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LIVRE V, CHAPITRE III

maison, avant d'ouvrir un compte, le banquier s'informe du caractère, de la fortune, de la situation d'affaires, des habitudes commerciales de la personne avec laquelle il va se mettre en relations. Les renseignements obtenus, résumés brièvement, quelquefois par un mot : «bon, médiocre, douteux, bon jusqu'à concurrence de, etc., » sont consignés sur un livre avec le nom de celui qui les a fournis. Dans quelques grandes maisons où les commis sont admis par nécessité à consulter le livre des renseignements, on inscrit sur une carte le nom de chaque client et le résumé des renseignements obtenus sur lui, avec un numéro de renvoi qui correspond au numéro sous lequel est inscrit le nom de celui qui a fourni le renseignement, sur un livre que le chef de la maison garde pour lui seul et ne communique à personne.

A la Banque de France, toute admission à l'escompte est précédée d'une présentation par deux parrains et d'un entretien personnel préliminaire avec l'un des principaux administrateurs. C'est sur cette triple donnée que sont établis les premiers renseignements.

4' Livre de Signatures. — La signature de tout ayantcompte est le plus souvent inscrite sur un livre à ce destiné, afin de servir de point de comparaison dans les cas douteux. C'est un moyen de vérification peu coûteux, que l'on néglige souvent, à tort, parce qu'il peut faire éviter les pertes et les procès qui peuvent naître de l'admission d'une pièce fausse.

§ 2. — Comptabilité proprement dite.

n existe des maisons de banque dont la comptabilité est tenue par une ou deux personnes, il en est qui comptent plusieurs centaines d'employés. Les principes de la comptabilité des unes et des autres sont les mêmes, et ils ne diffèrent entre eux et de ceux du commerce ordinaire que par quelques détails. Lorsqu'on se rend bien compte de la tenue des livres d'une petite banque, il est facile de compiendre comment on parvient à recueillir, jour par jour, tout le détail des affaires d'une grande maison et à le centraliser aussitôt.

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Si l'on réduit la comptabilité de banque à son expression la plus simple, aux proportions d'une maison tenue par un ou deux comptables, on peut la résumer dans les livres principaux suivants :

1* Un journal où sont réunies les opérations par ordre chronologique;

V Un livre des Comptes cçurants où elles sont résumées quant aux personnes, sous le nom de chacune, et classées sur le répertoire par ordre alphabétique ;

3"" Un Grand-Livre où elles sont résumées et classées par ordre de matières, sous le chef des divers Comptes généraux;

4* Un livre d'Inventaires timbré , coté et paraphé, aux termes du Code de commerce, et pouvant être produit en justice pour attester la sincérité des autres livres et de Tensemble de toute la comptabilité.

n est bien entendu que, pour fournir im contrôle perpétuel des écritures, qui est indispensable en banque, ces livres doivent être tenus en partie double.

Quelles que soient les opérations du banquier, elles se divisent par ordre de matières sous les chefs suivants : Caisse, Effets à recevoir, Effets à payer et Profits et Pertes, en la forme ordinaire, et en Comptes courants créditeurs ou débiteurs. Si donc on imagine une main-courante de caisse, une maincourante d'effets à recevoir, une main-courante d'effets à payer, de profits et pertes et de comptes courants, relevées sommairement au journal, analysées en grande partie au livre des comptes courants et résumées par un seul article pour chacune et jour par jour, au grand-livre, on a l'ensemble d'une comptabilité de banque régulière et bien tenue.

Mais il a fallu, pour faciliter les recherches et fournir à chaque instant au banquier des renseignements exacts^ créer un certain nombre de livres auxiliaires : ils rentrent tous dans l'une des grandes divisions des affaires de banque, caisse, portefeuille, engagements actifs ou passifs, ainsi qu'il suit :

Caisse. — Main-courante de caisse. Ce livre se tient par ordre de temps. On inscrit en tête et au milieu de chaque page, à droite et à gauche, le quantième du mois ; sur la page

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de gauche où est placé le débit ou Doit, on inscrit, à mesure qu'elles sont versées, toutes les sommes, à quel titre que ce soit, qui entrent en espèces à la banque ; sur la page de droite où est placé le crédit ou Avoir ^ on inscrit de même toutes les scmunes qui sortent en espèces de la banque. Ce livre est réglé sur les deux pages par une colonne verticale de francs et cen* times ou colonne de caisse, à Textrémité droite de la ligne. En France, on ne distingue guère entre eux les articles de caisse; ainsi on inscrit ensemble et péle*méle les écus, les billets de banque, les mandats à vue et sur place. A Londres, on distingue ces divers articles et Ton règle cette main-cou-p rante par trois colonnes de caisse à gauche, un espace libre et une colonne de caisse à Textrémité droite de la ligne. Soit une somme versée en espèces, billet et mandat à vue : on ins^ crit les espèces dans la première colonne, les billets de banque dans la seconde, le mandat sur la troisième et le total à la colonne qui est à l'extrémité droite de la ligne. Si cette méthode était adoptée à Paris, on aurait une réglure ainsi qu'il suit et on y passerait de la manière suivante un versement de 4,275 fr. 50 c, soit 4,000 fr. en un mandat à vue sur place, 300 tr. billet de banque et 75 fr. 50 c. espèces :

(N'o du billet. ) (Indication de qui doit le mandat.) 5500 la Banque de France.

A la sortie, comme on ne paye qu'en espèces et billets, la réglure ne fournit à gauche de la page que deux colonnes.

Cette manière de passer les articles de caisse présente cet avantage que lorsque le comptable est arrivé au bas de la page et qu'il additionne les colonnes, le total des sommes inscrites aux deux ou trois colonnes de gauche sert de preuve à l'addi* tion de la colonne de droite. Elle sert aussi à vérifier la caisse, le soir, parce que la balance des deux colonnes de gauche, du crédit et du débit, donne un état détaillé des valeurs en caisse, soit espèces, soit billets de Banque. Mais à Paris, où les billets de banque semblent moins sujets aux falsifications qu'à Londres, on n'a pas senti le besoin d'une pareille division. Le

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livre n'a donc que la colonne placée à droite du modèle de réglure établi ci-dessus. On ne prend pas les numéros des bUlets de banque et on les traite en tout conmie espèces.

La main-courante que nous venons de décrire est celle d'une petite maison. Dans une maison plus grande, on la coupe en deux, on fait une main-courante de recette et une main-courante de dépense, ou, en d'autres termes, d'entrée et de sortie, de manière à permettre à deux employés d'y travailler à la fois. Ces deux employés ne peuvent-ils suffire au U^avail? On démembre une branche spéciale de recettes et dépenses, soit les fonds versés en dépôt à long terme ou à terme fixe, et on ouvre un livre et un guichet spécial pour cette espèce d'entrées et de sorties ; mais les écritures ne changent pas, et le soir le total des articles, eu recette et en dépense, peut être porté en une ligne à la caisse centrale. On comprend que la subdivision de la caisse peut aller aussi loin qu'on veut.

Les caissiers ont ordinairement un livret réglé en partie simple par une colonne de caisse à droite de la ligne sur lequel ils inscrivent les recettes à la page de gauche, les dépenses à celle de droite sommairement et en chifres. Ce livret spécial n'entre, du reste, en aucune façon dans la comptabilité.

Le soir on fait la caisse, ou en d'autres termes on relève le solde de la main-courante, on vérifie les espèces ou billets en caisse, et s'il y a quelque discordance, on fait des recherches jusqu'à ce qu'on ait trouvé d'oîi elle provient, de manière à arrêter les livres le soir même ; et, lorsque tout est d'accord, on inscrit le solde débiteur de caisse à la première ligne de la page de gauche pour le lendemain. Pour que le même livre ne soit pas interrompu, on relève, dans plusieurs maisons, une copie des articles de la journée qu'on remet, avec les pièces à l'appui, pour qu'ils soient reportés à la comptabilité générale. Il vaudrait mieux, ce semble, avoir un livre pour les jours pairs et un autre pour les jours impairs, sauf à inscrire chaque soir dans Tordre chronologique etsur un livre spécial, d'après lequel se feraient les reports quoti'diens, les soldes ou balances de caisse.

Par ces balances ou soldes, on relève facilement le chiffre

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