LIVRE lY, GHÂt>lTR£ III
lions sterling, en 4831, pour la guerre de Pologne. Bien plus, Tenquéte de 4833 mentionne des demandes extraordinaires de remboursement adressée^ à la Banque, au moment même où le commerce importait de Tor.
Les changes sont d'ailleurs agités sur la place de Londres, non-seulement par les causes ordinaires, mais aussi par des causes spéciales inconnues aux autres marchés. Parmi ces causes il suffit d'indiquer les placements à l'étranger, placements fréquents et qui ont absorbé quelquefois des sommes considérables.
La conséquence naturelle et commerciale de cet état de choses, c'est que la Banque d'Angleterre est peut-être, de toutes les Banques de circulation, celle qui doit garder en caisse la plus forte réserve métallique. Si elle veut aller plus loin et régler, comme on dit, la circulation, elle poursuit une chimère.
En effet la circulation se règle d*elle-même. Quelque puissante que soit une banque, elle n'a jamais d'action que sur ses propres escomptes ; c'est par là, si toutefois elle peut les limiter â discrétion, qu'elle règle son encaisse en augmentant ou en diminuant ses émissions. Pour tégler la circulation, il faudrait avoir au moins le monopole de l'escompte en môme temps que celui des émissions ; il faudrait pouvoir arrêter le commerce par des refus de crédit, lorsqu'il tend à la spéculation* Mais justement alors le commerce n'a pas besoin de là, Banque d'Angleterre, il obtient du crédit à meilleur marché chez les banquiers proprement dits et chez les escompteurs. On vient à la Banque lorsque les sources ordinaires du crédit commencent à s'épuiser : faut-il qu'elle choisisse ce moment pour refuser l'escompte? Lorsque le mouvement de retraité est conmiencé, doit-elle charger à fond et précipiter la déroute^ comme en 1825? Malgré tout le respect dû aux noms des chefs de l'école métallique, aucun homme d'affaires n'admet* tra une pareille conclusion;
Le bill de 1844 est fondé sur plusieurs erreui^s de fait * il suppose que les banques peuvent augmenter leur circulation à volonté, ce qui n'est pas exact ; que le commerce a besoin d'une quantité de monnaie toujours égale, ce qui n^est pas
exact; enfin qu'une circulation métallique est plus sûre et moins variable qu'une circulation du papier convertible en espèces, ce qui n'est pas exact non plus. Ainsi ce bill est allé à rencontre des lois naturelles qui régissent le mouvement réel du commerce, et, dès qu'il a subi le contrôle de l'expérience, on a pu reconnaître combien le régime qui en résultait était insuffisant et dangereux. L'enquête faite en 4848 et celle de 1862 ne laissent aucun doute sur ce point. Voici en quels termes s'exprimait le rapport de la première de la commission d'enquête de 1848 :
« Ceux qui ont cru que l'acte de 1844 empêcherait le retour périodique et successif de surexcitations, puis de crises commerciales, ont dû éprouver en voyant ce qui s'est passé en 1846 et 1847 un rude désappointement. Ceux qui croyaient que cet acte préviendrait les spéculations imprudentes, n'ont pas dû éprouver un désappointement moindre, puisque, au témoignage du gouverneur de la Banque, jamais la spéculation ne fût aussi excessive qu'en 1846 et au commencement de 1847. Ceux qui croyaient que l'acte garantirait le marché des fluctuations violentes de la valeur de l'argent, ont dû se détromper en voyant la différence entre le maximum et le minimum du taux de l'escompte qui, dans les années calamiteuses de 1837 et 1839, avait été de 2 1/4 à 2 3/4 p. 7o, s'élever on 1847 à 6 3/4 p. Vo- Ceux qui pensaient que désormais on ne verrait plus de faillites aussi nombreuses et aussi importantes ont dû trouver une réponse concluante, quand le gouverneur de la Banque à raconté comment, à Londres seulement, trente-trois grandes maisons avaient manqué pour une somme de 8,129,000 1. Si l'énormité des spéculations sur chemins de fer est un mal auquel un bon système de banques doit porter remède, le système n'est pas celui de l'acte de 1844, sous l'empire duquel, en deux ans et demi, la somme énorme de 76,390,000 l. a été dépensée en chemins de fer. Enfin si l'on a cru que l'acte de 1844 assurerait au commerce du crédit à des conditions modérées, on a dû changer d'opinion en présence des témoignages de l'enquête desquels il résulte qu'en 1847, le commerce a payé souvent, outre l'intérêt de 9 à 10 p. Voi "we commission qui portait le prix