‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 57 sur 328 · LIVRE U. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE U. CHAPITRE IV

quelque peine à comprendre l’importance des banques dont c’était l’opération principale. En effet, les gouvernements ont appris le prix de l’uniformité dans le titre et le poids de leurs monnaies, et celles-ci ont acquis à peu près les qualités qui faisaient rechercher autrefois les monnaies de banque. En outre, tous les gros paiements se font en billets-monnaie : les compensations de compte s’effectuent au moyeu de dispositions directes faites sur la banque ou le banquier, par celui qui a des fonds déposés. Celui au profit duquel la disposition est conçue s’en sert facilement ensuite pour l’usage qu'il juge convenable.

La Banque de France effectue pourtant des virements proprement dits, et ils s’élèvent à des sommes considérables. En 1851, le mouvement général des caisses de cet établissement se décomposait ainsi qu’il suit : espèces, fr. 960,175,700; billets, fr. 4,793,085,300; virements, fr. 8,163,407,200. On voit que plus de moitié des entrées et des sorties de caisse se font par écritures, à la Banque, sans déplacement de monnaie, et que les versements ou paiements en espèces métalliques n’entrent que pour moins d'un treizième dans le mouvement total.

Dans la Grande-Bretagne, on a introduit entre banquiers l’usage des compensations de compte, sans dépôt préalable. À Londres, les principaux banquiers compensent ensemble, chaque jour, par des écritures, les dispositions dont ils sont porteurs les uns sur les autres : à Edimbourg, les banques d’Ecosse échangent entre elles deux fois par semaine leurs billets respectifs, et à Dublin, les banques d’Irlande opèrent chaque jour un échange du même genre. Dans ces deux sortes de compensations, il n’y a point de dépôts improductifs et l’on ne paie que les soldes.

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