‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 56 sur 328 · LIVRE II. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE

guère, parce que chacun restait maître de son crédit en banque et était libre de le retirer, s’il en avait besoin.

Les crédits en banque étaient bien connus de l’antiquité. Un plaidoyer d’isoerate contre Pasion ajustement pour objet un crédit de ce genre. Les plaidoyers de Démo.stliène dans les procès auxquels donna lieu la succession de ce même banquier l’as ion, nous montrent de même l’existence d'une banque importante sans capital propre. Pasion, en mourant, laisse un testament par lequel il lègue sa femme à son commis principal, Phormion, institué par le même acte tuteur de son second fils et reconnu fermier de la banque pour huit ans au prix annuel de 100 mines. Le fils aîné, Apollodore, accepte d’abord un partage fondé sur ce testament, puis il réclame, attaque le testament et on se rend en justice. « Voici, dit Déraostliène, plaidant pour le fermier, *voici le contrat par lequel Pasion a loué à mon client, alors employé près de lui, sa banque et sa fabrique de boucliers : vous y verrez que Pasion devait onze talents à la banque. Il n’avait point emprunté cette somme par besoin, mais pour la faire travailler : son avoir en terres s’élevait à vingt talents environ, et il avait, en créances sur divers, cinquante talents. De cette somme, onze talents avaient été pris sur les dépôts et prêtés à intérêt. Lorsque mon client prit la suite d’affaires de la banque et la responsabilité des dépôts, il considéra que, n’étant pas encore citoyen, il ne pourrait exiger en justice les sommes prêtées par Pasion sur des terres et des maisons, et il aima mieux l’avoir pour débiteur que d’avoir affaire aux débiteurs mêmes. C’est ainsi que Pasion est débité de onze talents par le contrat de location, comme les témoignages l’établissent1. »

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« La banque, ilit-il dans le même discours, n'avait point de capital propre, et cependant Phormion, qui payait un loyer, a fait honneur à ses affaires, dans un temps où tous les autres banquiers, qui n’en payaient pas, sont tombés1. »

Les prêts étaient faits sur le capital propre : les dépôts devaient être employés an change des monnaies et aux virements.

On peut remarquer que le virement, qui consiste en un échange de créances et de dettes, est la forme primordiale et rudimentaire de la lettre de change.

Heprenons l’exemple cité plus haut. Irénée doit payer mille drachmes dans le l’ont où il va faire le commerce. Cléon, créancier de pareille somme en ce pays, délègue sa créance à Irénée au lieu de lui déléguer celle qu’il a sur Socles. Il écrit à Sosigèiie, son débiteur du l’ont, de payer les mille drachmes à Irénée, et l’ordre est rempli. La créance d’Irénée sur Cléon et celle de Cléon sur Sosigène sont éteintes, sans qu’il ait été fait aucun transport de fonds d’un pays à l’autre et par un seul paiement effectif, celui qui a eu lieu dans le Pont.

Les anciens ont connu la lettre de change telle qu’elle est décrite plus haut. Elle diffère du virement en ce que les deux commerçants, Irénée et Cléon, au lieu d’éteindre la créance de mille drachmes par une délégation sur un débiteur commun et voisin, l’ont éteinte par la délégation sur un débiteur éloigné et avec lequel l’un d’eux seulement était en relation d’affaires. Aujourd’hui, les virements sont devenus plus rares, et on a

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(t) « Apollodnre n’a point fourni (à ceux qui ont loue après Pliormio ) de capital propre : ils ont loué seulement les dépôts cl la faculté de les faire valoir. Les témoignages vous prouvent que les Dis de Pasion ont loué la banque sans fournir un capital propre. »

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JX7.V !‘JO£U.!XV.

Je reproduis :ci le texte même de ces pnssngps, parce que la vnmposi ion et l’emploi des mots prouvent que les Athéniens avaient sur le commerce en général. cl spécialement snr celui de banque, des idées plus avancées qu'on no le croit généralement.

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