‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 197 sur 328 · U VUE IV. CHAPITRE V · texte numérisé non relu

U VUE IV. CHAPITRE V

l’industrieuse Écosse, les coupures plus petites obtiennent une si large place, faut-il s’étonner qu’en Piémont, au milieu d’une population pauvre et pour laquelle le crédit de banque est une innovation, l’établissement d’une circulation de billets de 100 fr. et au-dessus présente des difficultés ?

La Banque nationale a souffert pendant l’année 1852 de la nécessité de recourir à des importations de numéraire. Malgré l’accroissement de ses opérations de toute sorte et les beaux résultats qu'elle a obtenus, elle a vu ses billets revenir au change avec une constance étonnante. Nous regretttons que le compte rendu ne nous indique pas d’une manière certaine la cause de ce fait remarquable : sont-ce des importations supérieures aux exportations qui ont dù être soldées en numéraire ou en ternies plus généraux, est-ce un change constamment contraire qui a motivé ces demandes d'espèces? ou sont-ce des achats faits dans la campagne, auprès d’une population qui n’accorde aucun crédit jfarce qu’elle n’en reçoit point? A distance, il est difficile de le savoir. Toutefois, il est probable que les espèces ont été réclamées par la population agricole. Le déficit de la récolte des vins et les achats faits au dehors pour la construction des chemins de fer ne semblent pas des causes suffisantes pour justifier une importation de

4.715.000 fr. d’espèces dans le premier semestre et de 20,920,000 fr. d’espèces dans le semestre de la fin de l’année, qui est justement celui des récoltes.

Les effets escomptés par la Banque nationale pendant l’année 1852 se sont élevés à la somme de 71,416,318 fr., à laquelle les effets au-dessous de 2,000 f. ne contribuaient que pour 4, 51 8, 537 f. Il est évident par ces chiffres que la Banque n’a pas encore pénétré même jusqu'au petit commerce. — La moyenne des échéancesa été de 66 jours pour Gènes et de 68 pour Turin. On doit probablement attribuer l’élévation de cette moyenne aux négociations de papier sur l’étranger. Le taux de l’escompte a été successivement de 3, de 4 et de 5 p. °/rt, s’élevant à mesure qu’augmentaient les demandes d’espèces. La Banque a toujours pris 1 p. 0/0 de plus sur les avances que sur le papier de commerce : ces avances se sont élevées à un chiffre égal à celui des escomptes, 71,167,202fr., dont 65 millions sur fonds publics, 3,673,000 fr. sur soies et

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