‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 36 sur 328 · VARIATIONS BU PRIX DES CAPITAUX · texte numérisé non relu

VARIATIONS BU PRIX DES CAPITAUX

mépris pour le travail, l'Empire romain est tombé d'inanition en quelque sorte. Il avait consommé d’abord les capitaux faciles à réaliser, ensuite les outils, puis les bestiaux, puis les maisons, et enfin les fonds de tene, réduisant incessamment ses instruments de travail et le nombre de ses travailleurs, mangeant, on peut le dire, les villes et les provinces, fonds et habitants.

Il n’est pas nécessaire d’aller prendre dans l'histoire d’illustres exemples, de parler de peuples et de nations. Ce qui est vrai d’une grande agglomération d'hommes est vrai aussi d’une moyenne et d’une petite, d’une profession, d’une classe, d’une contrée, d’un canton. Les mêmes lois économiques régissent les empires et les villages, et il ne manque pas, hélas! de localités en France où l’on a pu observer les symptômes si remarquables de l’appauvrissement.

Lorsque nous avons parlé du marché idéal du crédit où les capitaux viennent s’offrir, quand ils n’ont pas d’emploi, comme des ouvriers en grève, et duquel ils se retirent après en avoir trouvé ; lorsque nous avons parlé des marchés spéciaux à chaque marchandise, des crises commerciales, etc., nous avons indiqué des phénomènes que l’on peut observer dans les plus petites localités comme dans les plus grandes, et qui, pour y être parfois moins sensibles, n’y sont pas moins réels. Bien que les circonscriptions commerciales qui constituent un marché n’aient pas de limites matérielles, comme les circonscriptions administratives ou politiques; bien qu’un marché, si petit qu’il soit, ait toujours ses quartiers et se trouve toujours englobé dans un marché plus grand, il n’en a pas moins ses mouvements particuliers régis par des lois que l’économie politique a constatées.

S’il est une de ces lois qui mérite la qualification de générale, c’est celle qui proportionne directement le prix des fonds de terre, rentes, actions, fonds de commerce à la somme de capitaux mobiliers qui se trouvent sur le marché. Les marchandises destinées à être consommées en nature ne subissent pas les mêmes variations ; 1° parce qu’on n’est pas libre de consommer ou de ne pas consommer des comestibles, vêtements, etc., tandis qu’on est libre de placer ou de ne pas placer des capitaux, soit à intérêt, soit en fonds de terre, etc., et que l’on court à l’essentiel avant de songer à l’épargne ; 2° parce qu’il est facile de réduire la quantité

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