‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 99 sur 501 · CHAPITRE I. — OI'HTHALMIES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — OI'HTHALMIES

poli de Barbarie, nie disait que les affections de ce genre étaient fréquentes dans plusieurs districts de cette régence, à cause, d'après les médecins de ce pays, de. l'habitude de s'éclairer avec de l'huile de ricin mal épurée.

Ophthalmie sénile (opblhalmie cachectique; lippiludo senilis). — C'est dans le. cadre des conjonctivites chroniques qu'il faut placer une forme pathologique, commune chez les gens a\aneés en âge, et dans laquelle, à une congestion passive et torpide de la conjonctive, il faut joindre un relâchement assez habituel de ce tissu plus ou moins décollé de la sclérotique sous-jacenle, et offrant une teinte d'un jaune rougeàtre. Des phiguéculas régnent d'ordinaire au voisinage de chaque cornée vers l'un et l'autre angle. Un certain degré de blépharite ciliaire se trouve associé aux conditions morbides. J'ai souvent ici rencontré, vers la commissure externe des paupières, l'anchyloblépharon partiel, provenant des excoriations marginales qui avaient soudé l'un à l'autre les deux bords contigus des voiles palpébraux. Il n'est pas rare de constater un peu de ptosis, par suite de la flaccidité du tégument externe de la paupière supérieure. L'on constate fréquemment aussi le renversement de la paupière inférieure, dont la paroi muqueuse est susceptible de devenir exubérante et fongueuse, conditions liées à la flaccidité de son enveloppe cutanée, à l'atonie de l'orbiculaire et à un relâchement des commissures palpébrales.

traitement. Conjonctivite oculo-palpébrale (premier et second degré). La

conjonctivite catarrhale des auteurs, récente, peu intense et exempte de complication, peut guérir avec facilité sous l'influence d'un collyre de sulfate de zinc (page 146), d'acétate de plomb cristallisé (page 148), ou d'extrait de Saturne, à la dose de cinq à six gouttes dans un demi-verre d'eau tiède. Le collyre au nitrate d'argent, faiblement dosé (page 144), est celui qui montre généralement le plus d'efficacité dans cette circonstance.

L'hypérémie est-elle plus forte, il sera utile d'associer à ces topiques les pédiluves irritants et quelques dérivatifs sur le tube intestinal.

Des praticiens prescrivent l'acétate d'ammoniaque, la poudre de Dower, le rob de sureau et des boissons diaphoniques chaudes. Je rte les conseille jamais et Cimier annonce n'en avoir retiré aucun avantage. Cet oculiste recommande le tartre stibié, à doses fractionnées, dans les premiers degrés de la conjonctivite, et le même remède à hautes doses, quand la pyorrhée est établie.

Les malades se soumettront autant que possible à un régime léger, et s'abstiendront de travaux qui exigent des efforts de vision. Il est inutile de bander l'œil ou les yeux. Il est digne de remarque que beaucoup de sujets sont soulagés parte contact d'un air frais, qui dissipe momentanément la sensation de gravier oui les tourmente. 4

Conjonctivite oculo-palpébrale (troisième degré; forme puro-muqueuse) Méthode ectrottque. Excision et scarification du chémosis. -Arrivée à ce terme la i conjonelmtc réclame une médication plus énerve. Nous prescrivons ÈouVêht avec s, deux collyres dont l'un est composé de 15 ou 20 centigrammes de '"•rate d argent cnstalhsé pour 30 grammes d'eau distillée, et l'autre de o à i ~ de ^urne, P-r 200 ou 250 grammes d'eau distite ou d'un

-lange d eau distillée et d'eau de roses. Nous remplaçons plus patïïit"

-210 LIVKE li. — MALADIES DU GLQBE OCULAUIE.

ment le dernier véhicule par l'eau de sureau, quand les paupières sont le siège d'un gonflement considérable. Le collyre au nitrate d'argent est porté sept ou huit fois par jour entre le bulbe et les voiles palpéhraux ; dans l'intervalle de ces applications, l'œil ou les yeux sont fomentés avec la solution saturnine, à laquelle on peut substituer une solution de sulfate de zinc ou mieux d'alun, 1 grajpamè et demi de ce sel pour 200 à 250 grammes d'eau. M. Mackenzic semble accorder la préférence à une solution de 5 centigrammes de sublimé corrosif et de 30 centigrammes de chlorhydrate d'ammoniaque dans 200 grammes d'eau. 11 la coupe avec moitié d'eau chaude et s'en sert en lotions à l'aide d'une éponge fine et en injections. Cet oculiste recommande de diriger le jet du liquide vers le repli supérieur de la conjonctive, afin qu'une grande masse du remède se mette en contact immédiat avec la membrane muqueuse. Les douches oculaires (page 162) méritent encore d'être conseillées. Les liquides émollienls et les cataplasmes de même nature (page 172), sont aujourd'hui proscrits avec raison delà thérapeutique des maladies de ce genre. Dans le cas surtout où l'on redoute une perforation de la cornée, on n'oubliera pas les instillations d'une solution de sulfate d'atropine entre les paupières. Les onctions fréquemment réitérées sur la région péri-orbitaire, avec l'extrait de belladone, sont plus particulièrement indiquées quand les tissus sont en proie à une tuméfaction considérable et souillés par des matières abondantes.

Lespédiluves énergiques, les cataplasmes sinapisés aux jambes, les révulsifs intestinaux souvent répétés, secondent avec efficacité la médication. Bien que les émissions sanguines soient dans l'espèce un moyen de second ordre, on peut, surtout chez les sujets vigoureux et pléthoriques, avoir recours à la saignée générale et mieux aux ventouses scarifiées ou aux sangsues. Je conseille souvent ces dernières sur le trajet des carotides, lorsqu'une polyémie cérébro-oculaire et des douleurs opiniâtres me font redouter l'imminence de désordres graves dans l'organe visuel. Maintes fois encore, et clans les cas de forte tuméfaction de la conjonctive palpébrale qui proéminait au dehors, je l'ai soumise à des incisions longues, mais superficielles, avec mon scarificateur (pl. 6, fig. 7). Celte pratique soulage le malade, et contribue puissamment à l'affaissement du bourrelet mu queux.

La méthode eclrotique ou abortive, que Yetch préconisa contre les ophthalmo blennorrhées, consiste dans la cautérisation des yeux avec le nitrate d'argents Elle repose sur ce principe, que la durée d'une inflammation peut être diminuée si Ton suscite, dans la région où elle siège, une inflammation plus énergique et substitutive. On a dit encore que la pierre infernale agissait mécaniquement par la section d'un grand nombre de vaisseaux, d'où l'interruption de la circulation sur plusieurs points de la membrane malade. Les solutions concentrées d'azotate d'argent, portées sur la face interne des paupières avec un pinceau (page 103), me paraissent ici très-supérieures au crayon, dont l'action est inégale, parfois trop profonde, et souvent dangereuse. Le nitrate , tel que nous l'employons, c'est-à-dire plutôt comme modificateur que comme destructeur, a jugulé, en vingt-quatre ou trente-six heures, des ophthalmics purulentes. Celte application demande à être très-survcillée, lorsque la cornée coin-

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