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CHAPITRE II. TRAITEMENT

fistules lacrymales, nous avons substitue, depuis quelques années, lapàte de Canquoin au chlorure de zinc solide. Nous ferons remarquer, avec le docteur Philipeaux , que la cautérisation effectuée à l'aide de caustiques coagulants , comme lapàte de Canquoin, a pour propriété de boucheries vaisseaux avant de les diviser, tandis que l'instrument tranchant les coupe, sans qu'au préalable ils aient été oblitérés. Celte pâte phagédénique a été peu appliquée sur le globe lui-même ; j'en trouve un exemple, relaté par le docteur Garin, au tome XXIX du Bulletin de thérapeutique. Il s'agit, dans cette observation, d'une femme affligée d'une tumeur fongueuse à l'œil droit, tumeur molle , rougeàtre, bosselée, indolore, insensible au toucher. Après avoir pris naissance vers l'angle interne, ■elle s'était propagée peu à peu sur le devant de l'œil , qu'elle refoulait vers- la tempe ; elle débordait les paupières qui ne pouvaient plus la couvrir. Deux applications de la pâle de Canquoin faites par Bonnet modifièrent considérablement l'excroissance morbide, qui fut ainsi réduite de moitié; le reste, attiré vers le bord de l'orbite, au moyen d'une ligature qui en embrassait les racines, fut extirpé avec des ciseaux courbes, et la malade guérit. « Le chlorure de zinc -, ajoute le docteur Garin, a une énergie plus rapide et mieux limitée que les préparations arsenicales et antimoniales, et son application est moins douloureuse. Mais c'est surtout par la précision que le chlorure de zinc est préférable aux autres caustiques; ses eschares semblent faites par un emporte-pièce ; il offre, en outre, l'avantage, tout en détruisant les tissus malades , de modifier les tissus sous-jacents, de manière à fournir une cicatrisation prompte et à prévenir les récidives.»

On trouve dans les pharmacies trois numéros de la pâte dite de Canquoin Le no 1 contient 1 partie de chlorure de zinc, 2 parties de farine et une assez petite quant] te d'eau pour obtenir une pâte ferme. Le n° 2 se compose de l partie de chlorure et de 3 proportions de farine; le n« 3 de 1 partie de chlorure pour 4 parties de farine (OfQcinede Dorvault). C'est le no i que nous employons pour la cautérisation du sac. Il est digne de remarque que la pâte de Canquoin a une ac ion d autant plus lente, plus graduelle et d'autant moins douloureuse que cette paie a été préparée plus longtemps à l'avance.

nitrate acide de uercure. acide suLFURiQUE.-Le nitrate acide de mercure nous a quelquefois servi, entre autres usages, à cautériser la face interne de la nau-

£mlfrr?tteinte d,enh'°Pion- ^application de l'acide sulfurique au traitement de lenlropion constitue la méthode d'Helling. Ce liquide est l'un des aci es qui carbonisent le plus rapidement nos tissus. Comme 1 ab orb avec f dite 1 humidité atmosphérique, il convient de le conserver dans un end -o sec et dans un flacon bouché à l'émeri.

sulfate de cuivRE.-A titre de cathérétique, c'est-à-dire sous forme de cravon avec lequel on touche laface interne des paupières, le sulfate de c^vre es d'u emploi tres-repandu dans la pratique ophthaîmologique. 11 faut • | P

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lions réfrigérantes, tantôt on abandonne à elles-mêmes les parties touchées, sans affaiblir par l'intervention de l'eau la force du remède. D'autres se contentent de le poser sur la face interne des paupières et l'y maintiennent quelque temps en place. Cette cautérisation est très-douloureuse, surtout au début; bien peu de malades s'habituent à en supporter l'action sans éprouver une cuisson des plusvives. Les conjonctivites granuleuses ont principalement été traitées par cet agent dont, à mon avis, l'on a par trop abusé et dont la valeur sera établie plus tard. On s'en est servi contre la mydriase. Les solutions concentrées de sulfate de cuivre nous ont été fort utiles pour ranimer la vitalité languissante dans les ulcérations chroniques de la cornée.

Le procédé suivant a été préconisé, contre quelques ophthalmies, par le docteur Bonnet. On trempe dans de l'eau froide un fragment de sulfate de cuivre, qu'on passe et qu'on repasse, à vingt ou trente reprises différentes, sur les paupières closes. Cette application a lieu trois fois far jour, avec la précaution de mouiller de temps à autre le crayon. Les enfants les plus difficiles se soumettent, sans trop murmurer, à cette médication, qui ne donne lieu qu'à une cuisson de courte durée. Le résultat se ferait, dit-on, ordinairement sentir le cinquième jour, au plus tard. Mes observations concordent peu, à cet égard, avec celles de Bonnet et de M. Serre (d'Alais). Je n'ai tiré qu'un médiocre parti de ce singulier expédient thérapeutique.

nitrate d'argent. — Le nitrate d'argent est, de tous les caustiques, celui qui jouit d'une plus grande vogue dans le traitement des affections oculaires. Nmiseulement on en use pour cautériser des ulcérations, des tumeurs fongueuses, des staphylômes, etc., mais il constitue encore la base de la méthode dite ectrotique ou abortive, destinée à juguler, à leur début, les ophthalmies purulentes. Un grand nombre de chirurgiens touchent avec la pierre infernale les cornées atteintes d'ulcérations aiguës, de pustules, pratique sur la valeur de laquelle nous aurons à revenir, en traitant de la médication des kératites. Interprète, à cet égard, des idées de M. Bouchacourt, M. Viguier annonce1 que la cautérisation est d'autant plus indiquée, dans la kératite pustuleuse, chez les enfants, que la conjonctivite est plus intense et la photophobie plus prononcée. M. Bouchacourt fait coucher le jeune malade, le corps fixé par un aide; un second aide soulève avec l'indicateur la paupière supérieure et fait basculer le cartilage tarse - le chirurgien agit de môme sur le voile inférieur. On obtient, par celte double manœuvre, un écartement dans lequel les parois conjonctnales des deux paupières sont mises à découvert; c'est dans cet espace qu'on promène rapidement le crayon d'azotate d'argent. Dès que les parties ont blanchi, on replace les paupières dans leur attitude naturelle ; les mouvements exécutés par le globe étendent dès lors sur la cornée l'influence du caustique. Nous ne saunons assez mettre les praticiens en garde contre les éloges exagérés qu'on a prodigues au nitrate d'argent. Fort efficace quand on le manie avec circonspection il peut, dans les cas contraires, entraîner de grands désastres : leucomes étendus, ulcération et suppuration de la cornée, perte de l'œil.

i Tlièse inaugurale. Paris, 486»,

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