‹ Traité théorique et pratique des opérations de banqueChapitre 205 sur 268 · LIVRE V, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE

ployé. Il n'est pas nécessaire d'être défiant envers les per* sonnes, mais la défiance dans Tarrangement des fonctions est de la sagesse. Il convient donc que toute fraude qui serait commise par un employé puisse être constatée et révélée par le livre que tient un autre employé. Pour le même motif, il est bon que tout engagement, billet ou quittance, délivré au public, porte deux signatures, celle d'un caissier et celle d'un comptable .

» Il faut que le travail soit exactement divisé, de manière à ce que toute fonction soit dévolue aune personne déterminée, et que jamais un commis, blâmé pour avoir négligé de faire sa besogne, ne puisse dire : a Ce n'est pas mon affaire. » C'est pourquoi il ne faut jamais remettre un travail collectif à plusieurs commis, parce qu'alors chacun en ferait aussi peu que possible, et rien ne serait bien fait. S'il s'élève entre les commis une contestation sur leurs attributions respectives, il faut qu'il y ait près d'eux quelqu'un qui puisse trancher la difficulté sur-le-champ.

» Il existe trois grandes divisions dans les banques de Londres : la caisse, la comptabilité générale et les recouvrements. Le caissier n'est pas seulement un compteur d'argent ; il lui faut une grande mémoire pour se souvenir à peu près de l'état du compte de chaque habitué, de manière à pouvoir acquitter des mandats sans recourir trop souvent à celui qui tient les comptes courants. Il lui faut du coup d'oeil pour pouvoir reconnaître les fausses signatures, un grand sang-froid au milieu de la foule qui se presse au guichet et même en face des reproches les moins mérités, de la politesse et de la prévenance pour le public en tout temps et en tout cas, parce que ce sont ses rapports avec le public qui contribuent à faire la bonne ou la mauvaise réputation de la banque.

f> Les employés à la comptabilité doivent avoir une bonne écriture, écrire exactement les chiffres, travailler assidûment et ne pas craindre, dans les temps où les affaires pressent, de passer la soirée sur les livres. Mais il y a une grande différence entre les qualités nécessaires au simple commis et celles que doit posséder le chef de comptabilité.

» Celui-ci n'est pas un simple teneur de livres : autre chose

est de tenir des livres, à Tavance réglés et préparés, autre chose est de former une combinaison d'écritures, d'établir une comptabilité appropriée aux opérations d'une maison. Encore lorsqu'une comptabilité est établie, un bon chef aura-t-il souvent l'occasion, en banque, de trouver une meilleure façon de passer certains articles, de faire des extraits qui ne ressortent pas immédiatement des livres, de débrouiller les comptes longs et compliqués, de les éclaircir et de les abréger. Une bonne tenue de livres et un chef à tête lucide auraient empêché plus d'une banque de suspendre ses payements.

» D'après ces données, il faut placer chacun dans la division pour laquelle il a le plus d'aptitude. »

Appointements. — a Dans toute banque, le salaire des plus jeunes est inférieur à celui des anciens. En Ecosse, un commis de banque fait un apprentissage de trois années pendant lesquelles il reçoit peu de chose. Il n'en est pas de même à Londres, où un jeune commis reçoit au début 60 /. par an, et sa part dans les cadeaux de Noël, ou 80 /., dans les banques par actions qui ont supprimé l'usage des étrennes données à leurs commis par le public. Mais partout les règles d'avancement sont variables, et il ne peut en être autrement. Quelques banquiers augmentent les appointements de chaque commis tous les ans, lors même qu'il n'aurait pas obtenu d'avancement, et, en ce cas, les appointements sont réglés exclusivement sur le nombre d'années de service ; d'autres ont une hiérarchie dans laquelle chaque grade correspond à un chiffre d'appointements, et alors le salaire dépend de l'avancement : d'autres combinent les deux systèmes et donnent un minimum de salaire au grade et un supplément annuel à l'ancienneté. Chaque système a ses avantages, mais il est une règle que nous voudrions faire prévaloir, ce serait de proportionner toujours l'augmentation des salaires aux profits de la maison. Si la banque prospère, les appointements des employés doivent être augmentés, et si eUe éprouve des pertes, ils doivent partager son infortune. C'est le moyen de prévenir les effets du caprice de la part de la direction de la banque, et l'envie de la part des employés. Le taux des appointements doit toujours être fixé par une règle, jamais par la faveur.

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