et fixée parle monocle. Cet accident a-t-il surgi, malgré les précautions destinées à le conjurer, la compression est apte encore à y porter remède. Dieffenbach, qui veut qu'on s'occupe de l'extrusion du bulbe immédiatement après l'opération, quand le déchaussement est très-marqué, recommande l'occlusion des paupières jusqu'au recollement des parties, et une compression modérée sur ces voiles, à l'aide d'un plumasseau de charpie soutenu par des bandelettes agglutinatives. Ce ténotomiste ,' qui dit avoir usé avec succès de cet appareil chez plusieurs malades, annonce que celui-ci peut nonseulement prévenir l'augmentation du mal, mais ramener encore l'organe à sa position naturelle.
Article 7. — Application des caustiques.
11 est peu de maladies oculaires contre lesquelles on n'ait pointproposé l'emploi des caustiques. Des inflammations aiguës ou chroniques, des fistules, des staphylùmes, des tumeurs de toutes sortes, des introversions, et des exlroversions palpébrales sont traités chaque jour par ces puissants agents thérapeutiques. Sur le terrain de l'oculistique, comme dans d'autres parties de l'art de guérir, les caustiques n'interviennent pas seulement comme destructeurs de quelques port.ons de l'organisme vivant; on y a recours encore pour ranimer les fonctions vitales dans des tissus où elles sont languissantes. C'est pour l'accomplissement de cette indication que nous avons maintes fois pratiqué, avec le plus grand succès, la cautérisation de la conjonctive scléroticale contre des paralysies des troisjème et sixième paires cérébrales; c'est mu probablement aussi parla même pensée, que le docteur Roussilhe a invoqué, dans la médication de l'hémeralopie , le secours de la cautérisation coméale suivant le procédé de M. Serre.
H importe de limiter l'action de ces énergiques remèdes aux parties seule» sur lesquelles on les a appliqués ; quelques cathéréliques faibles, comme le sullate e ciuvre, font seuls exception à cette règle. S'agit-il de cautériser quelque pc „t de a face externe des voiles palpébraux, l'œil sera, par son occlusion sL ' ,r telle.SOrte P^celle de la matière corrosive ne puisse
S Pénétrer. 1;,, cauSt,que doit-il être porté sur h paroi interne de la paupière
490 LIVRE l, CONSIDEIUTIONS (ilÎNKHAI.KS.
infôrkurQ} celle-ci Bera fortement renversée en dehors, pendant cette application, tandis que le patient regardera en haut) Ce dernier devra encore mainteair son œil dans la même position, et le voile continuera à rester extroversé , jusqu'à ce que le surplus de la matière cautérisante ait été enlevé à la faveur de l'eau froide, ou décomposé avec une solution de sel marin, si l'on a usé du ni- Iratc d'argent* Quelques oculistes protègent le bulbe visuel, dans ces opérations, avec une plaque de corne ou d'écaillé qu'ils confient à un aide, cl dont l'une des extrémités, semi-lunaire, vient se loger dans le sillon oculo-palpébral inférieur, tandis que le corps de l'appareil abrite le devant de l'œil. L'on inviterait le malade à regarder en bas, s'il s'agissait de porter le caustique sur la paroi interne de la paupière supérieure, qui serait maintenue tournée en dehors.
Plusieurs Chirurgiens ont l'habitude d'enduire la région cautérisée d'huile d'olives ou d'amandes douces. La glycérine pure est employée par M. Bowman. Le docteur Mayor considère le coton cardé comme la substance la plus convenable pour effectuer, dans de telles circonstances , l'isolement des surfaces, et proléger celles qui pourraient se trouver menacées à la suite de la cautérisation. 11 conseille de placer sur les endroits touchés un petit tampon de beau coton cardé, qu'on maintient avec le bout d'un stylet pendant qu'on remet la paupière en place.
Quand on se sert de pinceaux pour le maniement des caustiques liquides, il y a toujours avantage à employer de ces petits appareils, inattaquables par la substance mise en rapport avec eux. Un pinceau de blaireau, par exemble, imbibé d'acide sulfurique, se boursoufle , ce qui donne lieu aune cautérisation diffuse et peu méthodique. Les pinceaux d'amiante, ceux en fds déliés de platine et d'or, recommandés par le docteur Mayor, conviendront souvent pour l'usage indiqué; ceux en lil de verre, usités en Angleterre, sont d'un emploi peu commode, car ils se brisent avec facilité. Les pinceaux seront très peu chargés du caustique ; mieux vaut les y tremper plusieurs fois pendant la manœuvre que de s'exposer à une cautérisation trop étendue. On les essuiera , à cet effet, sur le bord du vase qui contient le liquide, toutes les fois qu'on y introduira le pinceau. Une baguette de verre, im agitateur des laboratoires de chimie est d'un usage très-convenable pour l'application de l'acide sulfurique et des caustiques liquides.
alun calciné, potasse caustique. — Réduit en poudre line et employé pur ou associé au sucre, à la sabinc, à l'oxyde rouge de mercure , l'alun, privé de son eau de cristallisation par l'action du feu (alun calciné), est recommandé par quelques ophlhahnologisles pour aviver des surfaces ulcérées el réprimer des excroissances molles. Je le considère comme doué de trop peu d'énergie, à titra de cathéréliijue , elbien inférieur à d'autres remèdes de ce genre. La potasse caustique, par contre, avec laquelle des chirurgiens attaquent les verrues, les tumeurs érectiles, la pustule maligne, etc., exerce promplenient sur les tissus une action désorganisatrico telle qu'il serait imprudent de l'appliquer sur le globe.
CHLORURE DE 21KG, PATE DE CANQUOIN, — Dans le traitement des tumeurs et dos