‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 245 sur 328 · LIVRE V. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAPITRE I

ces. Si le banquier est obligé de réduire ses affaires dans la crise, il doit commencer par les clients de cette espèce. Mais s'il a des fonds et si le négociant est riche, le banquier acceptera le papier présenté et se contentera de percevoir un intérêt élevé en rappelant doucement au client ses anciennes infidélités. Les exhortations au bien font toujours plus d’effet lorsqu’elles viennent dans les temps d'affliction.

» ... En temps de crise, les ayants compte auxquels le banquier bonifie un intérêt demanderont un intérêt plus élevé, ce qui est juste; mais il faut avoir soin, en faisant droit à cette demande, d’engager le capitaliste pour un temps déterminé. Autrement il ne larderait pas à retirer ses fonds ou à exiger un taux d’intérêt que le banquier ne peut pas accepter sans imprudence. Le banquier qui consenlirait, en temps de panique, à payer un taux d’intérêt élevé, inspirerait des doutes sur sa solvabilité, ce qui ferait retirer de chez lui plus de capitalistes que l'intérêt boDifiéaux capitaux déposés n’y en retiendrait.

» ... Autant qu’on peut juger de l'avenir par l’expérience du passé, toute crise ou panique est suivie d’un reflux de capitaux. Le banquier aurait un grand intérêt à savoir à quel point précis changera le courant des affaires. Mais il ne peut pas le savoir et il vaut mieux suivre au jour le jour les événements que de s’engager dans des spéculations sur ce sujet. Toutefois, dès que le changement se dessine, le banquier fera sagement de placer tous ses fonds disponibles sur les valeurs réalisables dont il est probable que le prix ne lardera pas à s’élever, telles que billets de l’échiquier et rentes. Il sera libéral dan s ses avances et réduira l'intérêt bonifie aux capitalistes. Qu’il soit prudent toutefois dans ses escomptes, car, bien que l’argent reparaisse, le commerce ne se relève qu'avec lenteur, et le contre-coup de la panique occasionne souvent des faillites : il convient donc de n’escompter en un tel temps que du papier de toute sûreté.

» Observons, eu finissant que, dans les temps de crise, le banquier doit plus que jamais prendre soin de sa santé et observer son régime, se tenir en garde contre l’humeur noire et les sombres pressentiments. Qu’il s’efforce de conserver son jugement calme, et en se préparant à tout, qu'il n’aille pas augmenter le mal en annonçant de plus grands malheurs. S'il se laisse abattre,

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il aura moins de force pour lutter contre les difficultés de sa position. B refusera crédit, par exemple, à ses meilleurs clients, réalisera ses réserves à tout prix et en toute hâte pour fortifier outre mesure son encaisse. Cette façon d’agir aggrave la crise; d’ailleurs la peur est contagieuse : un banqu ier triste effraie ceux auxquels il parle et augmente lui-même la panique. »

§ 3. — Administration intérieure.

Ici, plus que jamais, nous devons laisser la parole au praticien, voici quels sont ses préceptes :

Arrangements intérieurs. — « Il importe qu’une banque soit placée dans un des quartiers les plus beaux et les plus riches de la ville, et que la maison elle-même ait un bel aspect. 11 ne faut pas même regarder de trop près aux dépenses d établissement matériel, parce qu’elles sont une condition de succès. 11 faut que le logement du banquier soit entièrement séparé des bureaux et ne communique avec eux, s’il est possible, que par une porte dont le banquier ait seul la clef, de manière à ne pas mettre sous les yeux du public la cuisine, le salon, les enfants et les nourrices.

» Le bureau, isolé du logement personnel du banquier, doit être spacieux, bien éclairé, bien aéré.

» 11 doit être assez spacieux pour que les commis puissent travaillera l’aise. Il faut que le comptable ait la facilité de tenir plusieurs livres ouverts en même temps, parce qu alors il travaille plus vite; que les caissiers puissent se mouvoir à l’aise et qu'il y ait aussi de l’espace pour le public, car lorsqu'on est gêné on compte mal les espèces, et toute erreur commise prend beaucoup de temps aux caissiers par suite des explications avec le public auxquelles elle donne lieu. D’ailleurs, l’espace est nécessaire à la santé des commis, auxquels il procure plus d’air respirable. On n’en n’a jamais trop dans un bureau où plusieurs personnes travaillent ensemble toute la journée et à la clarté des lampes.

» Le bureau doit être bien éclairé. Tout banquier sait que 1 on commet moins d’erreurs dans les écritures de toute sorte en été qji’en hiver. Pour lire de mauvaises écritures , des signatures presque illisibles , pour reconnaître celles qui seraient fausseï , il

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