‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 224 sur 328 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Jusqu’à ce jour, on a emprunté ou pris le capital représenté parla monnaie métallique au moyen de billets payables en especes à vue, au porteur, ou par l’émission de papier à cours forcé. 11 semblait difficile d’imaginer un système mixte et intermédiaire qui ne consistât précisément ni à prendre de force, ni à emprunter de bonne volonté au public la valeur de la monnaie métallique. On l’a tenté cependant en imaginant la banque monétaire d’échange sur laquelle on a fait depuis vingt-cinq ans, en France surtout, des expériences nombreuses.

§ 1. — Banque monétaire d'échange.

La théorie de la banque d’échange, que nous appellerons monétaire pour la distinguer de l’autre, est fondée sur une idée très-spécieuse. « Puisque les services, a-t-on dit, se paient toujours avec des services ; puisque la monnaie ne sert qu’en qualité d’intermédiaire dans les échanges, pourquoi cet intermédiaire ne serait-il pas supprimé? Pour y parvenir, il suffit d’évaluer les marchandises existantes, de les représenter et de les monétiser avec du papier au moyen duquel tous les échanges seraient effectués. Qu’on imagine, par exemple, un bazar où se trouvent réunies toutes les marchandises nécessaires à la consommation d’une agglomération d’hommes; élevons une banque au milieu de ce bazar et qu’elle délivre à chacun en papier, après évaluation contradictoire, le montant de la marchandise qu’il produit. Tous

• Voir Storch, Cours d’ Économie politique, t. IV.

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