‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 246 sur 328 · LIVRE V. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAPITRE

faut de la lumière. Si une portion du local est mal éclairée, il vaut mieux l'affecter au public qu’aux employés de la banque. Ceux-ci ont toujours besoin de lumière, ne fût-ce que pour se préserver de la tristesse et de l'humeur, noire sous l'empire de laquelle on travaille peu et mal.

» On a écrit des volumes sur l’impureté de l’atmosphère des villes et sur la salubrité de l’air des champs. Si l’atmosphère des villes est impure, que sera l’air d’un bureau dans lequel plusieurs personnes sont entassées, où brûlent les becs de gaz, et où l’entrée et la sortie d’un grand nombre de personnes soulève incessamment la poussière?... Le banquierqui néglige de faire aérer convenablement ses bureaux se verra souvent privé du travail de ses commis retenus chez eux par la maladie. »

Choix des commis. — Dans le choix des employés, il faut considérer d'abord l'âge de celui qui se présente. A Londres, on prend ordinairement des jeunes gens de dix-neuf ans : ils sont employés d'abord aux recouvrements, et par conséquent , il faut qu’ils soient assez forts pour se défendre en cas d’attaque..... En Écosse, on prend des commis plus jeunes, mais leur emploi est différent.

» 11 faut considérer ensuite à quelle classe de la société appartient le candidat. En général, ceux qui se présentent sortent des familles du commerce moyen, ou de familles de pasteurs, d’officiers, de fonctionnaires. Pendant la dernière guerre, les commis de banque sortaient presque tous du commerce, parce que les gentlemen obtenaient facilement des fonctions publiques; main tenant que ces fonctions sont d’un accès plus difficile, ils entrent volontiers chez le banquier: Chaque classe a ses avantages : les fils de famille ont en général une meilleure éducation littéraire et des manières plus polies, mais ils n’ont aucune idée des affaires et des habitudes d'affaires. Accoutumés à aller à la chasse et à la pèche avec les héritiers des familles riches, ils considèrent le travail de banque comme une corvée à laquelle ils se soumettent par nécessité, mais bien peu digne de la destinée à laquelle ils se croient appelés. Les fils de marchands, au contraire, habitués aux affaires, par les entretiens du foyer paternel, et sachant qu’ils doivent gagner leur vie , considèrent leur admission dans

une banque comme un événement heureux et remplissent leurs fonctions de tout cœur.

» Il convient encore de rechercher d’où vient le candidat qui se présente et s’il a déjà été employé. Ceux qui sortent de l’école ne sont encore propres à rien et doivent être pris trois ou six mois à l'essai . Ceux qui ont passé deux ou trois ans chez un marchand sont les meilleurs. Ce n'est pas une recommandation d'avoir été clerc d’avoué ou commis de courtier. Ceux qui viennent des banques de la campagne et spécialement des banques d’Écosse sont considérés comme lents pour le travail de Londres»

» Il faut s’informer de la famille du candidat. Bien que ni l’honneur ni la probité ne se transmettent avec le sang, il est probable que des parents vertueux et religieux ont donné à leurs enfants une éducation vertueuse et religieuse, et on doit penser que le jeune homme habitué aux exemples de probité dans sa famille les reproduira dans sa vie. Une grande force morale est nécessaire pour remplir des emplois de confiance qui comportent une grande responsabilité, et cette force suppose des facul'és intellectuelles d’un ordre élevé. »

Distribution du travail. — « la distribution du travail entre les commis est un objet important, mais l’expérience est le meilleur guide que l’on puisse consulter pour les arrangements de ce genre. On peut cependant formuler à ce sujet quelques principes généraux. Dans la distribution du travail, il convient de placer les employés de la comptabilité de manière à ce qu'ils contrôlent le travail des autres divisions. 11 importe surtout de séparer la comptabilité proprement dite de la caisse, car si le même employé tenait la caisse et faisait la comptabilité, il lui serait facile, en cas d'erreur volontaire , de faire accorder les livres avec l'état de caisse. Dans les grandes maisons, lorsqu'un livre sert de contrôle à un autre livre, il ne faut pas, autant que possible, les faire tenir par le même employé. 11 n est pas nécessaire d’être défiant envers les personnes, mais la défiance dans l’arrangement des fonctions est de la sagesse. Il convient donc que toute fraude qui serait commise par un employé puisse être constatée et révélée par le livre que tient un autre employé. Pour le même motif, il est bon que tout engagement, billet ou quittance, îr 8UIT10N . 25

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