‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 237 sur 328 · LIVRE V. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAPITRE I

s’il est enclin à voir les choses par leur côté brillant ou par leur côté sombre ; si les relations sociales exercent une bonne ou une mauvaise influence sur la manière dont il remplit ses devoirs ; si les cadeaux et les civilités de ses habitués 1 ont quelque effet sur ses relations d’affaires. Lorsqu’il a éprouvé une perte, il doit rechercher si elle est un résultat du mouvement naturel des choses ou si elle a eu pour origine une faiblesse de son caractère, et se rappeler les cas dans lesquels il a manqué de fermeté, de discrétion, de jugement ou de persévérance, pour se tenir en garde à l’avenir.

» Mais s’il est utile au banquier de connaître ses faiblesses, il ne lui est pas moins utle de les cacher à ses habitués. Les gens rusés qui ont souvent besoin d’argent trouvent bien vite le côté faible de leur banquier, et s’ils s’aperçoivent que les cajoleries, les flatteries, les commérages, les présents ou les menaces leur donnent prise sur lui, il est bientôt à leur merci. C’est pourquoi un banquier fera bien de n’avoir pas de relations trop familières avec ceux qui sont en position de lui demander crédit pour de fortes sommes. »

Avant de s’engager dans la banque, il convient d'étudier avec soin la vocation et l’aptitude qu’on peut y apporter. S’il est vrai que ce commerce réserve une rémunération presque assurée aux travaux de l’homme actif et capable, celui qui s’y engage imprudemment n’y rencontre que des écueils presque inévitables, des désagréments sans nombre, des inquiétudes perpétuelles, et, en dernier résultat peut-être la ruine et le déshonneur.

Il n’est pas rare de voir des hommes, forts d’un capital propre important, et d’une certaine connaissance théorique des affaires, prendre, sans apprentissage préalable, le titre et la qualité de banquier. On ne peut guère imaginerune imprudence plus grande, car si la théorie des opérations de banque est simple et facile à comprendre, l’habitude et la routine même sont indispensables à celui qui veut réussir dans leur pratique quotidienne. On ne sait qu’à demi ce qu on sait le mieux théoriquement, et d’ailleurs combien de détails échappent à la théorie ! Elle ne peut ensei-

i J’ai traduit le mot customer littéralement par habitué et non par client, mot ambitieux et peu commercial dont nous nous servons bien à tort en France.

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