‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 223 sur 328 · IVBE IV. CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

IVBE IV. CHAPITRE IX

civilisé, parce que dans le premier il faut plus de monnaie que dans le second pour effectuer une quantité d’échanges déterminée. Le papier à cours forcé remplace et chasse la monnaie métallique sans en économiser l’usage en aucune façon, et sans imprimer au commerce de nouvelles habitudes. La monnaie de papier qui se répand par la persuasion et non par la force, ne peut au contraire se prupager qu’eu cliangeaut les habitudes, en introduisant l’usage des crédits de banque et en économisant l’usage de la monnaie. Aussi, lorsque le papier à cours forcé vient dans un pays civilisé remplacer la monnaie de papier, ses émissions sont restreintes par les limites étroites où était renfermé le papier de banque. Des banques de circulation nombreuses sont donc le meilleur préservatif qu’on puisse employer dans un pays contre les abus du papier-monnaie.

Encore une observation qui pourra servir à faire mieux comprendre le caractère du papier-monnaie. Sa création produit les mêmes effets sur les contrats qu’un abaissement du titre des monnaies de métal. Toutefois, il y a cette différence que la dépréciation de ces monnaies a une limite dans la valeur même du métal fourni comme monnaie, tandis que la dépréciation du papier n’en a point et ne se trouve toujours, à la fin, réglée que par les émissions *.

On peut assimiler au papier-monnaie les monnaies d’appoint, comme celles de cuivre, qui tirent de leur usage, et non de la matière avec laquelle elles sont faites , leur principale valeur. Mais ces monnaies, qui existent dans presque tous les pays, occupent dans les affaires une si petite place qu’elles ne fournissent guère la matière d’opérations de change ou de banque, et il n’y a pas lieu d’en parler ici. Cependant cette monnaie a donné moyen - d’émettre du papier dont l’apparence est fiduciaire et qui, en réalité, a un cours forcé. Ainsi, lorsque le gouvernement, comme on l’a vu dans plusieurs Etats du nord de l’Europe, fonde une banque de circulation dont le papier est remboursable en monnaie de cuivre, il crée un papier-monnaie susceptible de se déprécier jusqu’à concurrence de la valeur intrinsèque du cuivre.

1 J’ai exposé avec un peu plus de développements la théorie du papiermonnaie dans l'article papier monnaie du Dictionnaire d' Économie politique.

Quelquefois même on a vu franchir cette limite , comme le gouvernement russe ', lorsqu’il défendit, sous des peines très-sévères, l'exportation et la fusion du cuivre, afin de pouvoir tenir plus de papier de banque en circulation.

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