‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 37 sur 328 · LIVRE 1. CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE 1. CHAPITRE XIII

des approvisionnements en marchandises qui se consomment en nature et à mesure des besoins, tandis que les fonds de terre, canaux, chemins de fer, etc., ne sont fins réductibles en quantité, mais seulement en valeur.

11 résulte de cette loi qu'une diminution minime de la somme des capitaux mobiliers ou l'apparence de diminution que produit une panique ont pour effet immédiat une diminution proportionnelle sur le prix de tous les capitaux appropriés à la reproduction. Une augmentation de la somme des capitaux mobiliers ou seulement de la confiance, a des effets opposés, de telle sorte que la valeur vénale de tout le capital actif d'une nation est affecté par les variations que subit la somme de ses capitaux mobiliers, ou même la confiance qui porte et maintient ces capitaux sur le marché.

C’est à la suite d'une variation de ce genre qu’un publiciste affirmait, en 1818, que la France, en deux mois, s’était appauvrie de plus de vingt milliards. En réalité, la consommation n’avait pas augmenté et la somme de6 richesses effectives, la somme des utilités que possédait le pays n’avait pas considérablement changé; mais l’opinion était sous l’empire d’une panique, les capitaux mobiliers s 'étaient retirés du marché, et ceux qui voulaient réaliser des immeubles, des rentes, etc., ou qui y étaient forcés pour remplir leurs engagements, éprouvaient une perte aussi grande que si la société avait tout à coup été appauvrie de vingt milliards. Plus tard, on a dit que la France s’était enrichie subitement, parce que, la panique ayant disparu et fait place à une confiance robuste, le prix de toutes les marchandises qui avaient subi une dépréciation a suivi un mouvement ascendant. Tout ce déplacement de valeurs vénales était l’effet d’un changement d’opinion.

On remarquera sans doute que, lorsqu’une société s'enrichit, c’est surtout au profit du travail, de tous les capitaux actifs, en état d’emploi, et des entrepreneurs d’industrie. Les mouvements rétrogrades de la richesse, au contraire, ruinent les entrepreneurs, abaissent le prix du travail et de tous les capitaux actifs, en état d’emploi, au profit des capitaux oisifs non engagés. Ceux-ci gagnent une partie de ce que perd la société tout entière et s’enrichissent de la ruine d’autrui.

VARIATIONS Ri: PRIX DES MONNAIES.

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