‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 187 sur 328 · LIVRE IV. CHAPITRE UI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITRE UI

On ne reçoit à la Chambre de compensation que des billets de banque ; les appoints au-dessous de 5 /. sont laissés au soin des commis qui en tiennent une comptabilité spéciale et les reportent au lendemain.

Les traites des comtés ne sont point acquittées immédiatement à la Chambre : on les présente le matin à la maison sur laquelle elles sont tirées et on les échange contre des reçus qui passent en compensation dans l’après-midi. — Les mandats qui arrivent après quatre heures sont présentés immédiatement à l’acceptation pour la compensation du lendemain : si l’acceptation est refusée, le banquier porteur peut les retourner le soir même ou le lendemain matin à celui qui les a fournis.

L’utilité de la Chambre de compensation est évidente : c’est par elle que passent la plupart des nombreux mandats auxquels donnent lieu d’heure en heure les opérations de Bourse. Les jours de liquidation, on y a payé quelquefois, en écritures, jusqu’à 14 millions sterling. L’ensemble des opérations pendant l’année 1840 s’élait élevé à la somme énorme de 974,401,000 /., sur laquelle il n’avait été payé en billets de banque qu’un solde de 66,275,000/., ou 6, 80 p. °/0 environ'.

Les vingt-quatre banquiers qui forment la Chambre de compensation, ne reçoivent et ne paient entre eux que par cette voie. Ils constituent une sorte de corporation soigneusement fermée ' dans laquelle il n’est pas facile d’ètre admis : les banquiers nouvellement établis, quel que soit le capital dont ils disposent et la capacité qu’ils apportent, en sont rigoureusement exclus, au grand dommage des affaires en général, et de ceux mêmes qui les excluent. Le judicieux auteur de Y Histoire des Banques , du Traité pratique et de divers autres ouvrages auxquels nous sommes redevables de la connaissance de tant de faits curieux et

1 II ne faut pas se faire illusion sur ces chiffres ni croire à la lettre qu’ils représentent des affaires réelles. La chambre de compensation sert principalement à la liquidation des affaires de bourse. A Paris, ces liquidations s’opèrent d’abord entre agents de change, exactement comme à la clearing bouse et entre agent de change et client à la Banque de France. En 1847, les escomptes faits par cet établissement ont excédé de’885 millions ceux de 1852. Cependant les virements qui en 18*7 atteignaient à peine 8 milliards se sont élevés en 1852 à 1& milliards. Peut-on dire que cette augmentation des virements représente une augmentation des affaires réelles ?

intéressants sur ces matières, M. Gilbart, s’en est vu refuser l’entrée, bien que la banque à la tète de laquelle il est placé opère sur un million sterling de capital, chiffre respectable, même à Londres. 11 est étrange que les banquiers repoussés de la Chambre, et qui sont nombreux, n’en aient pas établi une autre.

En 1849, les banquiers de Londres étaient au nombre de cinquante-huit. On comptait dans la même ville cinq banques par actions, dont la première et la plus importante, celle de Londres et de Westminster, n'avait réussi à s’établir qu’après une opposition obstinée de la part de la Banque d’Angleterre et des anciennes maisons. 11 a fallu plaider, obtenir des décisions du parlement et supporter de petites tracasseries sans nombre, pour faire reconnaître qu’une banque par actions avait le droit d’exister à Londres. Il est bien entendu que le privilège de la Banque d’Angleterre ne permet à aucune de ces banques ni à aucune autre, à 60 milles de la capitale, d’émettre des billets à vue et au porteur.

Les cinq banques par actions établies à Londres avaient, d’après les derniers comptes-rendus que nous ayons vus, un capital réalisé de 2,350,980 l. et une réserve de 323,174 sur les bénéfices des années précédentes. Elles avaient en dépôts ou comptes courants créditeurs, 9,823,390 l. et distribuaient à leurs actionnaires un dividende moyen de 6 p. °/0.

Ce serait une erreur de croire que toutes les. opérations de banque de Londres soient effectuées par les maisons que nous venons d’énumérer. Grâce à l’abondance des affaires que fournit cette place, on a trouvé avantageux d’y diviser, plus qu’ailleurs, le travail. 11 y existe un grand nombre de courtiers d’escompte, bill brokers, qui négocient directement du papier de commerce auprès des capitalistes et quelquefois auprès des banquiers euxmèmes. Les maisons qui se bornent aux arbitrages et dont quelques-unes sont de premier ordre ne sont point considérées comme maisons de banque, mais comme de simples négociants, parce qu’elles n’ont point de caisse et se servent, par conséquent, du ministère d’un banquier.

Si, maintenant, nous jetons un coup d’œil sur l’ensemble du système anglais, nous n'y trouvons pas à la base la même solidité qu’en Écosse ou même que dans le Massachusetts. Une partie

Page 1