LIVRE IV, CHAPITRE X
comprendre le caractère du papier-itoonnaie. Sa création produit les mêmes effets sur les contrats qu'un abaissement du titre des monnaies de métal. Toutefois, il y a cette différence que la dépréciation de ces monnaies a une limite dans la valeur môme du métal fourni comme monnaie, tandis que la dépréciation du papier n'en a point et ne se trouve toujours, à la fin, réglée que par les émissions ^
On peut assimiler au papier-monnaie les monnaies d'appoint, comme celle de cuivre, qui tirent de leur usage, et non de la matière avec laquelle elles sont faites, leur principale valeur. Mais ces monnaies, qui existent dans presque tous les pays, occupent dans les affaires une si petite place qu'elles ne fournissent guère la matière d'opérations de change ou de banque, et il n'y a pas lieu d'en parler ici. Cependant la monnaie de cuivre a donné moyen d'émettre du papier dont l'apparence est fiduciaire et qui, en réalité, a un cours forcé. Ainsi, lorsque le gouvernement, comme on l'a vu dans plusieurs États du nord de l'Europe, fonde une banque de circulation dont le papier est remboursable en monnaie de cuivre, il crée un papier-monnaie susceptible de se déprécier jusqu'à concurrence de la valeur intrinsèque du cuivre. Quelquefois môme on a vu franchir cette limite, comme quand le gouverment russe ^défendit, sous des peines très-sévères, l'exportation et la fusion du cuivre, afin de pouvoir tenir plus de papier de banque en circulation.