LIVRE Y, CHAPITRE I
semaine, le mouvement de ses affaires ; ¥ le livre des soldes quotidiens où se trouve un re\evé, jour par jour, de tous les comptes courants ; S"" le livre des soldes hebdomadaires sur les escomptes, prêts, etc., obtenus par chaque habitué durant la semaine précédente ; 4'' le livre d'inspeclion où se trouve consigné le montant des valeurs souscrites par des personnes qui ne sont pas en compte avec lui ; y le livre d'informations où se trouvent des renseignements sur le caractère et la solvabilité des personnes avec lesquelles il est en relations d*affaires ; 6" enfin le mémorial où sont inscrits les ar* rangements particuliers faits avec chacun de ses habitués. Tout banquier ferait bien aussi d'avoir une liste de ses habitués, classés par profession, comme marchands de grains, de cuirs, etc. Il verrait d'un coup d'oeil dans quelle classe sont ses relations, et quels événements peuvent apporter du gain ou de la perte dans tel ou tel commerce. Il trouverait aussi dans cette élude le moyen de juger si les effets que ses habitués lui présentent à l'escompte ont bien pour origine une opération de leur commerce ordinaire.
» Il importe beaucoup de tenir un livre de renseignements. Sans doute, un banquier dont la mémoire est forte et Tcxpérience grande, pourrait s'en passer. Mais la mémoire la meilleure peut tomber en défaut, et cela dans les occasions les plus importantes. D'ailleurs il arrive un jour ou l'autre que le banquier est absent, ne fût-ce qu'un moment, et il emporte sa mémoire avec lui.*.
î> Un banquier peut obtenir des renseignements sur un commerçant, soit pour lui-même, soit pour un client, auprès du banquier de ce commerçant. Mais ces renseignements sont défectueux : le banquier auquel on les demande ne juge ordinairement de la solvabilité de ses habitués que d'après l'état de leur compte courant chez lui ; et si le compte se balance par un solde créditeur, les renseignements fournis par lui sont toujours favorables. En outre, le banquier peut avoir intérêt à maintenir ou à étendre le crédit de son client, et à en dire, par suite, plus de bien qu'il n'en pense; Au contraire, les maisons qui exercent le même commerce se connaissent bien entre elles : le marchand en gros sait bien quelle est là
solvabilité des marchands au détail qui font des affaires avec lui, et chaque banquier en a quelqu'un de chaque branche de commerce dans sa clientèle, auprès duquel il lui est facile de se renseigner. Il peut trouver aussi d'utiles indications sur les effets mêmes qui passent dans son portefeuille, s'il a le temps de les examiner.
» Il importe infiniment au banquier de se tenir au courant de la fortune et des affaires de ses habitués. L'habitué, lorsqu'il se met en compte, fournit lui-même quelques renseignements. Bientôt les livres en fournissent d'autres : le total du compte courant indique l'importance des affaires ; l'état des balances atteste si le négociant a ou n'a pas beaucoup de fonds disponibles; les effets disent s'il a fait beaucoup d'affaires avec les mêmes maisons et si ces maisons sont bonnes. D'un autre côté, les acceptations du client indiquent l'espèce de gens auxquels il a affaire ou qui ont l'habitude de lui accorder du crédit. Mais le meilleur moyen de se renseigner est de voir l'homme. Ce moyen, comme tous les aulres, peut tromper ; mais, en général, le port et les manières d'un homme témoignent de son caractère. Il y a des gens qui présentent toujours par l'intermédiaire de leurs employés les bordereaux à l'escompte, etc. C'est fort bien tant qu'ils n'ont pas besoin d'un crédit extraordinaire ; mais s'ils ont besoin d'un crédit qui dépasse les habitudes, le banquier doit faire venir le chef de la maison, et s'il a des doutes sur le caractère de son client, qu'il se rapporte à l'impression que produira la première entrevue : neuf fois sur dix, cette impression ne le trompera pas. Il n'est pas besoin d'étudier la phrénologie ou la physiognomonie pour apprécier exactement le caractère d'un homme avec lequel on cause d'affaires.
» Un banquier de province peut bien plus facilement être renseigné sur le caractère et la solvabilité de ses habitués que le banquier de la capitale. En province, tout le monde connaît les affaires de chacun, ses relations de famille, sa fortune, ses espérances et surtout ses habitudes.
» Un banquier doit se diriger dans ses affaires par des principes généraux : il doit savoir d'avance s'il veut ou ne veut pas faire des prêts sur hypothèques, sur contrats, sur con-