DÉSIGNATION SES BANQUES
BILLETS de S Ht. sterl, et au-dessus.
BILLETS
ïu-dü'soas de
5 1. it.
TOTAL des billet*.
ESPÈCES
Banque d'Irlande
— Provinciale. .
— de Belfast.
— dti Nord
< — d'CUter
— Nationale
— de Carrick-on-Suir. .
— de Clonmel. .
Totaux. . ,
Comme les banques d’Ecosse, celles d’Irlande servent à l’agriculture et lui fournissent des billets de petites coupures. Établies, pour la plupart, depuis 1825 seulement, dans un pays dont les habitudes n’avaient rien de commercial, au milieu d’une population pauvre, illettrée, divisée par les passions politiques et religieuses, elles ont rendu des services considérables ; mais comme elles n’ont pas encore pénétré jusqu’aux dernières couches de la société, elles sont obligées de conserver des encaisses que d’ailleurs les lois de 1844 et 1845 ne leur permettront guère de réduire. — Les banques d’Irlande acceptent réciproquement leurs billets en paiement et les échangent chaque jour à Dublin, de la même manière que les banques d’Écosse à Édimbourg.
§ 4. — Banques de Londres.
Enfin les opérations de banque se font à Londres par des maisons particulières et par des sociétés d’actionnaires. Ni les unes ni les autres n'émettent de billets-monnaie, mais l’activité commerciale de Londres, la concentration sur cette place des capitaux roulants et des paiements de tous les points du Royaume-Uni, assurent aux banquiers qui y sont établis un grand nombre de
288 LIVRÜ IV. CHAPITRE lit.
comptes courants de première classe et d'énormes opérations de
caisse.
Les banquiers de la Cité se livrent exclusivement aux opérations commerciales; ce sont en quelque sorte les caissiers des négociants de Londres. En effet, eux seuls reçoivent et paient les sommes un peu importantes. Lorsque le négociant achète, il paie presque toujours avec un mandat sur son banquier : lorsqu’il vend, il est payé de la même manière. Chacun estime avec raison qu’une caisse est incommode à garder, que les recouvrements, même sur place, seraient pénibles et nécessiteraient l’emploi d’un personnel ; qu’il est désagréable de compter de l’or ou des billets de banque, d’être exposé à se tromper et à être trompé, etc. En conséquence, ils ont chez le banquier un compte courant qui n’est en quelque sorte qu’un compte de caisse : le banquier ne se met jamais à découvert et ne paie point d’intérêt, même médiocre, sur la balance de ses comptes.
Les banquiers du West end opèrent avec la noblesse; ils reçoivent des dépôts à long terme et prêtent sur hypothèque. Souvent leur caisse est tenue, comme celle des négociants, par les banquiers de la Cité.
Avec de telles habitudes, sur une place comme Londres , les opérations de caisse ont une importance exceptionnelle. Aussi a-t-on trouvé moyen de les simplifier beaucoup et d’économiser, pour les banquiers comme pour les particuliers, l’usage de la monnaie.
Les banquière ont deux manières de faire leurs paiements par compensation. La plupart d’entre eux sont en compte courant avec la Banque d’Angleterre, et acquittent par des mandats sur sa caisse les dispositions faites sur eux et présentées par celte banque. Un plus petit nombre, les plus anciens, ont établi une chambre de compensation, Clearing house, qui jouit depuis longtemps dans le monde commercial d’une certaine célébrité.
Chacune des 24 maisons admises à la chambre de compensation, située dans l’ancien hôtel des postes, lombard Street, a un bureau séparé : un livre spécial et un commis sont affectés par elle aux opérations de cette chambre. Vers onze heures du matin, le commis arrive, chargé des traites et mandats du portefeuille de sa maison, payables sur les vingt-trois autres banquiers qui par-
tagent son privilège. On a inscrit l’acquit au dos des traites, et le nom du banquier présentateur en travers des mandats. Le commis remet dans le pupitre particulier de chaque maison les valeurs payables chez elle, prend note de celles qui se trouvent déposées dans le sien, et quitte la chambre à midi. Il revient à trois heures avec de nouvelles valeurs, les dépose de la même façon que le matin et prend note de celles qui ont été remises dans son pupitre. De trois à quatre heures, on lui envoie de la maison d’autres valeurs au fur et à mesure qu’elles arrivent : il continue de les distribuer et d’annoter celles qu’on lui remet. A quatre heures, les boites sont fermées et on ne reçoit plus aucun effet. Chacun fait l’addition de chaque compte et inscrit les balances sur une demi-feuille de papier destinée à cet usage et au milieu de laquelle sont inscrits les noms des vingt-quatre membres de la chambre. Deux colonnes réglées à droite et à gauche sont destinées à recevoir l’inscription du solde , débiteur ou créditeur. Le commis inscrit ces soldes , puis il les collationne successivement avec chacun de ses vingt-trois confrères. Est-on d’accord, la chose est constatée par un paraphe; n’est-on pas d’accord, on vérifie jusqu’à ce que l'erreur soit découverte. Puis chacun fait l’addition des soldes créditeurs et débiteurs et reçoit ou paie la différence.
Les valeurs refusées sont remises dans la boite de la maison qui les présente, avec une note indiquant les motifs du refus; « défaut d’avis, défaut de provision, etc. » Si la valeur a été présentée à la tournée du matin avant midi, elle est ordinairement retournée avant quatre heures; mais en tout cas, lorsqu’elle n'est pas retournée avant cinq heures, on la considère comme acceptée. Si elle est remise après quatre heures, on l’inscrit au crédit d’un compte et au débit de l’autre au verso de la feuille de balance.
A cinq heures, tout est terminé : tous les commis courent à leur maison voir si leur compte est d’accord avec les livres et chercher des fonds, s’ils sont débiteurs; à cinq heures et quart ou cinq heures et demie, ils reviennent et effectuent les paiements qu’ils ont à faire les uns aux autres. Deux inspecteurs appointés certifient les paiements et vérifient les comptes, lorsque les sommes, à payer ne se trouvent pas égales à celles à recevoir, ce qui atteste une erreur positive.