CHAPITRE II
§ 1. — Définition et principe fondamental.
banquier du commerce est un intermédiaire entre les capitaux qui cherchent un placement et le travail qui cherche des capitaux, ou, comme nous l’avons dit ailleurs, un marchand de crédit. On peut jusqu’à un certain point le comparer à un commissionnaire qui est toujours ducroire ou garant des opérations qu’il fait.
Le banquier n’est donc point, à proprement parler, un capitaliste; c’est un négociant dans les affaires duquel le capital propre n’est qu’une sorte de cautionnement, une garantie des engagements pris envers les tiers. Sans doute la possession d’un capital puissant assure au banquier, comnie à tout autre commerçant.
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des avantages considérables ; mais ce capital n’est point l’instrument principal et nécessaire de son commerce. On comprend l’existence d’une maison de banque avec un capital médiocre et même, à la rigueur, sans capital : en général, du reste, le capital propre n’est qu’un accessoire dans une maison activement conduite.
C’est pourquoi le banquier n’est pas directement intéressé, comme on le croit vulgairement, à ce que le loyer des capitaux soit élevé. Lorsque le cours de l’intérêt est bas, ses affaires sont plus courantes, les dépôts deviennent plus abondants, les placements plus faciles et plus sûrs que dans les temps où les capitaux sont rares et le taux de l’intérêt élevé ; de telle sorte que s’il existe entre les prétentions respectives du capital et du travail quelque opposition, la cause du banquier est liée à celle du travail.
Quelles que soient les opérations du banquier, et quelque forme qu’elles affectent, elles viennent toujours se résumer en définitive en emprunts et en prêts. Donnons, pour simplifier, le nom de dépôts à toutes les créances passives, quelles que soient leur forme et leur origine, et le nom de placements à toutes les créances actives, quelles que soient également leur origine et leur forme. Ainsi la remise d’une valeur en recouvrement, ou celle d’un effet remboursable en retour, est un dépôt aussi bien qu’un versement effectif d’espèces; ainsi une remise de valeurs ou d’espèces, à découvert ou par suite d’un escompte, est un placement. Nous ne parlons pas du paiement final par lequel se liquide toute opération, parce qu’il n'est qu’une dépendance nécessaire de l’opération elle-même.
Les dépôts constituent l’ensemble des engagements du banquier envers les tiers; les placements constituent l’eqsemble des obligations des tiers envers lui : si l’accomplissement de celles-ci est toujours plus ou moins incertain, il est bien certain, au contraire, qu’un jour ou l’autre l’exécution des engagements pris par le banquier sera réclamée. Dans la constitution d’une banque, la nature et la condition des dépôts est donc le premier et le plus important sujet d’étude, car les dépôts sont le point de départ et, si l’on peut s’exprimer ainsi, le pivot sur lequel repose l'ensemble des opérations : les placements ne sont qu’une conséquence, une dépendance. Le banquier doit pourvoir d’abord et avant tout à