‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 160 sur 328 · SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DE CRÉDIT MOBILIER · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DE CRÉDIT MOBILIER

culté que pourraient éprouver quelques personnes à faire un compte d’intérêt, même au moyen d’une table inscrite au dos de l’obligation. Mais il importe de rechercher exactement sur quoi repose en définitive la valeur de ces engagements.

Elle repose évidemment sur celle des titres en représentation desquels les obligations sont émises. Le choix de ces titres est laissé à la discrétion des directeurs de la Société -, mais, quel que soit ce choix, il porte sur une des marchandises dont le cours est le plus variable dans les grandes crises*. Si déjà l’expérience a prouvé le danger des opérations de crédit sur nantissement des marchandises les plus courantes, quel ne sera pas le danger d’engagements qui reposeront sur des titres dont la valeur est au moins aussi sujette à baisser dans les grandes crises que celle de la terre elle-même. L’expérience et le raisonnement ont également prouvé qu’il était dangereux de monnayer le sol : les titres de propriété dans les entreprises industrielles n’ont pas une valeur plus certaine que celle d'un fonds de terre , et leur quantité n’est pas plus limitée que celle de la terre elle-même.

Supposons que la Société de crédit mobilier aille jusqu’à la limite posée dans ses statuts et quelle possède à un jour donné 60 millions de capital et 600 millions de titres représentés dans le public par une somme égale d’obligations. Qu’une baisse de dix p. % survienne sur toutes les valeurs et aussitôt la garantie supplémentaire que donne aux porteurs d’obligations le capital de la Société, cesse d’exister. Si la baisse va jusqu’à 20 p. °/0, les porteurs d’obligations se trouvent exposés à perdre 10 p. °/0, et 40 p. °/0 si la baisse atteignait» comme en 1848, les proportions de 50 p. °/0. Les chances de perte des porteurs seraient bien plus grandes encore, si, comme il est presque inévitable, la société avait fait beaucoup d’avances sur ses propres titres.

Il est vrai que dans les temps ordinaires on ne doit pas craindre une baisse semblable, mais on doit toujours en prévoir une.de 20 à 25 p. %, qui peut être amenée par un enchaînement de faits purement financiers ; en ce cas, la Société de crédit mobilier serait-elle organisée de manière à lutter contre le torrent? Je ne le pense pas. — On peut bien admettre que les obligations de

• Voir livre Ier, ch. 13 et 14.

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