RAPPORT
Banque de France. .
1852, 10 juin. .
— de Belgique. . .
I8SO, 31 déc.
! — de Gènes. . . .
1853, 20 avril.
| — de Savoie. . . .
1 — de Prusse. . . .
fin de 1851. .
Ih.
Ih. 23,114,279
I — d'Angleterre. . .
1852, 20 oetob.
Banques d’F.cogse. .
1845, février. .
1849, 24 mars.
— d’Irlande. . . .
1 — du Massachusetts.
1838, février. .
1850, 2 février.
! — du Connecticut. .
1851, fin. . .
1 — de Vermont. . .
L’expérience, on le voit, ne répond pas, il s’en faut de beaucoup, d’une manière uniforme. Cependant ce n’est ni par des tentatives empiriques, ni sur les résultats d’un jour, que ces rapports sont établis. A quelques variations près qui n’ont pas d’importance, ils existent depuis environ 30 ans, pendant lesquels les banques d’Europe et celles de la Nouvelle-Angleterre ont également fonctionné d'une manière régulière et obtenu des résultats avantageux à leurs actionnaires. Tout ce qu’on peut en conclure, c’est qu’il n’y a point de rapport fixe qui convienne en tout temps et en tout pays.
Si les banques étaient complètement libres ou si celles d’Europe et d’Amérique se trouvaient dans des conditions absolument égales, on pourrait affirmer sur-le-champ que les banques américaines sont mieux administrées, puisqu'elles utilisent, pour elles et pour le public, une portion de capital qui reste stérile dans les caisses des banques européennes. Mais pour faire la part de ce qui est du fait de l’administration et de ce qui tient à la différence du milieu dans lequel les banques opèrent, il convient de chercher ce que les directeurs de la Banque d’Angleterre ont négligé d’expliquer dans leurs interrogatoires : quels sont les faits en considération desquels le rapport de la circulation à l’encaisse doit être établi; en d’autres termes, quelles circonstances périodiques ou irrégulières peuvent provoquer une présentation
extraordinaire de billets au change à la caisse d’une banque de circulation.
Nous avons déjà remarqué et énuméré les motifs qui font réclamer le change du billet de banque. Sur ces quatre motifs, il n’y en a quedeux qui puissent déterminer une demande extraordinaire et considérable : 1° un changement d’opinion défavorable à la banque, une panique ; 2“ un besoin subit d’espèces pour l’exportation. On peut donc poser en principe cette proposition : que plus une banque est exposée aux paniques et aux demandes d’espèces pour l’exportation, plus son encaisse, comparé à la somme de ses billets, doit être élevé. De ces deux sortes de demandes, on pourrait même en négliger une, la principale, lorsqu’il s’agit de banques anciennes et bien accréditées. Les paniques ordinaires n’atteignent pas leur crédit particulier; et, lorsqu'on en vient à douter de tout crédit, l’expérience a trop bien établi que le plus fort encaisse était insuflisant, comme le prouve ce qui est arrivé à la Banque d’Angleterre en 1797, à la Banque de France en 1805, 1814 et 1848.
Les banques doivent calculer leur encaisse sur les demandes éventuelles d’espèces auxquelles elles peuvent être exposées par les besoins de l’exportation : c’est le principe admis et professé à la Banque d’Angleterre , qui prétend régler ses émissions sur le cours des changes, augmentant son encaisse lorsque les changes sont contraires, et son portefeuille lorsque les changes deviennent favorables. Hàtons-nous de dire toutefois que cette maxime est restée à l’état de théorie, et que, sauf quelques circonstances exceptionnelles , la Banque d’Angleterre a toujours accepté le bon papier qu’on lui a présenté, sans trop s’inquiéter du cours des changes et sans faire vendre ses consolidés ou ses bons de l’échiquier pour remplacer les billets émis par l'escompte. Cependant, comme elle opère sur une monnaie d’or, plus sujette à l’exportation que la monnaie d’argent, il est certain que la Banque d’Angleterre est peut-être, de toutes les banques du monde, celle qui est contrainte par ses besoins réels à garder le plus fort encaisse, par rapport au chiffre de ses billets en circulation.
Quant aux banques placées hors des grands marchés , elles sont en général moins exposées aux demandes pour l’exportation, au moins en Amérique, en Écosse et partout où l’on est ha-