CHAPITRE 1. — OPHTHALMIES
blépharites chroniques, d'cctropions, d'alopécies ciliaires, d'affections lacrymales, ont également la variole pour point de départ.
Des auteurs admettent que des pustules varioliques ne se développent jamais sur-la conjonctive oculaire. Je professe une opinion contraire et conforme, sous ce rapport, à celle de Burkard Eble, de M. J. Ansiaux et de beaucoup d'autres oculistes. Plusieurs autopsies de varioleux, faites avec le plus grand soin à l'hôpital de la Charité de Paris, ne m'ont laissé aucun doute à cet égard.
L'ophthalmie énjsipèlateuse, autre forme de conjonctivite exanthématique qui peut survenir dans l'érysipèle de la face et des paupières, offre, dit-on, pour caractère pathognomonique, la présence, sur la conjonctive sclérolicalc, de bulles ou de bosselures vésiculaircs jaunâtres, et souvent assez volumineuses pour faire saillie entre les bords palpébraux. Elles contiennent un liquide semidiaphane, qui s'écoule quand on les incise, et la conjonctive décollée se plisse parles mouvements du globe. Il n'y a évidemment ici qu'un chémosis séreux,qui vient se joindre à un état inflammatoire et plus ou moins œdémateux des paupières. Un simple orgelet peut le faire naître. Nous devons noter, comme complication beaucoup plus importante de l'érysipèle de la face, la possibilité d'un exophthalmos, par suite d'une inflammation phlegmoneuse du tissu cellulaire de l'orbite.
Il arrive souvent encore, surtout chez les jeunes sujets, que la présence d'une éruption à la face, au cuir chevelu, à l'ouverture des narines soit associée, sur la conjonctive oculaire, h un développement vasculaire accompagné de tumeurs vésiculeuses dont il sera question dans l'article suivant. C'est l'herpès conjonctival de quelques auteurs.
Conjonctivite iodique. -Les personnes, soumises à l'administration de l'iodure de polassium, sont sujettes à une phlogose oculaire, que l'usage si répandu de ce remède rend digne de l'attention des praticiens. Tantôt seule, et tantôt associée à un coryza ou à une bronchite, ayant également pour origine l'emploi de cet agent, elle peut atteindre un œil ou les deux yeux en même temps. Bien qu'elle se soit parfois présentée sous la forme d'une conjonctivite angulaire, elle revêt, presque toujours, l'aspect d'une conjonctivite oculo-palpébrale. Il 'n'est pas rare de lavoir compliquée d'une suffusion sous-conjonctivale, avec chémosis séreux et œdème des paupières (ophthalmie catarrho-œdémateuse). Le docteur Ricord fait observer qu'elle offre le cachet particulier des effets généraux de l'iodure de potassium, c'est-à-dire, que la sécrétion est accrue, sans tendance ou avec fort peu de tendance à la purulence. Elle s'est terminée presque constamment par résolution, même dans les cas qui ont paru les plus sérieux.
On a vu cette inflammation se déclarer du premier au second mois, et même a une phase ultérieure de l'usage non interrompt de l'iodure potassique toutefois, dans la pratique de M. Ricord, elle paraît avoir plutôt surgi dans les premiers jours de l'emploi du remède. 11 semble fort rare, d'ailleurs quand le phénomène s'est manifesté une fois, de le voir se reproduire chez le même sujet pendant le reste de la durée du traitement.
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ÏSSr! t"'," UC.Tétê d'°Phthalraie se ^"contre fréquemment dans les établissements ou l'on .'adonne à la manipulation de substances animale,.
Garçon du Villards fait observer qu'àbord des navires négriers, et dans toutes les localités oii l'air n'est pas suffisamment renouvelé, les émanations provenant des corps vivants ne tardent pas à se convertir en agents nuisibles, très-propres à donner lieu à la phlogOSG de la muqueuse oculaire.
Sous l'influence des vapeurs ammoniacales qui se dégagent des fosses d'aisances, les hommes préposés au service des vidanges sont très-enclins à contracter une conjonctivite. Décrite par ttamazzini, par Sauvages, par Dupuytren, cette ophtnalmie est connue chez ces ouvriers sous le nom de mille. Ils lui assignent eux-mêmes trois degrés, d'après le docteur Furnari : la mille humide, qui ne présente que de la rougeur accompagnée d'un peu de sécrétion muqueuse et de larmoiement ; la mitte grasse, qui est une conjonctivite puro- muqueuse; la mitte indolente, une conjonctivite chronique. Cet observateur ajoute que, saut quelques cas qui se rapportent à la dernière catégorie, la maladie oculaire s'évanouit d'elle-même avec rapidité, dès que les vidangeurs s'abstiennent de travailler, d'où il résulte qu'ils n'ont que très-exceptionnellement recours aux: lumières de la médecine, et que nous n'en voyons presque jamais dans nos dispensaires. Ils paraissent, d'ailleurs, moins sujets aux. ophtbalmics que les ouvriers en laine, en coton, etc., plongés sans cesse au milieu de corps pulvérulents suspendus dans l'atmosphère.
La disposition des fosses et le système de leur curage ont subi depuis quelques années, à Paris, des perfectionnements qui, joints à certains procédés de désinfection, rendent la mitte beaucoup moins fréquente qu'elle ne l'était jadis. 11 n'est pas rare encore dans les campagnes, et surtout au temps des chaleurs, de constater des conjonctivites chez les individus d'une même famille, dont l'habitation est entourée d'amas de fumier, de détritus d'animaux et de végétaux de tout genre, que l'on remue fréquemment et sur lesquels on verse des eaux croupies et contenant les urines des bestiaux.
Les yeux des ouvriers livrés au curage des égouts sont sujets aussi à contracter des conjonctivites. L'influence irritante des gaz qui en émanent varie suivant - des conditions complexes, justement appréciées par le docteur Furnari. Ce praticien fait observer que ces canaux reçoivent, avec les eaux superflues, les boues, des débris de végétaux, des cadavres d'animaux, des substances cxcrémentitielles; la matière qu'ils contiennent diffère encore d'après les métiers exercés dans les quartiers qu'ils parcourent, tels que ceux de blanchisseur, de tanneur, de teinturier, de boyaudier, etc. ; les immondices de boucheries créent des émanations semblables à celles des sépultures ; lorsque les ouvriers récurent ces dépôts, il s'en dégage parfois des vapeurs tellement suffoquantes, qu'ils tombent en asphyxie.0 Mais il faut ajouter que, grâce à une administration vigilante, l'ophthalmie des égoutiers, de même que celle des vidangeurs, a beaucoup diminué à Paris, par suite de la multiplicité des cgouls, des eaux abondantes qui y coulent, et de l'éloignemcnt hors de la ville de plusieurs professions insalubres.
Les irritations oculaires sont communes dans les manufactures de produits chimiques, dans les mines de charbon, etc. La persistance de quelques conjonctivites chroniques, chez les ouvriers de certaines fabriques, a été attribuée par Middlemore, au gaz de l'éclairage. M. Testa, ancien consul de Hollande à Tn-