‹ Traité théorique et pratique des opérations de banqueChapitre 164 sur 268 · LIVEE IV, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVEE IV, CHAPITRE III

du crédit ii 10, à 20 à 30 p. Vo selon le temps que l'effet escompté avait à courir. »

Nous n'aurions pas autant insisté sur les défauts de Tacte do 1844, s'il n'était fondé sur des erreurs répandues en France et qui ont contribué en 1848 à faire décréter le monopole des banques de circulation. Désormais, les intérêts que ces erreurs protègent sont devenus tellement puissants, qu'on ne doit pas espérer une modification prochaine de l'opinion ; l'expérience seule peut renverser l'autorité de l'école métallique; mais le devoir de l'écrivain, même isolé, est de protester au nom des principes et d'interrompre en quelque sorte la prescription que l'on voudrait faire prévaloir contre la vérité.

Revenons à l'exposé des faits :

A la fin de 1847, la Banque d'Angleterre avait treize succursales qui faisaient de médiocres affaires dans les villes où elles étaient établies. Leur circulation moyenne à vue et au porteur s'élevait à 6,827,740 I., et leurs billets à sept et à vingt-un jours de vue à 242,734 i.; leurs dépôts ne dépassaient pas 1,200,000 l. Le bilan général de cette Banque, mis sous la forme des bilans ordinaires, présentait, au 28 juillet 1863, les chiffres suivants :

Doit.

CapiUl et résenre. . ' . 18,002,113 l.

C/ c/ de l'Eut . . . 6,126,668

— des particaliera. . 13,005,322 Billets à vue 21,321,300

— à sept jours. . . 681,876

Total.

Âvout.

Dette de TÉlat. . . . 14,475,000 î.

EffeU publics 7,628.526

Portefeuille 21,952,601

Espèces 15,081,152

Totol.

§ 2. — Banques provinciales.

A côté de la Banque d'Angleterre, il existe, comme nous l'avons déjà dit, des banques particulières de deux sortes dans les comtés, et d'autres banques à Londres. Dans les comtés on distingue les banques particulières, qui ne peuvent avoir plus de six associés, des banques par actions. Joint stock banks. Les unes et les autres pouvaient émettre, avant 1844, des billets-monnaie à la condition de prendre une

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licence de 30 l. payables annuellement, comme chez nous la patente. De ces banques, dans les deux catégories, les unes émettaient des billets-monnaie, les autres se bornaient aux opérations ordinaires de nos banquiers. Au 7 octobre 1848, on comptait en Angleterre et dans le pays de Galles 184 banques particulières de circulation, formant avec leurs succursales 376 bureaux d'émission et 66 banques par actions \ ayant, avec leurs succursales, 407 bureaux. On en comptait 8 du même genre en Irlande avec 155 bureaux, et en totalisant les nombres pour les Trois-Royaumes on trouvait 277 banques de circulation et 1,354 bureaux d'émission.

Pendant les cinq années qui avaient précédé l'acte de 1844, la circulation des banques provinciales d'Angleterre tendait à se réduire à de justes limites, sous l'empire des mêmes causes qui ont réduit celle des banques d'Ecosse. En 1839, cette circulation s'élevait à 11,715,527 /.; en 1843, elle n'était plus que de 7,667,916 /. Les banques dont le capital était trop faible disparaissaient, et les échanges de billets de banque à banque, devenus plus fréquents, éliminaient de la circulation le papier parasite. L'acte de 4844 devait précipiter le mouvement; aussi au 30 décembre 1848, la circulation des banques parliculières s'élevait à 3,492,340 /., et celle des banques par actions à 2,529,498 /., en tout 6,021,838 /.^ On peut supposer toutefois que lors même que cet acte n'aurait pas existé, la circulation des banques de comté n'aurait guère moins diminué. Ces banques échangent leurs billets-monnaie par correspondance ou par rintermédiaire de leurs agents sur la place de Londres ; les différences se règlent en papier à vue sur Londres.

§ 3. — Banques d'Irlande.

L'Irlande a sa banque privilégiée, établie en 1783, au capital de 600,000 I., à l'instar de la Banque d'Angleterre, et

* Le 25 juillet 1863, il D*y avait plus que 142 banques particulières et 63 banques par actions qui émissent des billets.

^ Au 25 juillet 1863, la circulation autorisée de ces banques s'élevait à 7,567,499 liv., et leur circulation effective à 5,807,263 liv.

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favorisée comme celle-ci par les lois de 1844 et 184K : il existe aussi dans le même pays des banques par actions dont quelques-unes ont leur chef-lieu à Londres et leurs succursales seulement en Irlande.

Le bilan de la Banque d'Irlande présentait au 12 février 1848 les chiffres suivants :

Doit.

Billets de 5 L et plus. . . 1,867,300 — au^essous de 5 i. . 1,232,900 Comptes courants :

— prives.

Avoir.

Eflete publics 3,785,800

Portefeuille 3,142,300

Espèces. 808,500

On reconnaît bien vite à ces chiffres la banque d'État qui fait à peu près autant d'affaires avec le gouvernement qu'avec le public, et qui, malgré son crédit incontesté, conserve un encaisse important.

Le tableau suivant de la circulation moyenne des banques d'Irlande pendant les quatre semaines expirées le 23 juillet 1863 peut donner une idée de leur constitution.

DÉSIGNATIOIt DES BANQUES.

BILLETS de 5 Ut. »X.

et an-dessiu.

BILLETS andeuous de 8 Ht. tterl.

TOTAL MS UIXBTS

ESPÈCES

Banque d'Irlande

— Provinciale «

— de Belfast

— du Nord

— d*Ulster

— Nationale

Totaux.

Comme les banques d'Ecosse, celles d'Irlande servent à l'agriculture et lui fournissent des billets de petites coupures. Établies^ pour la plupart, depuis 1825 seulement, dans un pays dont les habitudes n'avaient rien de commercial, au milieu d'une population pauvre, illettrée, divisée par les passions politiques et religieuses, elles ont rendu des services considérables ; mais comme elles n'ont pas encore pénétré jusqu'aux dernières couches de la société, elles sont obligées de

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conserver des encaisses que d'ailleurs les lois de 1844 e\ 1845 ne leur permettront guère de réduire. — Les banques d'Irlande acceptent réciproquement leurs billets en payement et les échangent chaque jour à Dublin, de la même manière que les banques d'Ecosse à Ëdinbourg.

§ 4. — Banques de Londres.

Enfin les opérations de banque se font à Londres par des maisons particulières et par des sociétés d'actionnaires. Ni les unes ni les autres n'émettent de billets-monnaie, mais l'activité commerciale de Londres, la concentration sur cette place des capitaux roulants et des payements de tous les points du Royaume-Uni, assurent aux banquiers qui y sont établis un grand nombre de comptes courants de première classe et d'énormes opérations de caisse.

Les banquiers de la Cité se livrent exclusivement aux opé* rations commerciales; ce sont en quelque sorte les caissiers des négociants de Londres. En effet, eux seuls reçoivent et payent les sommes un peu importantes. Lorsque le négociant achète, il paye presque toujours avec un mandat sur son banquier : lorsqu'il vend, il est payé de la même manière. Chacun estime avec raison qu'une caisse est incommode à garder, que les recouvrements, même sur place, seraient pénibles et nécessiteraient l'emploi d'un personnel ; qu'il est désagréable de compter de l'or ou des billets de banque, d'être exposé à se tromper et à être trompé, etc. En conséquence, ils ont chez le banquier un compte courant qui n'est en quelque sorte qu'un compte de caisse : le banquier ne se met jamais à découvert et ne paye point d'intérêt, même médiocre, sur la balance de ses comptes.

Les banquiers du West en opèrent sur la noblesse ; ils reçoivent des dépôts à long terme et prêtent sur hypothèque. Souvent leur caisse est tenue, comme celle des négociants, par les banquiers de la Cité.

Avec de telles habitudes, sur une place comme Londres, les opérations de caisse ont une importance exceptionnelle. Aussi a-t-on trouvé moyen de les simplifier beaucoup et d'écouomi-

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